Lorsque j’ai suggéré à la chroniqueuse en sexualité Sasha que de protester pour réduire le nombre de produits suggestifs pour les filles nous mettrait dans le même bain que les conservateurs sociaux, elle a été surprise. « Plutôt que de nous élever contre ça, a-t-elle dit, nous devons nous responsabiliser sur la façon dont nous abordons la sexualité dans notre vie en tant que non-consommateurs. Ne pas consommer, mais passer plutôt du temps avec nos enfants. »
Existe-t-il un meilleur moyen de nous assurer que nos filles empruntent le chemin menant à une sexualité saine?
Et maintenant?
Qu’il s’agisse d’un vieux phénomène ayant pris un tour choquant ou d’un phénomène qui met un frein à la marche vers l’égalité des femmes, il semble que nous ne puissions pas encore tirer de conclusions définitives sur la relation de cause à effet de la sexualisation précoce et des risques en matière de santé. Il est toutefois temps d’appliquer un principe de précaution : nous devons créer une vision de société plus saine de la sexualité.
Nous ne pouvons pas laisser l’éducation sexuelle des filles dans les mains des médias et de la publicité. Bien que la majorité des parents au Canada souhaite que leurs enfants aient accès à une éducation en matière de santé sexuelle complète, c’est loin d’être la réalité. Les lignes directrices en matière d’éducation sexuelle sont claires. Ce qu’il faut faire, c’est de s’assurer qu’un programme reposant sur ces critères est mis en place à l’échelle nationale. Pourtant, comme le fait remarque Tatiana Fraser, par suite des compressions dans le programme de santé en matière de sexualité au Québec, l’éducation dans ce domaine a presque disparu. Le programme révisé en Ontario a été suspendu pendant des années en raison du contrecoup conservateur. C’est pourquoi en 2013, les enseignants de cette province se retrouvent avec un programme datant de 1998.
Si nous voulons vraiment que les filles deviennent des adultes ayant une vie sexuelle pleinement satisfaisante, il faut que les parents et les enseignants collaborent. Ils doivent s’assurer que les filles connaissent bien et sont conscientes de leur sexualité. Les filles ont le droit d’explorer leur corps et le plaisir qu’il procure. (Lisez mon blogue). Elles doivent comprendre que les femmes n’ont pas toutes la même taille et que la beauté n’est pas juste une construction médiatique. Elles doivent apprendre à dire oui à ce qu’elles veulent et non à ce qu’elles ne veulent pas. Elles doivent devenir à l’aise avec leur sexe, leur orientation sexuelle et leur apparence. Elles doivent comprendre que toutes les filles ne sont pas hétérosexuelles, que nous n’existons pas uniquement pour attirer et satisfaire les hommes, et que toutes les filles ne deviennent pas nécessairement mères.
Pour ce faire, la société a besoin de ce qui suit :
Le bénéfice net est ce qui mène notre culture de consommation. Historiquement, les femmes se sont élevées contre la chosification sexuelle par laquelle les entreprises font de l’argent sur leur dos et le reste de leur corps. Nous pouvons modifier le mouvement actuel qui pousse les filles vers une sexualité adulte pour le profit en créant une société dont la sexualité est plus saine.
Peut-être que les filles peuvent apprécier les versions contemporaines du ludisme sexuel de Marilyn Monroe de façon saine et responsable, sans acheter de string.
Lyba Spring a récemment pris sa retraite du Bureau de santé publique de Toronto et dirige maintenant l’entreprise de services-conseils et d’éducation en santé sexuelle Lyba Spring Sexual Health Education and Consulting Services, établie à Toronto.
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