Prenons l’exemple des retraités migrateurs canadiens. Lors d’une conférence sur le VIH en 2009, la chercheuse en gérontologie Katie Mairs a indiqué qu’elle avait interrogé 299 retraités migrateurs de plus de 50 ans qui hivernaient en Floride. L’étude a révélé que la plupart d’entre eux étaient sexuellement actifs et que presque la moitié était sortie avec au moins un(e) Floridien(ne).
En Floride, les aînés représentent 17 pour 100 de tous les cas de VIH, soit la même proportion des 65 ans et plus dans la population générale. Dans ce groupe d’âge, les nouveaux cas augmentent plus rapidement que chez les personnes de moins de 40 ans. Seulement 47 personnes des personnes interrogées (17,7 pour cent) avaient subi un test de dépistage du VIH. Moins de 25 pour cent des hommes et très peu de femmes utilisaient des condoms. Le Senior HIV Intervention Project à Fort Lauderdale indique que les femmes de plus de 60 ans appartiennent à l’un des groupes à risque qui connaît la croissance la plus rapide.
Les femmes postménopausées souffrant de sécheresse vaginale courent un plus grand risque de contracter des ITS. Le VIH, par exemple, s’attaque aux globules blancs. Le foyer d’infection contient davantage de globules blancs de sorte que le vagin irrité ou enflammé d’une femme offre un terrain propice au virus, lequel peut ensuite atteindre directement son système sanguin.
Les gens ont des idées préconçues sur leur propre état de santé. « Je me sens bien » n’est pas un diagnostic médical. Puisque la plupart des gens ignorent qu’ils ont contracté une infection (environ 75 pour cent des femmes infectées par la chlamydia ne le savent pas), le fait de demander à une personne si elle est « correcte » ne suffit pas. Et si on pose la question, est-ce que l’on suggère que ses antécédents sexuels ne sont peut-être pas entièrement irréprochables?
Ainsi, même si un peu de lubrifiant se révèle très utile, il est clair que les besoins des femmes requièrent beaucoup plus d’attention et un juste portrait de la réalité.
Lyba Spring a récemment pris sa retraite du Bureau de santé publique de Toronto et dirige maintenant l’entreprise de services-conseils et d’éducation en santé sexuelle Lyba Spring Sexual Health Education and Consulting Services, établie à Toronto.
En attendant que la recherche comble le retard, voici certaines choses que vous pouvez faire :
Ne tenez pas pour acquis que votre médecin procédera à un dépistage des ITS lors de votre visite pour un test Pap. Demandez-lui de subir un test de dépistage pour la chlamydia et la gonorrhée. Si vous avez des raisons de croire que vous avez été exposée au VIH, demandez de subir un test sanguin ou rendez-vous à une clinique où il y a un point de service pour le dépistage rapide.
Ne pensez pas qu’un nouveau partenaire n’a pas d’ITS. Même une personne qui a subi des tests de dépistage pour les ITS mentionnées ci-dessus peut avoir contracté le virus du papillome humain ou l’herpès.
Renseignez-vous sur les ITS, y compris le VIH et le sida. L’unité de services de santé de votre localité est une bonne source d’information.
Déterminez les risques que vous êtes prête à prendre. Parlez de protection avec un nouveau partenaire. Si vous avez des partenaires masculins, apprenez à utiliser les condoms.
Si vous jugez que votre médecin ne s’empressera pas de vous prescrire une ordonnance, parlez-lui de tous vos problèmes d’ordre sexuel, y compris la panne de désir ou la sécheresse vaginale.
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