Le paradoxe entre l'insécurité alimentaire et l'obésité au Canada atlantique

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Publication Date: 
jeu, 2012-12-06

Mme Papan relate le témoignage d’une femme qui disposait de 5 $ pour se nourrir. Elle a donc acheté 30 paquets de repas de nouilles instantanées au magasin de un dollar pour pouvoir manger à tous les jours. « Nous avons entendu des femmes dire qu’une orange était pour elles une gâterie exceptionnelle ».

En plus des défis qu’elles devaient relever sur le plan de la santé mentale, les participantes ont  parlé de résilience et de changements positifs qu’elles faisaient dans leur vie, tout en vivant de l’isolement.

« Les gens me regardent beaucoup de façon condescendante parce que je suis jeune et que j’ai trois enfants… Et surtout maintenant que je vis dans un logement pour personne à faible revenu. Ils ne veulent absolument pas avoir de contacts avec moi, comme si j’étais une mauvaise personne. Ils ne vont pas perdre leur temps avec moi. Ils ne veulent pas me connaître ou faire l’effort de me connaître, même si je fais des efforts. Je ne suis pas quelqu’un qui veut tout pour rien. Je travaille vraiment très fort. Je vais à l’école à tous les jours. Je suis là à huit heures, chaque matin. Et je ne suis pas en retard vous savez (elle rit). Je fais tout mon possible mais ils en n’ont rien à ciré. » Une participante à l’étude

Dans chacun des six groupes de discussion, les femmes ont exprimé une frustration face au fait qu’elles n’avaient pas assez d’argent pour assurer leur survie quotidienne. « Elles ont l’impression de stagner », dit Mme Papan. « Elles doivent faire des choix difficiles, tout en ayant l’impression qu’il ne s’agit pas vraiment de choix viables. Elles choisissent de prioriser un ou l’autre des besoins vitaux. Elles ont l’impression qu’il ne s’agit pas de choix réels et qu’elles n’ont absolument aucun pouvoir. »

Quant aux recommandations en vue de changements, les participantes ont suggéré d’augmenter le financement par la voie de programmes sociaux et autres initiatives, tout en soulignant la nécessité de mieux comprendre le vécu des personnes qui souffrent d’insécurité alimentaire au Canada atlantique. « Le premier ministre devrait changer de place avec nous et constater en direct ce que c’est de vivre dans une telle situation », avisent-elles.

Lisez le rapport complet (résumé en français) et les conclusions des chercheuses et écoutez l’enregistrement du webinaire (diffusé le 7 décembre 2012).

 

Jane Shulman est la réalisatrice de webinaires au RCSF. De plus, elle contribue régulièrement à la revue Le Réseau. Jane est domiciliée à Montréal.



Les participantes

27 femmes provenant de milieux urbains, ruraux et éloignés ont participé à l’étude.
L’âge moyen était de 51-52 ans.
Un tiers des femmes se sont identifiées comme monoparentales.
81 % avaient un ou des enfants.
41 % étaient célibataires et vivaient seules.
41 % avaient un diplôme d’études secondaires.
15 % n’avaient pas complété des études secondaires.
37 % avaient fait des études universitaires ou avaient fréquenté une école de formation professionnelle ou une école de métiers.
22 % occupaient un emploi nécessitant un diplôme de premier ou deuxième cycle.
Les deux tiers ont déclaré un revenu familial annuel de moins de 15 000 $ par année. Les autres ont déclaré un revenu familial annuel de 15 000 $ à 24 999 $.
55 % recevaient de l’aide sociale, d’autres disaient recevoir une prestation de retraite, une prestation fiscale pour enfants, de l’assurance-emploi, une pension de la Sécurité de la vieillesse, une prestation d’invalidité).
85 % n’occupaient pas un emploi rémunéré.
15 % occupaient un emploi à temps partiel.
Nombre de femmes disaient souffrir d’une maladie chronique.