Pour anticiper sur la migraine

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Publication Date: 
mar, 2013-07-02

Selon les données plus récentes de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) 2010-2011, le pourcentage de personnes chez qui le diagnostic de migraine a été posé est resté le même (7,9 %); toutefois l’enquête récente ne comporte pas de données spécifiques pour chaque genre.

La connexion chimique

La plupart des gens recourent aux médicaments sur ordonnance et en vente libre pour les aider à soulager les symptômes de la migraine. Quelques-uns éprouveront un certain soulagement, mais d’autres peu ou aucun. Il est intéressant de considérer les approches complémentaires utilisées parallèlement à l’intervention pharmaceutique, de même que d’analyser les causes possibles et les stratégies de prévention existantes. Certains des traitements mentionnés ici, dont la naturopathie, la chiropratique, l’acupuncture et la massothérapie, sont pris en charge au moins en partie par certains régimes provinciaux d'assurance-maladie. Cela vaut la peine de s’y pencher; cependant, contrairement à la longue liste de médicaments pharmaceutiques qui sont subventionnés par le biais de nos régimes d'assurance-maladie, ces modalités de traitement complémentaires peuvent avoir un coût prohibitif, en particulier pour les femmes qui n’auraient pas accès à l’assurance maladie complémentaire offerte par l’employeur.

John Molot, docteur en médecine environnementale pratiquant à Ottawa ainsi qu’à la clinique de médecine environnementale du Women’s College Hospital, à Toronto, termine actuellement son livre 12,000 Canaries Can’t Be Wrong [Douze mille canaris ne peuvent pas se tromper]. Il insiste sur deux points : les influences  de l'environnement, en particulier les polluants chimiques, contribuent aux maladies chroniques; et la façon dont ces influences affectent une personne dépend des forces et des faiblesses physiologiques de cette dernière et de ce à quoi elle a été exposée. Le stress est un important facteur et deux personnes ne réagiront pas de la même manière aux mêmes facteurs de stress : « Certaines personnes auront mal à la tête et d’autres, des  troubles gastro-intestinaux; cela varie donc, mais cela varie également selon le sexe » dit John Molot.

Chaque cellule est un organisme vivant et, comme tel, il produit ses propres sous-produits métaboliques. Si la cellule n’est pas capable d’éliminer un sous-produit toxique (oxydant), le dommage (stress oxydatif) se produira au sein même de la cellule, explique John Molot. Les antioxydants présents dans notre régime alimentaire aident à entretenir le système de détoxication, de manière à ce qu’il puisse éliminer efficacement ces sous-produits. Malheureusement, les substances chimiques que nous ingérons sont une telle charge pour notre organisme que, en fonction de l’exposition et de notre aptitude à éliminer les toxines, des dommages cellulaires pourraient en résulter : « Nous pouvons commencer à mesurer les changements dans le fonctionnement des cellules, si bien que l’une des choses que nous observons comme résultant du stress oxydatif ce sont des changements dans les neurones (cellules du cerveau); nous observons donc une augmentation des troubles associés à la douleur chronique. » John Molot ajoute que les femmes perçoivent et gèrent la souffrance différemment des hommes; elles éliminent moins bien les toxines et cela les prédispose davantage à la maladie chronique, notamment aux troubles associés à la douleur chronique, comme la migraine chronique.

Gérer la migraine : l’importance de la détoxification

Bien qu’il ne semble pas y avoir de remède connu à la migraine, il existe des moyens d’en réduire la fréquence, la durée et, jusqu’à un certain point, la gravité. La plupart des patientes apprennent à gérer leur état avec le temps. Lorsqu’elle en traite, Patricia J. Wales, docteure en médecine naturopathique installée à Calgary, s’intéresse au régime alimentaire et à la capacité du corps à éliminer les déchets, qui peuvent s’accumuler et devenir toxiques pour le corps s’ils ne sont pas correctement éliminés. La toxicité peut être un facteur déclencheur de migraine et d’autres affections. C’est pourquoi Patricia Wells insiste sur l’importance d’une évacuation régulière des selles, au moins une fois par jour.

Le foie également joue un rôle vital dans l’épuration du sang, traitant les déchets et évacuant le surplus d'hormones. Si le foie ne décompose pas bien les substances, Patricia Wales orientera le traitement dans ce sens. « Même une petite diminution de la fonction hépatique peut entraîner des symptômes » dit-elle. L’amélioration des processus de détoxification de l'organisme est un facteur clé de l’amélioration de l’état de santé global. « Les hormones jouent un rôle, mais je ne pense pas qu’elles soient un facteur causal » indique Patricia Wales. Un déséquilibre hormonal est possible, mais elle s’intéresse à ce qui arrive à une patiente au quotidien : « Comme les migraines semblent être une conjonction de choses qui arrivent ensemble, plus de facteurs sont impliqués et plus les risques de migraine sont grands » dit-elle.