Pour anticiper sur la migraine

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Publication Date: 
mar, 2013-07-02

Patricia Wales insiste sur le fait que les deux choses qu’une patiente peut contrôler sont son régime alimentaire et la manière dont elle réagit au  stress. Dormir suffisamment, faire de l’exercice et boire de l’eau pour garder les tissus et les vaisseaux sanguins hydratés sont des mesures de base, mais importantes pour conserver une bonne santé générale. La plupart des patientes font un régime d’éviction, afin de trouver quels aliments déclenchent leur migraine; mais cela exige du temps et de la patience et implique un certain "travail de détective" ».

Gestion de la migraine : produits préventifs et soulagement de la douleur

Pour soulager la douleur, Patricia Wales peut recommander le magnésium, la niacine (vitamine B3), la quercétine (un bioflavonoïde), les huiles de poisson ou l’huile d’onagre. Elle indique que les acides gras essentiels maintiennent la souplesse des vaisseaux sanguins et facilitent la bonne circulation des plaquettes dans ces derniers. Elle ajoute qu’il a été montré que des médicaments phytothérapeutiques  comme la grande camomille et le pétasite officinal « ralentissent la réaction des vaisseaux sanguins », ce qui diminue la sensibilité du migraineux. Quant à trouver un soulagement adapté à une personne, cela aussi nécessite une approche par essais et erreurs.

Lorsque Jane Shulman avait environ 23 ans, ses migraines ont empiré. Son médecin de famille lui a prescrit du propranolol (un agent bêtabloquant utilisé pour traiter les tremblements, l’angine de poitrine, l’hypertension et, à l’époque, la migraine). Le propranolol a provoqué une importante baisse de sa pression sanguine, qui a laissé Jane avec des vertiges et fatiguée. « J’ai essayé au moins six ou huit médicaments différents et aucun n’a fait effet » dit-elle. Dans une situation d’urgence, elle a essayé l’Imitrex (appelé aussi « sumatriptan », un membre de la famille des médicaments à base de tryptamine utilisés pour arrêter la progression des migraines et des algies vasculaires de la face); mais elle a trouvé que dans son cas, comme la plupart des médicaments qu’elle avait déjà essayés, il avait en fait aggravé la migraine.

Aujourd’hui Jane Shulman prend de la vitamine B2 (riboflavine) deux fois par jour, pour réduire la fréquence et l’intensité de ses migraines. Elle consomme des fruits et des légumes biologiques, évitant autant que possible les produits chimiques et les additifs. Elle investit dans des traitements d’acupuncture réguliers, bien que cela puisse être « très cher » ajoute-t-elle. Elle a réduit les traitements d’acupuncture pendant un moment, mais les migraines sont devenues si violentes qu’elle a senti qu’elle « ne pouvait pas se permette de ne pas les faire ». Jane Shulman trouve également une aide dans la méditation et la visualisation, mais « avec les produits pharmaceutiques, je n’ai eu aucun résultat » dit-elle. Elle opte cependant pour des médicaments en vente libre comme le Motrin (de l’ibuprofène, un anti-inflammatoire non stéroïdien) et le Tylénol Extra Fort (de l’acétaminophène, un analgésique) qui contient de la caféine, lorsqu’elle sent qu’une migraine se prépare.

En traitement préventif et précoce, en particulier pour la migraine due au stress, Ellen Reynolds pratique la méditation, le yoga et les massages. On lui a prescrit des antidouleurs à la codéine, mais elle a trouvé qu’ils la rendaient encore plus nauséeuse et n’arrêtaient pas la douleur. Toutefois, si elle réussit à prendre une migraine assez tôt, elle prendra quelques Tylénol Extra Fort pour réduire sa gravité. Les massages du cou et la pratique du Qi Gong (méditation chinoise) aident également; mais « si c’est une migraine grave, je ne peux pas faire grand-chose à part m’allonger dans une pièce sombre, couvrir mes yeux et essayer de me détendre le plus possible » dit-elle. 

Pour gérer la migraine : les plantes peuvent être utiles

La phytothérapeute Chanchal Cabrera installée sur l’île de Vancouver suggère deux stratégies pour traiter la migraine chez les femmes : un plan de traitement à long terme d’équilibrage des hormones, ce qui peut prendre de trois à six mois pour être efficace, et une solution temporaire pour gérer la souffrance. Elle avertit toutefois que certains antidouleurs phytothérapeutiques peuvent provoquer des somnolences – ce qui est parfait si la personne peut s’allonger, mais ira à l’encontre de son objectif si elle doit être vigilante et opérationnelle. Chanchal Cabrera, elle-même migraineuse occasionnelle, prend de l’ibuprophène dans ces situations parce que « cela atténue, ce n’est pas suffisant, mais c’est mieux que rien et sans somnolence ».

Chanchal Cabrera souligne les différences de constitution entre les gens et prescrira les plantes en conséquence. Si une patiente a froid et un mal de tête avec constriction, elle peut suggérer de prendre des plantes qui réchauffent et qui augmentent le débit sanguin vers la tête, comme le romarin, le gingembre, la cannelle et le poivre de Cayenne; même une tasse de thé chai fort additionné de poivre noir peut aider. Pour une patiente ayant un mal de tête de type lancinant, le visage rougi, et qui voudrait une boisson froide, elle peut prescrire la grande camomille. Toutefois, cette dernière est mieux employée en prévention et peut mettre trois à six mois pour faire effet. À court terme, Chanchal Cabrera suggère de prendre des plantes analgésiques qui ne modifieront pas la température corporelle, comme le saule, qui a des effets antidouleur similaires à ceux de l’aspirine.