Pour anticiper sur la migraine

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Publication Date: 
mar, 2013-07-02

Un regard sur des expériences et sur des méthodes de traitement

L’auteure Mary-Louise Leidl examine le sujet de la migraine chez les femmes, dont les facteurs déclencheurs de migraine, les effets sur la santé et les traitements médicaux complémentaires disponibles. Elle a demandé à deux femmes travaillant au RCSF de parler de leur expérience et à trois professionnels de la santé, de leurs méthodes de gestion des migraines.

Jane Shulman, journaliste de Montréal et productrice des webinaires du RCSF, n’avait que 11 ans lorsqu’elle a eu sa première migraine : « C’était terrifiant. Ma mère et moi avons fini aux urgences parce que nous ne savions pas ce qui se passait [...] Tout à coup, j’ai souffert énormément et sans raison. » Heureusement, le médecin de garde a été en mesure de diagnostiquer l’apparition soudaine de ces symptômes comme étant une migraine, une souffrance qui tourmente plus de 2,7 millions de Canadiennes et Canadiens, selon l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes 2010-2011 de Statistique Canada. Ce diagnostic n’a cependant pas rendu la tâche plus facile à Jane, et à d’autres comme elle, pour gérer cet état débilitant, trois fois plus présent chez les femmes que chez les hommes.

Plus qu’un mal de tête

Une migraine n’est pas un mal de tête prononcé; c’est bien pire. Les principaux symptômes de la migraine, mis à part les maux de tête, incluent la nausée, des vomissements, de même qu’une sensibilité extrême à la lumière ou au bruit, voire aux deux, le tout aggravé par l’activité physique. La douleur, lancinante, principalement confinée à un côté de la tête, peut être assez aiguë pour contraindre la personne à rechercher un endroit sombre et calme où se reposer tant que la migraine dure, ce qui peut aller de quatre heures à trois jours et plus.

On classe la migraine en deux catégories principales : la migraine avec aura et la migraine sans aura. La migraine avec aura précède l’apparition de la migraine comme telle, avec des symptômes temporaires allant de picotements ou d’un engourdissement du visage ou des mains, à des troubles visuels comme des clignotements lumineux, des lignes lumineuses ou brisées, une vision floue ou une cécité périphérique. Parmi les autres symptômes qui durent peu de temps, on trouve une distorsion du goût, du toucher ou de l’odorat. La migraine peut même être source de désorientation mentale, affectant la fonction cognitive et la parole.

Apprendre à reconnaître les facteurs déclencheurs

Chez les personnes sujettes aux réactions de type allergique, les migraines sont souvent déclenchées par des substances précises, présentes dans les aliments et les boissons. Les principaux responsables sont l’alcool, en particulier le vin rouge, la caféine, les tyramines qu’on trouve dans diverses noix, les aliments fermentés et les fromages vieillis, le phényl-éthylamine présent dans le cacao, les nitrites et nitrates ajoutés aux viandes transformées, le glutamate monosodique (GMS), l’aspartame et les sulfites utilisés dans les fruits secs, mais il y en a beaucoup d’autres.

Les facteurs déclencheurs sont nombreux et varient considérablement d’une personne à une autre. Ellen Reynolds, rédactrice en chef du magazine Le Réseau du RCSF, souffre de la migraine, de maux de tête et de troubles de la vue depuis l’âge de sept ans environ. Elle a passé différents tests pour en connaître l’origine, mais il a fallu trois ans pour qu’elle identifie sinon la cause du moins certains des facteurs déclencheurs : « J’ai d’abord établi le lien après avoir mangé un gâteau fait avec une préparation contenant des arômes et des colorants artificiels. C’était une préparation particulière pour gâteau au citron et aujourd’hui encore j’en reconnais l’odeur chimique. » Ellen a soudain eu une bouffée de chaleur, ainsi que des troubles visuels, la migraine et des vomissements. Au fil des ans, elle a identifié d’autres facteurs déclencheurs, notamment les nitrites, le GMS, le parfum, le chocolat noir et même l’arôme des préparations dentaires à base de fluorure.

Pour Jane Shulman, les principaux facteurs déclencheurs  sont environnementaux, notamment l’éclairage fluorescent et halogène, ainsi que les odeurs chimiques des nettoyants et des parfums. Chez les personnes sensibles, certains sons et même certains mouvements peuvent favoriser la migraine. Le manque de sommeil, le tabagisme passif et la lumière du soleil peuvent également être des facteurs déclencheurs. L’hérédité peut jouer un rôle mais, chez les femmes, les facteurs sous-jacents déclenchant la migraine peut-être les plus importants sont les fluctuations hormonales associées au cycle menstruel et aux périodes de stress aigu.

En 1998-1999, il est ressorti de l’Enquête nationale sur la santé de la population de Statistique Canada que le diagnostic de migraine avait été posé chez 7,9 % de la population canadienne âgée de plus de 12 ans, au cours de cette période : 11,7 % étaient de femmes, contre 3,8 % d’hommes (jusqu’à l’âge où les filles commencent à avoir leurs règles, la migraine est légèrement plus fréquente chez les garçons). C’est toutefois parmi les personnes de 25 à 39 ans que la migraine était la plus fréquente. Dans ce groupe d’âge, le diagnostic de migraine avait été posé chez près de 4 fois plus de femmes que d’hommes : 15,5 % et 4 % respectivement.

Selon les données plus récentes de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) 2010-2011, le pourcentage de personnes chez qui le diagnostic de migraine a été posé est resté le même (7,9 %); toutefois l’enquête récente ne comporte pas de données spécifiques pour chaque genre.

La connexion chimique

La plupart des gens recourent aux médicaments sur ordonnance et en vente libre pour les aider à soulager les symptômes de la migraine. Quelques-uns éprouveront un certain soulagement, mais d’autres peu ou aucun. Il est intéressant de considérer les approches complémentaires utilisées parallèlement à l’intervention pharmaceutique, de même que d’analyser les causes possibles et les stratégies de prévention existantes. Certains des traitements mentionnés ici, dont la naturopathie, la chiropratique, l’acupuncture et la massothérapie, sont pris en charge au moins en partie par certains régimes provinciaux d'assurance-maladie. Cela vaut la peine de s’y pencher; cependant, contrairement à la longue liste de médicaments pharmaceutiques qui sont subventionnés par le biais de nos régimes d'assurance-maladie, ces modalités de traitement complémentaires peuvent avoir un coût prohibitif, en particulier pour les femmes qui n’auraient pas accès à l’assurance maladie complémentaire offerte par l’employeur.

John Molot, docteur en médecine environnementale pratiquant à Ottawa ainsi qu’à la clinique de médecine environnementale du Women’s College Hospital, à Toronto, termine actuellement son livre 12,000 Canaries Can’t Be Wrong [Douze mille canaris ne peuvent pas se tromper]. Il insiste sur deux points : les influences  de l'environnement, en particulier les polluants chimiques, contribuent aux maladies chroniques; et la façon dont ces influences affectent une personne dépend des forces et des faiblesses physiologiques de cette dernière et de ce à quoi elle a été exposée. Le stress est un important facteur et deux personnes ne réagiront pas de la même manière aux mêmes facteurs de stress : « Certaines personnes auront mal à la tête et d’autres, des  troubles gastro-intestinaux; cela varie donc, mais cela varie également selon le sexe » dit John Molot.

Chaque cellule est un organisme vivant et, comme tel, il produit ses propres sous-produits métaboliques. Si la cellule n’est pas capable d’éliminer un sous-produit toxique (oxydant), le dommage (stress oxydatif) se produira au sein même de la cellule, explique John Molot. Les antioxydants présents dans notre régime alimentaire aident à entretenir le système de détoxication, de manière à ce qu’il puisse éliminer efficacement ces sous-produits. Malheureusement, les substances chimiques que nous ingérons sont une telle charge pour notre organisme que, en fonction de l’exposition et de notre aptitude à éliminer les toxines, des dommages cellulaires pourraient en résulter : « Nous pouvons commencer à mesurer les changements dans le fonctionnement des cellules, si bien que l’une des choses que nous observons comme résultant du stress oxydatif ce sont des changements dans les neurones (cellules du cerveau); nous observons donc une augmentation des troubles associés à la douleur chronique. » John Molot ajoute que les femmes perçoivent et gèrent la souffrance différemment des hommes; elles éliminent moins bien les toxines et cela les prédispose davantage à la maladie chronique, notamment aux troubles associés à la douleur chronique, comme la migraine chronique.

Gérer la migraine : l’importance de la détoxification

Bien qu’il ne semble pas y avoir de remède connu à la migraine, il existe des moyens d’en réduire la fréquence, la durée et, jusqu’à un certain point, la gravité. La plupart des patientes apprennent à gérer leur état avec le temps. Lorsqu’elle en traite, Patricia J. Wales, docteure en médecine naturopathique installée à Calgary, s’intéresse au régime alimentaire et à la capacité du corps à éliminer les déchets, qui peuvent s’accumuler et devenir toxiques pour le corps s’ils ne sont pas correctement éliminés. La toxicité peut être un facteur déclencheur de migraine et d’autres affections. C’est pourquoi Patricia Wells insiste sur l’importance d’une évacuation régulière des selles, au moins une fois par jour.

Le foie également joue un rôle vital dans l’épuration du sang, traitant les déchets et évacuant le surplus d'hormones. Si le foie ne décompose pas bien les substances, Patricia Wales orientera le traitement dans ce sens. « Même une petite diminution de la fonction hépatique peut entraîner des symptômes » dit-elle. L’amélioration des processus de détoxification de l'organisme est un facteur clé de l’amélioration de l’état de santé global. « Les hormones jouent un rôle, mais je ne pense pas qu’elles soient un facteur causal » indique Patricia Wales. Un déséquilibre hormonal est possible, mais elle s’intéresse à ce qui arrive à une patiente au quotidien : « Comme les migraines semblent être une conjonction de choses qui arrivent ensemble, plus de facteurs sont impliqués et plus les risques de migraine sont grands » dit-elle.

Patricia Wales insiste sur le fait que les deux choses qu’une patiente peut contrôler sont son régime alimentaire et la manière dont elle réagit au  stress. Dormir suffisamment, faire de l’exercice et boire de l’eau pour garder les tissus et les vaisseaux sanguins hydratés sont des mesures de base, mais importantes pour conserver une bonne santé générale. La plupart des patientes font un régime d’éviction, afin de trouver quels aliments déclenchent leur migraine; mais cela exige du temps et de la patience et implique un certain "travail de détective" ».

Gestion de la migraine : produits préventifs et soulagement de la douleur

Pour soulager la douleur, Patricia Wales peut recommander le magnésium, la niacine (vitamine B3), la quercétine (un bioflavonoïde), les huiles de poisson ou l’huile d’onagre. Elle indique que les acides gras essentiels maintiennent la souplesse des vaisseaux sanguins et facilitent la bonne circulation des plaquettes dans ces derniers. Elle ajoute qu’il a été montré que des médicaments phytothérapeutiques  comme la grande camomille et le pétasite officinal « ralentissent la réaction des vaisseaux sanguins », ce qui diminue la sensibilité du migraineux. Quant à trouver un soulagement adapté à une personne, cela aussi nécessite une approche par essais et erreurs.

Lorsque Jane Shulman avait environ 23 ans, ses migraines ont empiré. Son médecin de famille lui a prescrit du propranolol (un agent bêtabloquant utilisé pour traiter les tremblements, l’angine de poitrine, l’hypertension et, à l’époque, la migraine). Le propranolol a provoqué une importante baisse de sa pression sanguine, qui a laissé Jane avec des vertiges et fatiguée. « J’ai essayé au moins six ou huit médicaments différents et aucun n’a fait effet » dit-elle. Dans une situation d’urgence, elle a essayé l’Imitrex (appelé aussi « sumatriptan », un membre de la famille des médicaments à base de tryptamine utilisés pour arrêter la progression des migraines et des algies vasculaires de la face); mais elle a trouvé que dans son cas, comme la plupart des médicaments qu’elle avait déjà essayés, il avait en fait aggravé la migraine.

Aujourd’hui Jane Shulman prend de la vitamine B2 (riboflavine) deux fois par jour, pour réduire la fréquence et l’intensité de ses migraines. Elle consomme des fruits et des légumes biologiques, évitant autant que possible les produits chimiques et les additifs. Elle investit dans des traitements d’acupuncture réguliers, bien que cela puisse être « très cher » ajoute-t-elle. Elle a réduit les traitements d’acupuncture pendant un moment, mais les migraines sont devenues si violentes qu’elle a senti qu’elle « ne pouvait pas se permette de ne pas les faire ». Jane Shulman trouve également une aide dans la méditation et la visualisation, mais « avec les produits pharmaceutiques, je n’ai eu aucun résultat » dit-elle. Elle opte cependant pour des médicaments en vente libre comme le Motrin (de l’ibuprofène, un anti-inflammatoire non stéroïdien) et le Tylénol Extra Fort (de l’acétaminophène, un analgésique) qui contient de la caféine, lorsqu’elle sent qu’une migraine se prépare.

En traitement préventif et précoce, en particulier pour la migraine due au stress, Ellen Reynolds pratique la méditation, le yoga et les massages. On lui a prescrit des antidouleurs à la codéine, mais elle a trouvé qu’ils la rendaient encore plus nauséeuse et n’arrêtaient pas la douleur. Toutefois, si elle réussit à prendre une migraine assez tôt, elle prendra quelques Tylénol Extra Fort pour réduire sa gravité. Les massages du cou et la pratique du Qi Gong (méditation chinoise) aident également; mais « si c’est une migraine grave, je ne peux pas faire grand-chose à part m’allonger dans une pièce sombre, couvrir mes yeux et essayer de me détendre le plus possible » dit-elle. 

Pour gérer la migraine : les plantes peuvent être utiles

La phytothérapeute Chanchal Cabrera installée sur l’île de Vancouver suggère deux stratégies pour traiter la migraine chez les femmes : un plan de traitement à long terme d’équilibrage des hormones, ce qui peut prendre de trois à six mois pour être efficace, et une solution temporaire pour gérer la souffrance. Elle avertit toutefois que certains antidouleurs phytothérapeutiques peuvent provoquer des somnolences – ce qui est parfait si la personne peut s’allonger, mais ira à l’encontre de son objectif si elle doit être vigilante et opérationnelle. Chanchal Cabrera, elle-même migraineuse occasionnelle, prend de l’ibuprophène dans ces situations parce que « cela atténue, ce n’est pas suffisant, mais c’est mieux que rien et sans somnolence ».

Chanchal Cabrera souligne les différences de constitution entre les gens et prescrira les plantes en conséquence. Si une patiente a froid et un mal de tête avec constriction, elle peut suggérer de prendre des plantes qui réchauffent et qui augmentent le débit sanguin vers la tête, comme le romarin, le gingembre, la cannelle et le poivre de Cayenne; même une tasse de thé chai fort additionné de poivre noir peut aider. Pour une patiente ayant un mal de tête de type lancinant, le visage rougi, et qui voudrait une boisson froide, elle peut prescrire la grande camomille. Toutefois, cette dernière est mieux employée en prévention et peut mettre trois à six mois pour faire effet. À court terme, Chanchal Cabrera suggère de prendre des plantes analgésiques qui ne modifieront pas la température corporelle, comme le saule, qui a des effets antidouleur similaires à ceux de l’aspirine. 

« Cependant, il ne s’agit pas seulement de prendre des plantes : il y a beaucoup de choses que nous essayons de faire. J’essaie absolument d’identifier les liens avec les hormones, et ceux avec le régime alimentaire. J’envoie presque toujours la personne faire une bonne évaluation chiropratique parce que, très souvent, il existe également un trouble neuromusculaire; et, même s’il n’est pas à l’origine de la migraine, il pourrait être un facteur déclenchant ou aggravant. »

Enfin, Chanchal Cabrera pratique ce qu’elle appelle « la médecine intégrée axée sur la collaboration ». « Il s’agit d’être pragmatique et de se demander ce qui va le mieux marcher pour une personne donnée. Avec les migraines, je suis raisonnablement optimiste : nous pouvons apporter des améliorations notables […] Les personnes qui ont le plus de résultats sont celles dont les migraines ont des raisons identifiables; c’est-à-dire en lien avec les menstruations, le stress ou quelque chose que nous pouvons vraiment changer dans leur vie. Alors, les migraines changent, évidemment. »

Un mode de vie à pratiquer à vie 

Bien sûr, le fait de vivre avec la migraine peut être un fardeau embarrassant. « L’idée que cela pourrait arriver n’importe quand et tout interrompre, alors que je pourrais être en train de faire quelque chose de très important, est un stress énorme et constant » admet Jane Shulman. « Les migraines ne sont pas une plaisanterie, ce sont de grosses affaires, et je pense que nous sous-estimons leurs répercussions sur nos vies. » Cela inclut de vivre avec le stress lié à des problèmes de santé associés, comme la dépression et l’anxiété à long terme.

En dépit des facteurs qui échappent à son contrôle immédiat, comme la présence de certains polluants et d’autres influences de l’environnement, une femme peut prendre certaines mesures pour réduire la fréquence, la durée et éventuellement la gravité de la migraine, sans dépendre des médicaments et de leurs effets secondaires. Les premières étapes importantes sont d’éliminer les toxines, de faire régulièrement de l’exercice et de favoriser une bonne hygiène intestinale. Il faut également connaître les facteurs qui déclenchent la migraine. Le stress est un gros problème et il est essentiel de trouver une façon d’en atténuer les effets, en pratiquant la méditation ou en profitant d’une activité physique relaxante. Pour traiter un épisode de migraine, les femmes peuvent trouver la méthode qui leur convient le mieux, et beaucoup sont complémentaires : les phytothérapeutes, les naturopathes et les médecins travaillant en médecine environnementale ont les connaissances nécessaires et les moyens de les aider. 

John Molot ajoute : « La maladie chronique est très complexe. Alors, en présence d’états comme la migraine chronique, l’approche simpliste est généralement le contrôle des symptômes. Donc, pour la migraine, il y a des médicaments anti-migraine, des médicaments préventifs, des analgésiques puissants lorsque la douleur est là, etc. En revanche, si vous vous attaquez aux mécanismes, il n’y a pas de réponses simples [...] Les femmes doivent être capables d’accepter un changement de mode de vie, de faire tout ce qui peut avoir une influence sur la migraine, à l’échelle de l’organe et de la cellule. Plus elles font et plus leur chance est grande de réduire la fréquence et la durée de la migraine, et peut-être sa gravité. »

Mary-Louise Leidl est une auteure pigiste installée sur l’île de Vancouver, s’intéressant à la santé et l’environnement, à l’alimentation