Vaccin contre le VPH : pourquoi les Canadiens n’y croient pas?

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Publication Date: 
lun, 2013-06-03

La question de la réponse immunitaire est importante à la lumière de la question de Diane Harper concernant les avantages du vaccin sur le plan de la santé publique. Étant donné que la plupart des cancers du col de l’utérus (67 pour cent) surviennent chez des femmes âgées entre 30 et 59 ans, l’âge moyen au moment du diagnostic étant de 47 ans, il convient de souligner que selon le rapport du CCNI « La période au cours de laquelle le risque d’infection par le VPH est à son maximum se situe entre les cinq et dix années suivant la première expérience sexuelle. » En outre, une étude récente « a révélé l’existence d’un second pic de prévalence d’infection à VPH chez les femmes de 45 ans et plus. » S’il s’agit de nouvelles infections, ces femmes seront-elles protégées? La dernière annonce télévisée de Merck-Frosst conçue cible les femmes adultes jusqu’à l’âge de 45 ans (en anglais).

Malgré tout, il y a de bonnes nouvelles pour les partisans du vaccin sur ce front. En effet, pour les femmes qui ont déjà eu une maladie liée au VPH, une étude de mars 2012 publiée en ligne dans le British Medical Journal (en anglais) a révélé que la vaccination contre le VPH réduisait considérablement le risque de développer une maladie liée au VPH plus tard.

A-t-on répondu aux questions?

En 2007, le groupe Action pour la protection de la santé des femmes et le RCSF ont réagi à l’annonce d’une campagne nationale de vaccination en mettant en question, notamment, le caractère prématuré d’une telle campagne. (en anglais). Un an après le premier document stratégique, ils insistaient sur le fait que plusieurs questions demeuraient sans réponse (en anglais). Afin d’aider les parents désespérés à prendre une décision, ils ont publié une fiche d’information (en anglais).

Dans le document de 2007, ils s’interrogeaient sur les raisons pour lesquelles le gouvernement avait tant hâte de mettre en œuvre ce programme très coûteux, en particulier à un moment où le taux de cancer du col de l’utérus au Canada baissait depuis l’introduction du test de dépistage Pap. En fait, des chercheurs suédois ont récemment constaté que la détection précoce du cancer du col grâce au test Pap améliore le taux de survie (en anglais).

Certes, tout cas de cancer du col de l’utérus est préoccupant, mais alors comme maintenant, il n’y a pas d’épidémie de cancer du col. En 2011, la Société canadienne du cancer donnait la liste de quatre cancers qui représentaient 54 pour cent de tous les cancers diagnostiqués au Canada. Le cancer du col n’était pas sur la liste. En 2011, on notait 1 300 nouveaux cas de cancer du col, ce qui représentait sept cas pour 100 000.

Dans une entrevue qu’elle a accordée à la revue Maclean’s en 2007, et peu de temps après la mise en place du programme de vaccination (en anglais), l’épidémiologiste Abby Lippman notait que les femmes les plus concernées par le cancer du col de l’utérus au Canada n’ont pas facilement accès au test de dépistage Pap, à un suivi médical et aux traitements. C’est en particulier le cas pour les femmes marginalisées, autochtones et pauvres. Selon un rapport de 2009 de l’Assemblée des Premières Nations « l’accès des Premières Nations aux tests de dépistage est toujours inférieur à celui des autres populations comparables. »

Le rôle du test Pap et du suivi

Même sans vaccination, le cancer du col de l’utérus est considéré comme l’un des cancers les plus faciles à prévenir en raison du taux élevé de guérison des lésions lorsqu’elles sont dépistées et traitées à temps.

Le test Pap permet de déceler les cellules anormales dans le col de l’utérus. La présence de cellules malpighiennes atypiques de signification indéterminée (ASCUS) est un exemple courant de résultat anormal. Une lésion malpighienne intra-épithéliale de bas grade histologique (LSIL) peut également être diagnostiquée. Le résultat du test Pap effectué chez des femmes en santé non-fumeuses de moins de 30 ans qui présentent des ASCUS ou des LSIL sera probablement normal. L’avantage d’un dépistage chez les jeunes femmes est si minime que les Lignes directrices sur le dépistage du cancer du col de l’utérus de 2013 recommandent de commencer le test à l’âge de 25 ans et de le répéter tous les trois ans (en anglais). Plusieurs ont suggéré diverses façons d’intégrer le test de dépistage de l’ADN du VPH au test Pap, notamment pour identifier les différentes souches du virus. Lorsqu’il sera devenu facilement disponible et qu’il sera intégré au processus de dépistage, le test de l’ADN du VPH permettra de réduire le nombre de colposcopies et de traitements inutiles, car il sera capable d’identifier les souches à haut risque qui causent le cancer du col.

Mais cela coûtera également de l’argent.

Question finale

Les recherches actuelles montrent-elles qu’il faut continuer le programme de vaccination?