En termes clairs, on parle de dépistage par mammographie -- le sujet des recommandations du Groupe d’étude – lorsque les femmes, en l’absence de tout symptôme de cancer du sein, « se soumettent de façon systématique à une mammographie en vue du dépistage précoce du cancer du sein », selon les termes de l’Agence de la santé publique du Canada.
Ce type de mammographie permet de chercher des signes du développement d’un cancer du sein chez des femmes qui n’ont à première vue aucune raison de s’inquiéter. Il est différent de la mammographie axée sur le diagnostic, qui se pratique habituellement pour vérifier la présence d’un cancer après que la femme a constaté un symptôme.
Bien des gens ne saisissent pas cette distinction et ne savent pas que les femmes qui ne font pas partie d’un programme de dépistage sont tout de même admissibles à une mammographie lorsqu’elles sont aiguillées par un médecin. Par exemple, en 2010, en Ontario – où le programme de dépistage s’adresse aux femmes de 50 ans et plus – 181 644 femmes âgées de 40 à 49 ans ont subi une mammographie. Au cours de la même période, 351 167 femmes de plus de 50 ans ont subi une mammographie en Ontario.
Les politiques en matière d’admissibilité à des mammographies de dépistage varient de façon importante d’une province à l’autre. En Colombie-Britannique, les femmes peuvent s’inscrire au programme de dépistage de la province à partir de l’âge de 40 ans sans prescription médicale, tandis qu’en Alberta, les femmes de moins de 50 ans doivent être aiguillées par un médecin pour pouvoir s’inscrire au programme provincial de dépistage du cancer du sein.
L’expression « présentant un risque moyen » utilisée dans les recommandations du Groupe d’étude signifie que les recommandations ne s’appliquent pas aux femmes présentant des caractéristiques qui les placent dans une catégorie de risque plus élevé, comme le fait d’avoir une parente proche souffrant (ou ayant souffert) de cancer du sein.
Et même si cet élément a été noyé dans la couverture médiatique et la controverse publique, le Groupe d’étude insiste sur la nécessité, pour les professionnels de la santé, de discuter avec toutes les femmes des avantages et des inconvénients associés à la mammographie et de tenir compte des valeurs et des préférences de chacune de leurs patientes.
« On a beaucoup insisté sur les avantages potentiels de la mammographie pour tous les groupes d’âge, explique le Dr Marcello Tonelli, coauteur des recommandations de 2011 sur le dépistage du cancer du sein formulées par le Groupe d’étude. Nous avons essayé de préciser tout cela pour dire que oui, il existe des avantages, mais qu’il y a aussi des dangers potentiels, et que les femmes doivent être mises au courant des deux afin de pouvoir prendre une décision éclairée. »
Les dangers potentiels relevés par le Groupe d’étude sont avant tout le surdiagnostic du cancer du sein, qui risque de donner lieu à des imageries, des biopsies et diverses procédures additionnelles pouvant être source de détresse et d’autres réactions psychologiques. De plus, selon certains experts, le risque qu’entraîne l’exposition aux radiations émises lors d’une mammographie et la contribution de cette exposition à l’augmentation des taux de cancer du sein n’ont pas été étudiés adéquatement.
Les mammographies sont plus difficiles à lire chez les jeunes femmes, dit Mme Baines.
Le Groupe d’étude recommande une cible de rendement visant à faire en sorte que les médecins de famille discutent des avantages et des inconvénients de la mammographie avec leurs patientes, a dit M. Tonelli.
« Quand on peut avoir recours à une technologie ou à une intervention qui n’a pas d’effets secondaires ni d’inconvénients, alors bien sûr, on peut faire du dépistage, dit M. Tonelli. Mais lorsque les avantages et les dangers sont équivalents ou quand des interventions comme la mastectomie, ou ablation des seins, risque d’être effectuée inutilement, nous croyons que les femmes devraient avoir la possibilité de discuter de ces questions. »
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