Le dépistage par mammographie

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Publication Date: 
mar, 2012-07-17

... avantages et inconvénients pour la santé des femmes

À la fin de 2011, le Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs a publié son guide sur le dépistage du cancer du sein chez les femmes présentant un risque moyen (âgées de 40 à 79 ans). Ce guide est une mise à jour des recommandations en la matière formulées en 2001 par le prédécesseur du Groupe, le Groupe d’étude canadien sur l’examen médical périodique. Le guide porte surtout sur le dépistage par mammographie, mais les auteurs recommandent également de ne pas effectuer d’examen clinique des seins (réalisé par les médecins) et de ne pas conseiller aux femmes de pratiquer l’auto-examen des seins. Le Groupe d’étude a publié des lignes directrices à l’intention des praticiens en soins primaires (médecins de famille) sur toute une série de questions liées aux soins préventifs. Dans l'articles, la journaliste Ann Silversides analyse la controverse récemment suscitée par le guide, en expliquant les enjeux soulevés et en résumant les données existantes et les façons de voir actuelles à propos du dépistage par mammographie. Voir aussi l'article sur le l’auto-examen des seins.

 Par Ann Silversides

Les femmes ont besoin d’information à propos des avantages et des inconvénients de la mammographie et non pas d’une « approche paternaliste », dit un porte-parole du Groupe d’étude sur les soins de santé préventifs.

StDavidsHealthcare_flickrLe débat qui sévit à l’heure actuelle sur le bien-fondé de la mammographie a commencé l’automne dernier, lorsque le Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs a fait connaître ses recommandations sur le dépistage du cancer du sein pour les « femmes âgées de 40 à 74 ans présentant un risque moyen ».

Cette controverse publique a semé la confusion chez les femmes en ce qui a trait à la position qu’elles devraient adopter face au dépistage par mammographie.

Le 22 novembre 2011, le lendemain du dévoilement des recommandations, un reportage du Toronto Star s’amorçait avec la phrase suivante : « Mammographie : la guerre atteint le Canada. »

Cette « guerre » fait référence à la vive controverse qui a eu lieu aux États-Unis lorsque, en 2009, un groupe de travail semblable avait fait des recommandations qui déconseillaient le dépistage systématique pour les femmes âgées de 40 à 49 ans.

Aux États-Unis, cela représentait un changement de politique radical. En effet, jusque-là, il avait été recommandé que toutes les femmes de plus de 40 ans subissent une mammographie de dépistage tous les ans ou tous les deux ans.

Mais la position canadienne n’était pas nouvelle. Le Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs réitérait une recommandation formulée pour la première fois en 1994 et approuvée de nouveau en 2001 contre le dépistage systématique chez les femmes de 40 à 49 ans. Le Groupe recommande toutefois le dépistage systématique tous les deux à trois ans pour les femmes de 50 à 69 ans présentant un risque moyen.

Les programmes organisés de dépistage du cancer du sein ont vu le jour au Canada en 1988 et sont maintenant en place dans toutes les provinces et tous les territoires, sauf le Nunavut. La plupart des programmes prévoient des examens de dépistage tous les deux ans pour les femmes de 50 à 69 ans, mais en Colombie-Britannique et en Alberta, les femmes de 40 ans et plus sont invitées à participer aux programmes de dépistage – en Alberta, une lettre de recommandation d’un médecin est requise.

Même si la recommandation du Groupe d’étude en ce qui a trait aux femmes qui devraient être admissibles au dépistage systématique n’est pas nouvelle, elle a néanmoins été source de controverse et d’arguments souvent difficiles à saisir. Des débats techniques fondés sur des statistiques opposent ceux et celles qui affirment que les programmes de dépistage devraient s’étendre aux femmes plus jeunes (sous prétexte que les avantages de la mammographie ont été sous-estimés) et ceux qui soutiennent que les avantages de ces programmes ont été exagérés et leurs dangers minimisés. [Voir à ce sujet la série HealthyDebate.ca et la position de la Fondation canadienne du cancer du sein dans le débat sur le dépistage.

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