Espoir et publicité à sensation:Quelques définitions:

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par Laurette

J'ai toujours été intéressée à soigner mon corps par des méthodes homéopathiques et naturelles plutôt que d'absorber des médicaments. Il allait donc de soi qu'après avoir reçu le diagnostic de mon état, je favoriserais davantage les vitamines et les suppléments alimentaires, sous les conseils de mon docteur en médecine chinoise traditionnelle. J'ai commencé à consulter régulièrement un homéopathe-naturopathe. J'étais en santé, je travaillais et j'avais beaucoup d'énergie. A cette époque, je refusais de prendre des médicaments.

J'ai cessé de travailler lorsque mes lymphocytes T4 sont descendus à environ 200. Je commençais alors à songer à prendre du Septra pour prévenir une pneumocystose. Ce serait mon premier médicament contre le SIDA et ma décision n'était toujours pas prise. Lors d'une violente crise de zona, pendant laquelle j'ai contracté une pneumocystose, ma vie a soudainement basculé et je suis devenue une personne vivant avec le SIDA. Je faisais des siestes durant la journée, en plus de mes douze heures de sommeil, et je n'étais même plus en mesure de planifier mes activités du lendemain.

Six mois après le diagnostic de mon infection, mes lymphocytes T4 chutèrent à 117. J'étais effrayée à l'idée de tomber vraiment malade. Suivant les conseils de mon médecin, j'ai commencé à prendre de l'AZT et du 3CT. Après quatre mois d'intense remise en question, j'ai également décidé de prendre du saquinavir.

Comment en suis-je arrivée à prendre une telle décision? En parlant beaucoup avec des amis qui ne prenaient aucun médicament et avec d'autres qui le faisaient. Des personnes qui suivaient déjà un traitement combiné m'encourageaient à le faire en me disant qu'ils se sentaient beaucoup mieux; en lisant; en échangeant mes idées avec mes amis séropositifs, avec mon amie, et en assistant à des réunions où les médecins de ma ville nous entretenaient des dernières conférences tenues sur le SIDA.

Aujourd'hui, en plus de mes vingt vitamines et suppléments alimentaires que j'avale chaque jour, je prends quinze nouvelles pilules. Trois fois par jour, aux huit heures, je dois prendre ces pilules en mangeant et le saquinavir en buvant du jus de pamplemousse. Idéalement, je me lève à sept heures, je prends mes médicaments en déjeunant, puis à 15 heures avec mon goûter, et finalement, à 23 heures. Imaginez, avant, j'essayais toujours de manger deux heures avant de me mettre au lit et je ne buvais jamais de jus sucré, encore moins en mangeant. Maintenant, lorsque je quitte la maison, je ne pars jamais sans ma petite boîte de pilules, mon berlinguot de jus et ma collation.

Voilà ma routine! Evidemment, je n'arrive pas toujours à prendre mes médicaments exactement aux huit heures. Après un certain temps, on se rend compte que l'on fait de son mieux et on ne panique plus si on est une heure en retard.

Les premiers mois de mon traitement ont été difficiles à supporter et même après six mois, je dois toujours composer avec les effets secondaires, tels que le ballonnement (je ne peux plus porter certains vêtements), des gaz intestinaux continuels et des nausées quotidiennes. Chaque jour, je prends des produits naturels pour nettoyer mon foie et mes reins affaiblis par les médicaments.

Mais en contrepartie, j'ai retrouvé mon énergie, tous mes symptômes reliés au virus VIH sont disparus, mes limphocytes T4 sont remontés autour de 300 et ma masse virale qui était de 596 000 en janvier dernier est maintenant négligeable après six mois de traitement.

Je ne crois pas que ma philosophie concernant la santé ait changé. J'ai voulu mettre toutes les chances de mon côté pour retrouver une vie normale.

Laurette a appris qu'elle était porteuse du virus VIH en 1995.



















Inhibiteurs de protéases: médicaments agissant sur les protéinases du VIH (une enzyme qui permet au VIH d'infecter les cellules). Parmi ceux-ci, il y a le saquinavir (Invirase©).

CD4 : "récepteur" par lequel le VIH s'introduit dans la cellule. Une fois à l'intérieur, le virus prend possession du centre de commande de la cellule.

PCP (pneumocystis carinii pneumonia): champignon qui s'ajoute à la pneumonie et qui infecte les personnes dont le système immunitaire est déficient.

Septra : antibiotique utilisé pour traiter le PCP. On compte, parmi les effets secondaires, les nausées, une diminution du taux de globules blancs, des démangeaisons, de la fièvre et une hausse des taux d'enzymes hépatiques.

AZT et 3TC: médicaments dont l'objectif est de bloquer la création d'enzymes qui permet au VIH d'envahir une cellule.

Charge virale: tests mesurant la présence du VIH dans le sang.

Antiviraux: chimiothérapie dont le but est de ralentir ou d'enrayer le processus qui permet au virus de se reproduire.