Avez-vous 28 heures à donner chaque semaine?L'importance des soins à domicile

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Près de trois millions de Canadiennes prennent soin, au sein de leur foyer, d'une personne proche, et 83% de Canadiens appuient l'idée des programmes de soins à domicile financés par l'Etat. Avez-vous 28 heures à donner chaque semaine? Pouvez-vous vous arracher un peu plus de temps, une fois les tâches ménagères et le travail rémunéré terminés, les besoins des enfants et les autres engagements familiaux satisfaits, et votre devoir de citoyenne accompli?

Vous avez probablement répondu non. Ou peut-être êtes-vous l'une des cinq femmes canadiennes, âgées de 30 à 64 ans, qui consacrent une moyenne de 28 heures par semine à prodiguer des soins à une personne handicapée ou souffrant d'une maladie chronique? Ceci s'ajoute au temps que vous consacrez à prendre soin des enfants, nettoyer, organiser, conduire, planifier et préparer les repas?

Plusieurs femmes aiment prendre soin des autres, mais même si c'est le cas, il s'agit quand même d'une charge de travail énorme.

Un travail de femmes

Même si un nombre croissant d'hommes figure parmi les personnes prodiguant des soins, cette tâche est encore considérée comme étant un travail féminin. Les pourvoyeuses de soins, qu'elles soient rémunérées ou non, sont surtout des femmes. Selon des études, lorsqu'un membre de la famille a besoin de soins, la conjointe sera d'abord désignée commeétant le premier choix, suivi d'une fille ou d'une bru.

Les coûts des soins

Les coûts pour prodiguer ces soins sont peu comptabilisés. Toutefois, certaines données sont disponibles et un profit se dessine en ce qui a trait à la situation au Canada.

Au pays, les deux tiers des pourvoyeuses de soins détiennent un emploi à l'extérieur du foyer. Vingt pour cent de celles-ci signalent un impact sur la santé et 40% encourent des dépenses personnelles.

Comme elles, les employeurs sont aussi affectés de cette situation, sous la forme de l'absentéisme, d'un roulement élevé de personnel et d'une performance réduite due au stress émotif et physique.

Les pourvoyeuses de soins ont parfois plus d'une personne à leur charge. Elles jonglent avec les exigeances de l'emploi et des tâches familiales, dont les soins aux enfants, et elles sont habituellement d'âge moyen. Cette situation menace doublement leur accès à un salaire, à des économies de vie et à une sécurité financière à long terme.

Les employées qui ont la charge de personnes proches peuvent voir leur situation financière et leur carrère entravées, être privées de possibilités d'avancement et perdre leurs avantages sociaux ainsi que leur pension.

Il y a aussi les coûts imputés à la famille, tels que les frais encourus par les services de relève, la fatigue mentale et physique, l'isolement social, le climat de stress ainsi que l'épuisement.

Qui prend soin des pourvoyeuses de soins?

Nombreuses sont celles dont la santé physique et émotive est menacée, en raison des tensions occasionnées par leurs efforts pour améliorer ou maintenir la qualité de vie des personnes à leur charge.

Selon Gail Bruhm, ceci mène à la pire détresse vécue par une pourvoyeuse de soins: la culpabilité -- "la pensée qu epeu importe l'ampleur de vos efforts, vous pourriez ou devriez faire davantage."

Dansle cadre d'un atelier mené en Nouvelle-Ecosse, lequel regroupait des pourvoyeuses de soins, Madam Bruhm, directrice du projet de recherche sur les pourvoyeuses de soins, financé par le Centre d'excellence pour la santé des femmes -- Maritimes, déclarait que "l'un des moyens pour conserver sa santé était de reconnaître ses propres limites et de demander très clairement de l'aide à la famille, aux amis et auprès des services officiels."

Ces pourvoyeuses de soins nommaient l'importance d'accorder le plus grand soin à leur propre santé.

Un soutien pour les pourvoyeuses de soins

Au fil de l'évolution des politiques sur les soins à domicile, les gouvernements doivent reconnaître les pourvoyeuses de soins comme un élément vital du système de santé, et par le fait même d'assurer aux familles l'appui et les ressources dont elles ont besoin pour maintenir leur qualité de vie et leur rôle en tant que milieu de soins.

Un soutien financier doit être accordé afin de favoriser et de maintenir un environnement favorable au sein de la famille et du foyer. Malgré sa rentabilité, ce système comporte quand même un coût. La formation, une aide de relève, des avantages sociaux tels que des réductions fiscales, des subventions ou des cotisations de retraite sont tous des moyens qui porraient alléger la charge financière encourue par les pourvoyeuses de soins.

Ces dernières doivent pouvoir faire des choix. Pour plusieurs des pourvoyeuses, le système doit être amélioré immédiatement. Pour d'autres, les changements devront s'opérer très bientôt.

Quels sont les besoins?

Si on juge par les résultats des ateliers menés par Gail Bruhm en région rurale de la Nouvelle-Ecosse, les pourvoyeuses de soins peuvent très bien experimer leurs besoins et nommer ce qu'elles requièrent dans l'immédiat.

Elles nous diront comment les soins à domicile et l'administration de soins sont vécus différemment par les femmes et les hommes. Cette question est-elle posée, et même plus, y a-t-il quelqu'un qui s'intéresse à la réponse?

  • Les services de soins à domicile permettent aux Canadiennes et aux Canadiens frappés d'incapacité de vivre à la maison, sans qu'il y ait empêchement, retard ou substitution des soins actifs ou à long terme dont ils ont besoin. (CESFM)
  • Les soins à domicile sont le reflet des besoins individuels et favorisent l'expression des besoins différents de chacun.
  • Les soins à domicile assure la participation à la société. Ils constituent un service essentiel pour de nombreux individus qui, grâce à eux, demeurent intégrés dans la communauté de leur choix.

(Groupe de travail à participation gouvernementale et communautaire sur les services de soutien à domicile, Terre-Neuve et Labrador)

Lesley Poirier est coordonnatrice pour la recherche au Centre d'excellence pour la santé des femmes--Maritimes. Cet article est fondé sur un document de travail intitulé "L'élaboration de politiques en matière de soins à domicile: importance d'une analyse comparative entre les sexes" (http://www.medicine.dal.ca/mcewh), et de notes issues d'une présentation de Gail Bruhm, "Caregiving is not usually by choice."

Nos Ressources vous fournissent de plus amples renseignements.