La violence faite aux femmes

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La violence faite aux femmes

Lorsque nous parlons de violence faite aux femmes, nous nous servons grandement de statistiques et de chiffres.

Nous soulignons que la moitié des Canadiennes ont survécu à au moins un incident de violence sexuelle ou physique, et que plus d'un quart (29%) des femmes au pays ont été agressées par un conjoint. Nous notons qu'en 1998, chaque semaine, une à deux femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, petit ami ou ex-petit ami.

Nous précisons que 98% des agresseurs sexuels sont des hommes et que 82% des personnes qui ont survécu à ces agressions sont des jeunes filles et des femmes.

Nous démontrons que les femmes enceintes, les jeunes, les handicapées, les femmes pauvres, les femmes autochtones ou membres d'une minorité raciale sont davantage exposées à la violence.

Au cours des vingt dernières années, les gouvernements de notre pays ont non seulement pris connaissance de ces statistiques mais ils ont aussi commandé ou financé de nombreuses études qui les ont générées. Ils ont aussi entendu des groupes de femmes qui citent ces statistiques et poursuivent les recherches sur ces problèmes tout en ramassant les pots cassés du mieux qu'ils peuvent.

Vous n'avez qu'à prendre connaissance de certaines de ces statistiques pour comprendre la gravité du problème de violence faite aux femmes au Canada. Et pire encore, en dépit de l'existence de nombreux rapports, aucune action n'a été entreprise par les gouvernements du pays pour mettre en pratique la plupart des recommandations qu'ils contiennent.

Au moment d'aller sous presse, le Premier ministre du Canada n'a même pas accordé une entrevue aux porte-parole de la Marche mondiale des femmes au Canada pour discuter des plans et des demandes visant à mettre fin à la pauvreté et à la violence faite aux femmes.

Ce sont des militantes, des groupes et des coalitions telle que la Marche mondiale des femmes qui refusent d'abandonner ce dossier. En fait, selon nous, il y a espoir que les groupes de femmes et les individus partout au Canada poursuivent des actions et continuent à s'impliquer.

Vous trouverez à la suite de cet article une liste de dix gestes à poser pour mettre fin à la violence faite aux femmes. C'est à nous de contribuer à faire cesser la violence qui nous entoure. C'est aussi à nous d'exiger de nos gouvernements qu'ils portent attention aux nombreuses statistiques et qu'ils passent à l'action.

Les statistiques que nous venons de citer et d'autres données figurent dans la fiche d'information intitulée « La violence faite aux femmes et aux jeunes filles », produite par :

L'Institut canadien de recherches sur les femmes
151, rue Slater, bureau 408
Ottawa ON K1P 5H3
Tél. : (613) 563-0681
Téléc. : (613) 563-0682
Courriel : info@criaw_icref.ca
www.criaw-icref.ca












Dix gestes à poser pour mettre fin à la violence faite aux femmes
par Jennifer Howard

1. Soyez à l'écoute des femmes et croyez ce qu'elles disent. Lorsque les femmes racontent ce qu'elles ont subi comme violence dans leur vie, croyez-les. Souvent nous refusons de croire que les gens que nous aimons ont subi d'horribles traitements, surtout lorsque la violence est commise par d'autres personnes aimées. Il est extrêmement rare de voir une femme inventer des histoires de viol et d'abus. Vous êtes peut-être la première et la seule personne à qui elle se confie. Croyez-la et soutenez-la sans porter de jugement.

2. Guérissez-vous de la violence que vous avez subie dans votre propre vie. La plupart d'entre nous sommes des survivantes d'une forme ou autre de violence. Presque toutes les femmes craignent d'être violentées. Prenez soin de vous et faites ce que vous pouvez pour favoriser votre guérison - émotivement et physiquement. Consultez une thérapeute. Joignez-vous à un groupe de soutien. La plupart des maisons d'hébergement offrent gratuitement une forme de thérapie ou de soutien.

3. Brisez le silence. Lorsque vous vous sentez prêtes, racontez votre histoire de survie à d'autres personnes. Le fait de briser le silence sur notre vécu réduit le sentiment de honte lié à l'abus et permet à d'autres femmes de contacter leur propre pouvoir et parler de leur vécu.

4. Soyez attentive aux situations de violence. La plupart d'entre nous avons grandi avec l'idée que nous ne devons pas poser de questions aux gens concernant leur famille et leurs relations, surtout s'il semble y avoir un problème. Reléguer la violence faite aux femmes dans le domaine du privé n'aide personne. Si vous avez l'impression qu'une femme subit de la violence - posez-lui des questions. Il se peut qu'elle ne réponde pas à votre première tentative mais vous lui communiquerez un signal à l'effet qu'elle peut vous faire confiance. Si vous apprenez qu'une personne que vous connaissez subit de la violence et que vous ne pouvez composer avec une telle situation, communiquez avec la maison d'hébergement ou le service d'aide téléphonique de votre localité pour demander conseil. Ne vous mettez pas en danger en intervenant dans une situation de violence. Appelez la police.

5. Sensibilisez vos enfants à la non-violence. Discutez de la violence avec les enfants qui vous entourent. Aidez-les à trouver des façons de résoudre les conflits de façon pacifique. Encouragez-les à exercer leur imagination et à jouer à des jeux coopératifs et non-violents. Remettez en question les rôles masculins et féminins. N'utilisez pas de méthodes violentes (la fessée) pour les punir.

6. Utilisez votre temps, votre énergie et votre argent pour promouvoir l'égalité des femmes. La grande majorité des victimes de violence conjugale et sexuelle sont des femmes. Oeuvrez dans des organismes qui travaillent pour mettre fin à la pauvreté et à la violence faite aux femmes. Faites des dons. Joignez-vous au comité-femmes de votre syndicat. Mettez sur pied un groupe dont le but est de mettre fin à la violence faite aux femmes. Votez pour les partis politiques qui ont des politiques et des programmes concrets en matière d'égalité des femmes.

7. Dénoncez les images négatives de femmes dans les médias. Les médias utilisent souvent des images véhiculant de la violence envers les femmes pour vendre des produits. Si vous voyez une publicité choquante, communiquez avec l'entreprise qui en est l'auteur. Si vous voyez à la télévision des actes de violence envers les femmes qui sont présentés comme un divertissement, portez plainte auprès du Conseil des normes de la radiotélévision ou du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). Créez votre propre média qui diffuse des images positives des femmes.

8. Aidez les jeunes filles à se protéger. Aidez les jeunes filles de votre entourage à développer une confiance en elles-mêmes et une estime personnelle. Faites-leur savoir qu'elles sont importantes en tant qu'individus - qu'elles soient ou non en relation. Parlez-leur franchement sur les questions de sexe et de fréquentations, en mettant l'accent sur leur droit au respect et au choix.

9. Encouragez les auteurs d'actes violents à consulter. Ne jugez pas. Faites-leur savoir que leur comportement est inacceptable et qu'il existe des thérapeutes et des groupes de soutien qui peuvent les aider à changer.

10. Souvenez-vous. Participez à des gestes de commémoration pour les victimes de la violence, telle la vigile annuelle du 6 décembre en mémoire des victimes de Polytechnique. Rendez hommage à la force de survie des femmes.



Ressources

Quand l'amour ne va plus: échapper à l'emprise d'un conjoint manipulateur
Ann Jones et Susan Schechter, Le Jour, 1994

Arrête! Tu me fais mal!: La violence domestique, 60 questions, 59 réponses
Daniel Welzer-Lang, VLB, 1992

Polytechnique, 6 décembre
Louise Malette et Marie Chalouh, Éditions du remue-ménage, 1990

Vidéos de l'Office national du film du Canada : www.onf.ca/F/4/femmes
France et Thierry, 1998
Ces femmes qui tuent, 1996
De l'amour à la violence: trois femmes parlent, 1995
«M'aimes-tu?», 1995





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