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Le Réseau canadien pour la santé des femmes (RCSF) page principale
 CWHN Resources / Ressources RCSF

Une lettre à la rédaction contre la désinformation sur le vaccin anti-VPH

Envoyée au journal le Globe and Mail le 31 janvier 2008

À la rédaction :

Ce qui frappe profondément à la lecture de la chronique de Christie Blatchford, intitulée « U of T logic on HPV vaccine boggles the mind » (30 janvier 2008), c’est la désinformation qu’elle contient. En effet, contrairement à ce qu’on peut y lire, le vaccin anti-VPH, Gardasil, n’est pas un « vaccin contre le cancer », et l’on ignore actuellement s’il réussira à « prévenir 70 % des cancers du col de l’utérus ». Ce vaccin cible quatre souches du virus du papillome humain (VPH), dont deux sont associées au cancer du col de l’utérus si elles persistent et causent des modifications cellulaires qui demeurent non détectées chez les femmes infectées. S’il est vrai qu’environ 75 % de femmes contracteront une infection au VPH au cours de leur vie, et qu’un grand nombre d’entre elles seront exposées pour la première fois au virus dès leurs années d’université, alors qu’elles sont sexuellement actives, ces étudiantes, dont le sort semble préoccuper Mme Blatchford au plus haut point, auront peut-être déjà contracté une infection, très probablement une infection qui n’était pas à « risque élevé » et, surtout, seront hautement susceptibles de faire partie des quelque 90 % de femmes chez qui l’infection au VPH se résorbe d’elle-même au bout de deux ans (et qui, par conséquent, ne nécessitent aucun traitement). La plupart des femmes, même si elles demeurent infectées par l’une des souches de VPH à risque élevé ciblées par le vaccin, ne contracteront pas nécessairement un cancer du col de l’utérus si elles bénéficient d’un programme solide et efficace de dépistage au moyen du test Pap, lequel permet de détecter très tôt la présence de changements cellulaires dans le col. L’envoi d’un message électronique aux étudiantes de l’Université de Toronto serait plus utile à leur santé sexuelle si ledit courriel faisait la promotion de pratiques sexuelles sécuritaires et de l’usage du condom tout en rappelant aux jeunes femmes de passer régulièrement un test Pap, qui s’est révélé une approche efficace dans la prévention du cancer envahissant du col de l’utérus. Pour ce qui est de la promotion du vaccin anti-VPH chez les hommes, cela équivaudrait à faire un usage du vaccin qui n’a pas encore été approuvé par les groupes consultatifs et les organismes de réglementation canadiens. Le vaccin anti-VPH fera peut-être un jour partie des instruments de lutte contre le cancer du col de l’utérus, mais il n’existe à l’heure actuelle aucune preuve probante, ni aucune politique en santé publique qui permette de justifier une décision d’encourager la vaccination systématique des étudiantes en âge d’aller au collège. La désinformation à propos du vaccin anti-VPH apparaît quotidiennement dans les médias nord-américains. Or il serait grand temps d’examiner de plus près les détails de la question, et de s’en tenir aux faits.

Meilleures salutations,

Madeline Boscoe, inf. aut., DU
Coordonnatrice, Revendications et projets spéciaux
Women’s Health Clinic

Abby Lippman, Ph.D.
Présidente, Orientation stratégique et revendications
Réseau canadien pour la santé des femmes

Ellen Reynolds
Directrice des communications
Réseau canadien pour la santé des femmes

Anne Rochon Ford
Coordonnatrice centrale
Action pour la protection de la santé des femmes

 




posté : Le 7 février 2008


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