LES LIENS FONT LA FORCE: LA MISE SUR PIED DU RÉSEAU CANADIEN POUR LA SANTÉ DES FEMMES


Rapport sur le forum-consultation tenu à Winnipeg (Manitoba) du 21 au 24 Mai 1993 et mise à jour sur les activités du réseau pour 1994

Decembre 1994


TABLE DES MATIÈRES
Rédigé par le comité organisateur du forum-consultation de Winnipeg et Sari Tudiver, coordonnatrice de la consultation

a/s Women's Health Clinic
3e étage, 419, Avenue Graham
Winnipeg (Manitoba)
R3C 0M3 Canada
Téléphone: 204-947-1517 Télécopieur: 204-943-3844 ATS: 204-956-0385 Traduit par Gisèle Lamontagne et Deshaies, Scribes Enr.

REMERCIEMENTS

Nous remercions tout spécialement Santé Canada, principal bailleur de fonds pour le Projet du Réseau canadien pour la santé des femmes. De nombreux membres du personnel de Santé Canada nous ont aidées et soutenues pendant ce long processus; nous soulignons leur aide et leur confiance avec notre reconnaissance la plus profonde.

Une subvention du Secrétariat d'État et du Ministère du Multiculturalisme et de la Citoyenneté pour couvrir les coûts de la traduction de l'anglais au français et de l'interprétation gestuelle pour les malentendantes a rendu le Forum-Consultation plus accessible et a permis le regroupement de femmes de divers milieux culturels. Merci à Michelle Jego, Denise Laporte-Dawes, Michelle Fenez, le Independent Interpreter Referral Service et les autres interprètes qui ont travaillé longuement et avec ardeur; votre contribution est au coeur même de la création d'un réseau canadien pour la santé des femmes.

Nous devons aussi souligner le soutien que nous avons reçu de la Women's Health Branch de la province du Manitoba. De plus, l'ancien ministre de la Santé du Manitoba, l'honorable Don Orchard, a offert une subvention d'hospitalité pour la Consultation.

Il nous a fait plaisir de traiter avec Jan Dowling et les autres membres du personnel de l'hôtel Delta de Winnipeg ainsi qu'avec les employés de Marlin Travel qui ont vu aux dispositions relatives aux déplacements partout au pays. Merci à Sarah Mintz et à Kyla Bergthorson pour leur aide en ce qui concerne la garde des enfants.

La Women's Health Clinic de Winnipeg a été une excellente base organisationnelle pour la Consultation. Nous remercions le personnel qui a offert des encouragements, une aide pratique et son enthousiasme même lorsqu'il avait déjà trop de travail. Nous remercions tout spécialement Linda DeRivière, Directrice des finances, pour son expertise.

De nombreuses bénévoles ont collaboré à la planification et à l'organisation logistique de la Consultation. Nous apprécions leur intérêt et leur dévouement. Tout particulièrement, nous remercions Noella Wilson, Kate Manchur et Suzanna Reza. Angie Balan, une travailleuse sociale possédant des compétences en statistiques et en évaluation, a révisé nos décisions touchant la sélection pour veiller à ce qu'elles soient justes et constantes; ceci a renforcé notre processus. De plus, la Popular Theatre Alliance du Manitoba a facilité notre Consultation et plusieurs femmes ont prêté leur aide, au besoin, pour assurer un bon déroulement. Nous demeurons reconnaissantes envers nos soeurs du WHI d'Ottawa.

Le Comité organisateur de Winnipeg aimerait aussi remercier le personnel de Healthsharing à Toronto pour leur soutien; tout particulièrement, Hazelle Palmer et Amy Gottlieb. Hazelle, ancienne rédactrice en chef, a offert des conseils au tout début du projet, avant de passer à d'autres activités créatrices pendant son congé de maternité. Nous regrettons que Healthsharing n'existe plus; cependant, nous sommes décidées à poursuivre le travail entrepris par les responsables de cette revue.

Nous aimerions également témoigner notre reconnaissance à toutes les femmes qui sont venues des quatre coins du pays, qui se sont données corps et âme au projet, qui nous ont écrit, qui nous ont téléphoné, qui continuent de maintenir des liens au fur et à mesure qu'elles oeuvrent afin d'assurer un avenir en santé.

- Le Comité organisateur de Winnipeg Kim Bailey, Madeline Boscoe, Norma Buchan, Michelle Cenerini, Gio Guzzi, Paula Kierstead, Cheryl Osborne, Gabriela Rodrigues, Maureen McIntosh et Sari Tudiver

TABLE DES MATIÈRES

Section A: Mettre Sur Pied Un Réseau

Section B: La Consultation

Annexes


APERÇU DE CE RAPPORT

Afin de faire de ce rapport une source de référence facile à utiliser dans le cadre de l'organisation et du développement du réseau, nous l'avons divisé en deux principales sections accompagnées d'annexes.

À la Section A: Comment mettre sur pied un réseau, vous trouverez:
- de l'information de base sur le Projet du Réseau canadien pour la santé des femmes afin que les intéressées puissent se familiariser avec son historique et ses buts. Nous espérons ainsi encourager les femmes à se joindre au processus d'établissement du réseau s'il répond à leurs besoins;
- les résultats de la Consultation: les décisions prises, les principes et buts établis, les personnes qui ont accepté certaines responsabilités et la nature de ces responsabilités. Une mise à jour des démarches dupuis la fin de la Consultation est aussi offerte;
- les stratégies et les prochaines étapes de réseautage afin que toutes les intéressées puissent entrer en contact avec d'autres.

À la Section B: La Consultation même, vous trouverez:
- des détails relatifs à la planification de la Consultation, y compris de l'information sur le Comité organisateur, la sélection des participantes et l'ordre du jour de la rencontre;
- certains points que les femmes ont soulevés et débattus; les sujets qui leur tenaient à coeur. Durant le Forum-Consultation, les femmes ont ri, chanté et pleuré; elles ont communiqué dans plusieurs langues incluant le langage gestuel. Le rapport tente de retransmettre la passion de l'événement par l'intermédiaire d'extraits des énoncés des femmes. Étant donné que seulement quelques-unes des femmes intéressées à participer à la Consultation ont pu y assister, nous avons cru important de partager avec vous l'essence même de cette rencontre et le fondement des décisions prises;
- le détail des propositions relatives aux fonctions et à la structure possible du réseau, de l'adhésion et du financement.

Les Annexes comprennent une liste des organismes participants et les membres du Comité coordonnateur ainsi qu'une brève évaluation du Comité organisateur pour ce qui est des leçons que nous avons tirées de l'organisation de cette rencontre, par l'intermédiaire de notre propre processus d'évaluation et grâce aux commentaires des participantes qui ont rempli les formulaires d'évaluation ou qui nous ont écrit par la suite.


SECTION A: METTRE SUR PIED UN RÉSEAU

"J'aimerais simplement dire qu'environ deux mois avant de venir ici, je faisais des pressions auprès du gouvernement et je me sentais très isolée dans mes efforts. De plus, j'avais l'impression que je n'aurais pas l'énergie pour poursuivre ce travail parce qu'il me drainait . . . Cependant, j'ai maintenant tout un réseau derrière moi et cela facilite mon retour chez moi et la reprise de mon travail."

"Lorsque je suis arrivée, j'avais deux questions à poser; j'y ai trouvé réponse. La première question était: Est-il même possible d'envisager l'unification d'une telle diversité et d'une telle quantité de différences? La réponse est: OUI. La deuxième question était: Que puis-je retirer personnellement de tout cela? Je peux apprendre à prendre soin de moi-même. Les femmes n'ont jamais appris à le faire. Nous prenons soin de tout le monde. Là aussi, j'ai trouvé réponse à ma question et je peux vous dire ceci: N'oubliez jamais de prendre soin de vous-mêmes."

-Des participantes à la Consultation, mai 1993

INTRODUCTION: LE RÉSEAU CANADIEN POUR LA SANTÉ DES FEMMES A VU LE JOUR!

Après une année de planification et plus d'une décennie de rêves, le Réseau canadien pour la santé des femmes a finalement été créé. Des femmes représentant plus de 70 organismes engagés dans divers secteurs de la santé des femmes se sont réunies du 21 au 24 mai 1993 à Winnipeg afin de discuter de façons de partager des ressources, de communiquer plus efficacement, de faire des pressions en vue d'obtenir une meilleure qualité de soins de santé pour les femmes. La réunion a été organisée par la Women's Health Clinic, le Women's Health Interaction Manitoba et la revue Healthsharing, et financée par Santé Canada.

La diversité des participantes était la clé du succès du processus de mise sur pied d'un réseau. Les femmes sont venues de toutes les provinces, des Territoires du Nord-Ouest et du Yukon; de petites villages, de grandes villes et de collectivités rurales. Elles représentaient des organismes nationaux et provinciaux en plus des collectives locales. Parmi les participantes il y avait des membres des Premières Nations, des femmes de couleur, des immigrantes, des femmes handicapées et des lesbiennes. Vingt femmes représentaient des organismes francophones du Québec et d'autres provinces. Les participantes ont souligné que le caractère englobant de la réunion et l'atmosphère confortable comptaient parmi les forces de cette rencontre. Ceci est apparu clairement plus tard lorsque les femmes ont parlé de l'importance qu'avait pour elles la solidarité au sein du réseau: "L'unité dans la diversité et le soutien sans ingérence."

L'ordre du jour comportait à la fois des séances en petits groupes et des plénières. Une discussion d'expertes a porté sur "l'angoisse et l'extase du travail dans le domaine de la santé des femmes." En petits groupes, les participantes ont élaboré un énoncé de mission; elles ont aussi traité des valeurs et des principes communs, des modèles d'échange d'information, de la solidarité et de l'action, de questions relatives à l'adhésion, de la responsabilité, des tâches et responsabilités, ainsi que de sources possibles de financement. Les femmes ont aussi renoué des amitiés et créé de nouveaux liens. Il y a eu des exercices stimulants, des activités pour encourager les femmes à faire connaissance et à s'amuser; de merveilleuses chansons faisaient partie du tout.

Le dernier matin, les femmes avaient découvert un terrain d'entente malgré leur diversité et un processus intense qui s'était avéré difficile par moments. Dans un contexte de compressions budgétaires importantes touchant les services essentiels partout au Canada, le besoin d'établir un réseau parmi les regroupements oeuvrant dans le domaine de la santé des femmes est évident, même si les façons précises de réaliser la chose ne sont pas encore claires.

Les participantes ont convenu de former un Comité coordonnateur incluant des représentantes régionales et des femmes déterminées à défendre les intérêts de certains secteurs précis - femmes handicapées, immigrantes, femmes de couleur, femmes autochtones, lesbiennes, femmes âgées, jeunes femmes. Le Comité comprend des francophones et anglophones et les deux langues y seront utilisées. Dans le cadre d'un mandat de deux ans, les tâches du Comité de coordination ont été établies comme suit:

De plus, "des groupes de discussion ou de travail" ont été créés pour élaborer des stratégies précises en ce qui a trait aux communications (y compris les liens informatiques), à l'adhésion et au financement. Les participantes ont exprimé leur confiance à l'égard du processus entamé à Winnipeg. Le Comité de coordination et les groupes de travail se sont engagés à communiquer par télécopieur, courrier ou téléphone au cours des mois suivants le forum. De nombreuses participantes ont aussi projeté d'organiser des rencontres régionales/ provinciales pour faire connaître le réseau à d'autres groupes intéressés, encourager leur participation et renforcer l'établissement d'un réseau à l'échelle régionale.

La réunion a pris fin sur une note optimiste. Les femmes ont formé un cercle, ont passé du foin d'odeur et ont partagé leurs expériences.

"Notre peau est peut-être de couleur différente, nos yeux ont peut-être une forme différente, mais nous sommes toutes pareilles. Nous grandissons en connaissances. Nous grandissons en compétences et en compréhension. Nous grandissons en appréciation les unes des autres et de cette collectivité universelle. Rentrez chez vous avec la pensée suivante: `Je m'y suis rendue, j'ai marché, j'ai parlé, j'ai touché, j'ai entamé le processus de guérison.' Nous, les aidantes qui avons toujours été là, nous avons toujours marché derrière les lignes. Je crois que le passé et le présent m'ont dit `Femmes, nous sommes réunies enfin.' Travaillons pour générer d'autres femmes, nous enlacer, nous tenir la main et marcher avec d'autres femmes partout au monde."

--Mary Burlie, participante à la Consultation

INFORMATION DE BASE

LA NÉCESSITÉ DE CRÉER UN RÉSEAU CANADIEN POUR LA SANTÉ DES FEMMES

Reconnaître Celles Qui Nous Ont Précédées . . .

Dupuis longtemps, les femmes canadiennes prodiguent des soins aux membres de leur famille et de leur collectivité, que ce soit comme mères, épouses, soeurs, filles, sages femmes traditionnelles, guérisseuses ou travailleuses rémunérées dans les soins de la santé. Longtemps négligées et dénigrées, les contributions riches et complexes qu'ont faites les femmes de milieux différents à la santé de leur collectivité vont enfin être documentées et reconnues.

Le mouvement social en vue d'obtenir l'égalité pour les femmes a été étroitement lié aux efforts déployés par celles-ci pour obtenir une plus grande maîtrise de leur propre corps et pour améliorer leur santé. Au début du 20e siècle, des milliers de femmes ont demandé de l'information de base sur la reproduction et le contrôle des naissances, de meilleurs logements et des mesures de santé publique pour les collectivités pauvres et les collectivités d'immigrants; de plus, elles voulaient qu'un nombre accru de femmes puissent faire des études de médecine. De nombreuses femmes et nombre d'organismes de femmes établis depuis longtemps au Canada français et anglais, ont joué un rôle important dans ces efforts.

Alors que les circonstances économiques et des attitudes de paternalisme et de racisme divisaient les femmes des classes riches, moyennes et pauvres, tant dans les villes qu'à la campagne, le besoin de soins de santé améliorés a mené bien des femmes de diverses classes sociales, ethnies et religions à se réunir et à faire des pressions pour obtenir des changements malgré leurs différences. Les gains ne sont pas venus facilement. Par exemple, ce n'est qu'en 1969 que les femmes canadiennes ont été autorisées par la loi à obtenir des moyens de contrôle des naissances et à obtenir des avortements; l'accès à ces services varie toujours grandement d'un endroit à l'autre au pays.

Au cours des trois dernières décennies, plus de femmes ont commencé à parler ouvertement de leurs corps, de leur sexualité et de leurs expériences au sein du système médical. Elles ont identifié des expériences qui avaient été ignorées pendant bien longtemps par les professionnels de la santé - tel l'abus et l'inceste. Elles ont parlé des piètres traitements reçus lors d'accouchements; du fait qu'elles ne connaissaient pas les ressources en cas de toxicomanie et d'abus, ou par rapport à la sexualité; du fait que des tranquilisants leur étaient prescrits lorsqu'elles recherchaient des conseils et du soutien. Le mouvement des femmes a donné à nombre d'entre elles le courage de faire entendre leurs inquiétudes et d'exiger que le système des soins de santé réponde à leurs besoins.

Pendant les années 1970 et 1980, les femmes canadiennes se sont organisées à plusieurs paliers; des regroupements locaux, provinciaux et nationaux ont comblé les lacunes des services de santé dispensés aux femmes et ont fait des pressions pour ces services. Ils ont élaboré des modèles nouveaux pour la prestation des soins de santé dans les centres de santé pour les femmes, dans les centres de ressources et de santé communautaires, dans les centres pour les immigrantes, dans les maisons de transition et dans certains hôpitaux. Quelques regroupements font maintenant partie de solides réseaux régionaux tel le Regroupement des Centres de Santé des Femmes du Québec.

Des groupes d'entraide ont soutenu les femmes ayant des problèmes de santé mentale, le cancer du sein, le SPM, l'endométriose, ayant été exposées à la drogue DES et ayant d'autres problèmes de santé afin d'explorer des solutions de rechange. Les professionels de la santé commencent à reconnaître l'importance de ces approches axées sur les femmes dans la guérison efficace de certaines maladies, dont le cancer du sein.

Les coalitions se mobilisent afin d'échanger de l'information et des stratégies au sujet des nouvelles techniques de reproduction, de la contraception et de la génétique. Malgré les ressources limitées, ces regroupements jouent un rôle important de chien de garde auprès de l'industrie pharmaceutique et du gouvernement pour toutes les questions qui touchent la santé des femmes. Les collectives de la santé et de l'édition, telle la Montreal Health Press, la Vancouver Women's Health Collective et, jusqu'à tout récemment, la revue Healthsharing, offrent de l'information essentielle, encouragent la prise de mesures concrètes face à certaines questions en particulier et travaillent afin de rehausser la qualité des soins de santé offerts aux femmes.

Tout particulièrement, les femmes autochtones, les femmes de couleur, les immigrantes, les femmes handicapées et les lesbiennes ont démontré à quel point la pauvreté, la discrimination, la violence faite aux femmes et les mauvais traitements médicaux affectent la santé. Elles ont défié la société traditionnelle et les organismes où la majorité des femmes sont blanches à se pencher sur leurs attitudes liées au racisme, à l'homophobie et à la crainte des handicaps, et ont aidé à sensibiliser les autres aux approches holistiques de la santé et de la guérison.

De plus en plus, les regroupements dans le domaine de la santé des femmes doivent communiquer de façon efficace d'un bout à l'autre du pays, partager de l'information, des ressources et des idées, dans plusieurs langues pour mobiliser leurs membres vers l'action si nécessaire en vue de traiter des questions qui touchent la santé de toutes les femmes. De plus, les femmes doivent connaître les ressources à leur disposition dans leurs régions respectives afin d'obtenir l'information, les services et le soutien qu'elles recherchent.

Pourquoi Créer Un Réseau Maintenant?

Les années 1990 sont marquées par une réduction importante des subventions gouvernementales par rapport aux services de santé et aux services sociaux; de plus, l'assurance santé et l'universalité des soins de santé au Canada sont gravement menacées. Les compressions budgétaires touchent avant tout les pauvres et les plus démunis, soit les femmes recevant des prestations de bien-être social, les personnes handicapées qui requièrent des soins à domicile, les refuges et les autres services offerts aux femmes et aux enfants victimes de violence. Plutôt que d'être favorisés et élargis, certains programmes essentiels et créatifs qui sont exploités à partir de budgets minimaux, mais qui font toute la différence dans la vie de nombre de gens, ont été abandonnés ou sont menacés de l'être.

Les gouvernements présentent un scénario de restrictions inévitables; on dit aux consommateurs que c'est là le seul moyen de contrôler les déficits. En même temps, on assiste à une consolidation intense des richesses au Canada par l'intermédiaire de changements apportés aux échelles de taxation et aux politiques régissant les institutions financières internationales. Le fossé entre les riches et les pauvres s'élargit sans cesse; le nombre de pauvres croît chaque jour. Un avenir où les sans-emplois seront de plus en plus nombreux, et les programmes sociaux de moins en moins nombreux, aura de profondes répercussions, non seulement sur notre santé et notre bien-être, mais aussi sur notre identité et nos rêves.

Un réseau peut nous permettre de mieux comprendre le système de santé actuel et peut s'avérer essentiel. Par exemple, plusieurs gouvernements provinciaux préconisent des "services communautaires"; cependant, ils n'offrent pas les ressources et le soutien essentiels et accessibles aux collectivités, tels les services d'interprétation et de soins à domicile. Malgré tous les échanges au sujet des soins communautaires et de la démédicalisation, les tendances contraires vont vers une surmédicalisation. Par exemple, alors que certaines provinces introduisent les sages-femmes, de nouvelles techniques génétiques, de reproduction et de contraception sont de plus en plus utilisées et leurs industries ont un poids énorme dans les décisions relatives aux naissances, à la santé et aux maladies.

Le langage du mouvement des femmes a été adopté par les gouvernements et par les médias; cependant il manque encore un engagement plus grand à habiliter les femmes et leurs organismes ainsi qu'une vraie voix en matière de politique et de planification dans le domaine de la santé. Nombre de femmes passent des heures à consulter auprès des gouvernements - habituellement à titre bénévole - pour tenter de les sensibiliser à nos modèles et à nos approches. Un réseau solide permettrait de reprendre possession de ce langage et de partager des stratégies de pression.

Grâce à leurs expériences, les femmes savent ce qui manque dans les institutions et politiques traditionnelles. Par l'intermédiaire du réseau, nous pouvons mieux comprendre les politiques et les approches possibles, telles les réformes progressives de l'impôt et les modèles de services peu coûteux, créatifs, axés sur la personne, offerts par la collectivité et par les groupes de santé des femmes partout au pays. Un des défis du réseau consiste à veiller à ce que ces approches possibles, axées sur les femmes, soient bien défendues et qu'elles soient intégrées à la politique publique traditionnelle plutôt que de demeurer des projets "marginaux."

La création d'un Réseau canadien pour la santé des femmes vise à surmonter l'isolement en ces temps de compressions budgétaires et de pertes d'emplois, où les femmes et leurs familles se sentent isolées et craintives et, trop souvent, malades. Cependant nombre de femmes sont aussi en colère et nous espérons transformer cette colère en énergie créatrice. L'établissement du réseau représente un défi au Canada compte tenu des distances géographiques et des différences linguistiques, culturelles et régionales. Cependant, étant donné le niveau de pauvreté, les besoins humains et les politiques conservatrices au Canada et partout au monde, le moment de créer le Réseau canadien pour la santé des femmes est arrivé.

QUELQUES HAUT-FAITS HISTORIQUES (1982 - 1994)

1982-83
Un groupe de femmes de diverses régions canadiennes forment le "Committee for a Canadian Women's Health Network." L'intérêt est présent, mais devant l'absence de ressources, le groupe perd son momentum. Les femmes qui participent à ce comité soulignent la nécessité d'établir des lieux à l'échelle locale et régionale.

1983-84
L'idée d'une pièce de théâtre sur les femmes et les médicaments est lancée et est développée lors d'un atelier qui réunit une quarantaine de personnes à Aylmer au Québec.L'atelier est organisé par Inter Pares, une agence de développement international dont le siège social est à Ottawa. On y discute des idées pouvant nourrir la mise en place d'un réseau pan-canadien. En collaboration avec Inter Pares et des groupes de femmes locaux, la "Great Canadian Theatre Company" est chargée de monter la pièce Side Effects à partir de témoignages de femmes.

1985
La pièce de théatre Side Effects effectue une tournée au Canada en anglais; l'accueil est enthousiaste. Elle est adaptée en français et effectue une tournée au Québec. Plusieurs regroupements partout au pays sont impliqués, dont la revue Healthsharing, la Vancouver Women's Health Collective, DES Action . . . Une recommandation en ressort, soit la nécessité d'établir un réseau pour la santé des femmes à l'échelle du pays pour partager de l'information et des stratégies en vue d'effectuer des changements.

Ceci donne lieu à la formation de nouveaux groupes pour l'établissement d'un réseau. Les organisateurs de la pièce Side Effects à Ottawa forment la Women's Health Interaction. Le Women's Health Interaction Manitoba devient responsable de la tournée de Side Effects au Manitoba. Un autre groupe est formé dans la région de Kitchener-Waterloo.

Mai 1986
Une réunion informelle de femmes venues de diverses provinces a lieu pendant la Conférence sur les femmes et la toxicomanie organisée par Santé et Bien-être social Canada. Les femmes décident d'élaborer des propositions en vue de former un Réseau canadien pour la santé des femmes.

Automne 1986
Le Secrétariat d'État approuve le financement de deux réunions pan-canadiennes du Comité de coordination en vue de planifier un processus visant l'établissement d'un réseau.

Février 1987
Une proposition coordonnée par la WHI à Ottawa est soumise à Santé et Bien-être social Canada. Les co-commanditaires comprennent WHI et InterPares à Ottawa et WHIM au Manitoba. Dix-neuf regroupements forment le Comité de coordination du projet. Une réunion du Comité a lieu à Toronto.

Juin 1987
Une réunion du Comité de coordination a lieu à Montréal. Les participantes comprennent des femmes venues de toutes les provinces et des territoires (environ 25 femmes à chaque rencontre). On discute des principes et des buts du Réseau; puis, on rédige une ébauche de ceux-ci.

Automne 1987
La proposition est rejetée par Santé et Bien-être social Canada. Des rencontres auprès de ce ministère s'ensuivent; les commanditaires sont encouragés à réviser la proposition et à la soumettre à nouveau.

Février 1988
La proposition révisée est coordonnée par WHIM à Winnipeg et soumise de nouveau; les co-commanditaires sont InterPares, WHI et WHIM.

Août 1989
Le projet triennal "Towards a Canadian Women's Health Network" est finalement approuvé par Santé et Bien-être social Canada qui lui accorde un montant de 344 000 dollars. A cause de certains retards, le projet a perdu son élan. Les regroupements féminins partout au Canada subissent d'importantes compressions budgétaires. Les marrains du projet décident de consulter le Comité de coordination original et d'autres intervenants avant de décider de poursuivre.

De mai à juin 1990
Un sondage en français et en anglais est envoyé à 26 regroupements partout au Canada; un suivi téléphonique est effectué. Dix-huit regroupements répondent. Tous encouragent les commanditaires à poursuivre. Les répondantes suggèrent que la revue Healthsharing soit plus directement impliquée.

Été 1990
Les premiers marraines ne peuvent pas servir d'ancrage au projet; cependant elles désirent demeurer impliquées. La revue Healthsharing accepte de commanditer le projet. Santé et Bien-être social Canada approuve.

De l'automne 1990 à l'hiver 1991
Les buts demeurent inchangés; cependant, le projet est révisé en vue d'utiliser les capacités de Healthsharing et de composer avec les coûts croissants. Le projet comprend maintenant:
- Six numéros régionaux de la revue Healthsharing, réalisés par le personnel de cette revue et par les coordonnatrices régionales, ces dernières embauchées selon des contrats de trois mois;
-Le travail préliminaire visant à mettre sur pied une base de données portant sur les regroupements et les ressources dans le domaine de la santé des femmes; et
- Un Forum-Consultation à l'échelle du pays pour environ 60 femmes provenant de divers groupes partout au pays en vue d'élaborer des stratégies pour établir et maintenir le Réseau.

Printemps 1991
On entame la deuxième année du Projet visant l'établissement du Réseau canadien pour la santé des femmes. Été 1991 Les responsables de Healthsharing embauchent une coordonnatrice de projet et rédactrice en chef.

Automne 1991
Une coordonnatrice pour la C.-B et l'Alberta est embauchée et on entame le travail initial touchant la base de données.

Hiver 1992
On embauche une coordonnatrice pour la région de l'Atlantique.

Printemps 1992
On entame la troisième année du projet. Le numéro de Healthsharing pour la C.-B. et l'Alberta est terminé. Le numéro pour l'Atlantique progresse bien.

Juin 1992
On embauche une coordonnatrice pour la Consultation à Winnipeg. WHIM et la Women's Health Clinic seront les hôtes du Forum-Consultation canadien qui aura lieu en mai 1993.

Automne 1992
On embauche des coordonnatrices régionales pour le Manitoba et la Saskatchewan. Un Comité consultatif pour la Consultation est formé au Manitoba; la planification est entamée. A cause des retards au moment du démarrage, Santé et Bien-être social Canada offre une prolongation d'un an pour le projet (pas de fonds supplémentaires).

Hiver 1993
Le numéro de Healthsharing pour la région de l'Atlantique est publié. 21 au 24 mai 1993 Le Forum-Consultation canadien à lieu à Winnipeg. Le Comité de coordination du RCSF est établi ainsi que des groupes de travail.

Mai 1993
Le numéro de Healthsharing pour le Manitoba et la Saskatchewan est publié. Automne 1993 Le numéro de Healthsharing pour l'Ontario est publié.

PROJET DU RÉSEAU CANADIEN POUR LA SANTÉ DES FEMMES

Origines Du Projet

L'une des premières activités de groupe du Forum-Consultation consistait à demander à chaque femme d'inscrire sur d'énormes rouleaux de papier une chose qui était importante pour elle en matière de santé des femmes. Les femmes pouvaient y ajouter des souvenirs ou des moments importants de n'importe quelle année. Certains commentaires étaient très personnels "1980 - j'ai subi une hystérectomie"; d'autres relataient des rencontres importantes. Le produit témoignait de la richesse que l'on pouvait retrouver dans n'importe quel groupe lorsqu'il s'agit de rédiger l'historique du mouvement des femmes.

Depuis les années 1970, des groupes de femmes partout au pays parlent de former un réseau canadien pour la santé des femmes. Le Comité du Réseau canadien pour la santé des femmes a été créé en 1982 et a tout de suite perçu la nécessité de mettre l'accent sur le travail régional plutôt que national. Même si les femmes ont perdu leur élan et n'avaient pas les ressources pour travailler à l'échelle du pays, l'idée du réseau a survécu. Des femmes d'un bout à l'autre du pays, incluant certaines femmes qui contribuaient à la nouvelle revue Healthsharing, se rencontraient lors de conférences annuelles et parlaient de façon informelle de cette idée.

La pièce de théatre Side Effects, traitant des femmes et des produits pharmaceutiques, a été un catalyseur important pour ce qui est d'aider à relier les groupes partout au pays. Lors d'une rencontre à Québec qui a eu lieu en 1983 et qui était commanditée par l'agence de développement InterPares, dont le siège social est à Ottawa, environ 40 personnes ont parlé de façons créatrices de développer et de partager les ressources de santé et les stratégies pour sensibiliser la population et pour faire des pressions en matière de santé des femmes. L'idée de présenter une pièce de théatre en tournée nationale a été suggérée et adoptée avec enthousiasme. Des femmes d'Ottawa ont travaillé avec la Great Canadian Theatre Company afin de créer une pièce fondée sur les expériences personnelles des femmes qui avaient eu de sérieux problèmes à cause de médicaments prescrits. Side Effects a été créée et a effectué une tournée nationale depuis Terre-Neuve jusqu'à la Colombie-Britannique, dans le Nord et dans les régions rurales comme dans les grands centres urbains. Une version française a été présentée en tournée au Québec. Les membres de l'auditoire demeuraient sur les lieux après la représentation pour parler avec les comédiennes et les commanditaires locaux; des femmes ont partagé leurs expériences relatives au mauvais usage de médicaments prescrits et ont demandé de l'information au sujet des groupes de soutien et des ressources. Un bon nombre de regroupements pour la santé des femmes ont été créés à la suite de cette tournée, citons par exemple la Women's Health Interaction à Ottawa (WHI) et le Women's Health Interaction Manitoba (WHIM). D'autres regroupements, tels DES Action et Vancouver Women's Health Collective, ont participé au processus.

Au cours des années suivantes, des femmes de tous les coins du pays ont continué de se rencontrer lors de conférences et d'échanger des idées relatives à un Réseau. Deux réunions de planification, une à Toronto et l'autre à Montréal (1987), parrainées par le Secrétariat d'État, ont fourni aux groupes l'occasion d'explorer des objectifs et des buts communs. Une proposition exhaustive a été élaborée et retravaillée une fois rejetée. Elle décrivait un processus visant à créer des liens régionaux et nationaux parmi les groupes oeuvrant dans le domaine de la santé des femmes.

Il a fallu plusieurs autres annés pour obtenir des fonds de Santé et Bien-être social Canada dans le but de créer un réseau. Pendant ce temps, nombre de premiers groupes commanditaires du début ont perdu leur financement et n'ont pu poursuivre leurs efforts étant donné qu'ils en étaient arrivés à un niveau de subsistance maigre.

En 1989, Santé et Bien-être social Canada a approuvé le financement du projet. Les membres du comité coordonnateur original, le WHI à Ottawa et le WHIM, ont effectué un sondage auprès des groupes de santé des femmes partout au Canada pour demander conseil quant à la meilleure façon de procéder. Le message a été clair: utiliser l'argent pour créer un réseau qui était alors plus nécessaire que jamais. On a suggéré que la revue Healthsharing devienne le point d'ancrage du projet, étant donné le rôle central qu'elle jouait dans la diffusion de l'information, en langue anglaise, en matière de santé des femmes partout au Canada depuis plus d'une décennie.

Les responsables de Healthsharing ont accepté et le projet a été révisé afin d'inclure:
- six numéros régionaux de la revue pour impliquer les femmes au sein de chaque région et pour informer les autres partout au pays de ce qui se passe en matière de santé des femmes;
- l'élaboration d'une base de données portant sur les regroupements qui oeuvrent partout au pays dans le secteur de la santé des femmes;
- un Forum-consultation avec des représentantes des regroupements pour la santé des femmes en vue d'aider à créer le réseau. Le WHIM et la Women's Health Clinic de Winnipeg ont convenu d'organiser cette rencontre avec l'aide des responsables de Healthsharing.

Pendant tous ces changements, le projet de Réseau canadien pour la santé des femmes est demeuré une partie intégrante du processus visant à renforcer les liens entre les femmes oeuvrant dans le domaine de la santé des femmes partout au Canada et à encourager les femmes dans chaque région à définir leurs besoins en matière de partage d'information et de stratégies. Le projet était fondé sur l'idée que les organismes locaux travaillant dans le domaine devaient clarifier la vision et décider de ce que le Réseau canadien pour la santé des femmes devrait être.

Buts De La Consultation

Les buts du Forum-Consultation ont été définis dans une trousse d'information envoyée aux intéressée éventuelles:

"La Consultation espère exploiter à son avantage l'élément de diversité, car il regroupe des femmes des quatre coins du pays, des femmes qui sont issues de milieux différents, des femmes handicapées ou non et des femmes qui ont des intérêts différents. Les participantes partageront leurs expériences dans le cadre de leurs efforts en vue de changer le système des soins de la santé. "En planifiant la Consultation, nous nous sommes fondées sur les importantes dicussions qui ont eu lieu lors des rencontres du Comité de coordination en 1987 en vue de planifier un Réseau canadien pour la santé des femmes. Lors de ces rencontres, à Toronto et à Montréal, les participantes voulaient travailler afin de rendre le système des soins de la santé plus accessible, équitable et juste, et veiller à ce qu'il réponde aux divers besoins des femmes tout en s'opposant au racisme et à toute autre forme de discrimination. Les femmes ont parlé d'un réseau qui leur donnerait du pouvoir et du soutien afin de faire des choix éclairés et essentiels quant à leur santé. Le réseau encouragerait l'échange, le dialogue et la discussion sur les stratégies et les politiques. Comme beaucoup de femmes l'ont souligné, la santé et le bien-être des femmes sont profondément affectés par la pauvreté et la classe sociale, par les expériences d'abus et de racisme. Les politiques de santé doivent traiter de ces questions plus vastes. Les approches de la santé et de la guérison doivent être fondées sur une compréhension des traditions et rôles des femmes dans diverses cultures. Ces buts sont conformes à la vision féministe de la santé. "Le processus de création d'un réseau doit être ouvert, inclure une consultation très vaste et demeurer sensible au fait que les regroupements partout au pays n'ont pas besoin de travail ni de bureaucracie additionnels mais plutôt de soutien afin de progresser dans leur travail et vers l'atteinte de leurs buts. La Consultation sera accessible en anglais, en français, en langage gestuel; de plus, elle veillera à ce que les femmes dont la langue maternelle n'est ni le français ni l'anglais, ainsi que les femmes handicapées se sentent bienvenues et à l'aise face au processus.

"La Consultation traitera des points suivants:

  1. comment assurer un échange efficace de ressources et d'information parmi les groupes;
  2. les stratégies de représentation et d'action en matière de santé des femmes;
  3. l'utilisation d'ordinateurs (bases de données, communications informatiques), télécopieurs, etc., pour assurer les communications);
  4. les modèles de réseau: qui fera quoi, quand et où? Comment exécutera- t-on ces tâches? Comment prendra-t-on les décisions?
  5. le financement: comment pourrons-nous maintenir le réseau?
  6. comment pouvons-nous ressentir que nous avons du pouvoir tout en nous amusant et en maintenant un sens de l'humour pendant tout le processus de réseautage."

RÉSULTATS DE LA CONSULTATION

CE QUE NOUS AVONS ENTREPRIS . . .

Le Forum-Consultation a eu lieu du vendredi après-midi 21 mai au lundi midi 24 mai 1993. Le samedi et le dimanche ont été consacrés au travail en petits groupes couronné par une séance plénière à la fin de chaque journée. Les groupes ont rédigé l'ébauche d'un énoncé de mission et des principes de solidarité du réseau, ils ont discuté de modèles de structures pour ce réseau et ont exploré des stratégies de communication et des sources de financement. Les questions liées à l'adhesion au réseau ont également été abordées.

Le dimanche soir venu, la fatigue était au rendez-vous, mais il était évident qu'il y avait encore beaucoup à faire pour en arriver à un plan d'action. Ce soir là, pendant plus de trois heures, vingt-huit femmes ont résumé les questions qui avaient été soulevées par les divers groupes. Elles ont déterminé quelles étaient les propositions qui devaient être portées à l'attention de l'ensemble des participantes le lendemain matin.

Le lundi matin, les propositions élaborées la veille ont été traitées. Les participantes en ont approuvé un certain nombre en principe tout en reconnaissant qu'elles devaient toutes être remaniées.

Ce qui suit résume le travail important qui se poursuit.

ÉBAUCHE D'UN ÉNONCÉ DE MISSION

Voici l'ébauche d'un énoncé de mission élaboré par les groupes de travail ainsi que les questions qui, de l'avis de toutes, devaient être clarifiées, étoffées ou modifiées. Les suggestions de formulation faites lors de la consultation pourront servir à la préparation de ces ajouts. Ces révisions font partie de la tâche du Comité de coordination nommé lors du Forum-Consultation. Il ne s'agit pas d'une version finale et les femmes sont invitées à faire parvenir leurs commentaires au membre du comité de leur région.

"Le Réseau canadien pour la santé des femmes est un réseau national de lobbying féministe et d'échange d'information qui travaille à la promotion d'une vision globale de la santé des femmes. Une telle vision sous-entend que divers facteurs ont une influence sur la santé des femmes. Au nombre de ces facteurs, mentionnons le revenu, la sécurité, l'environnement, l'emploi et les attitudes à l'égard des femmes. Cette vision reconnaît que le bien-être physique, émotif et spirituel fait partie de la santé. "Dans une analyse féministe de la santé des femmes, on suppose que la femme a le droit et la capacité de faire des choix éclairés ainsi que le droit de prendre la parole directement et d'être entendue sur des questions relatives à sa propre santé. Cette analyse reconnaît également le droit à la femme de participer à la prise de décisions qui ont un effet sur sa propre santé. "Le Réseau est ouvert à toutes les femmes, peu importe leur origine culturelle et socio-économique, leur religion, leur âge, leur orientation sexuelle, leurs capacités, etc. Aucune discrimination, qu'elle soit fonction de la race, de l'orientation sexuelle, du sexe, de l'âge et aucune pratique discriminatoire à l'égard des personnes handicapées ou d'autres personnes ne seront tolérées; on s'y opposera.
"Le Réseau est bilingue. On tentera d'obtenir et de réaliser de la documentation dans d'autres langues et faisant usage d'autres supports pour respecter le besoin des membres de communiquer dans leur langue maternelle.
"Le Réseau sera pro-actif en plus de répondre aux questions qui surgissent et d'assurer le partage et la diffusion de l'information. C'est par le changement social que nous permettrons aux femmes d'améliorer leur santé selon leurs propres conditions.
"Le Réseau canadien pour la santé des femmes est le fruit du travail, de la sagesse et de la connaissance des femmes qui nous ont précédées et des femmes issues de diverses collectivités qui ont pris soin de leur santé ainsi que de la santé de leurs familles et de leur entourage.
"Le Réseau établira des liens de solidarité avec d'autres réseaux de santé des femmes à l'échelle internationale à des fins d'apprentissage et de soutien mutuels."

Les participantes ont formulé les suggestions suivantes qui ont été incorporées à l'énoncé:

Le Comité de coordination effectuera un suivi sur les questions suivantes au moyen de consultations. Les commentaires sur l'inclusion de rôles spécifiques du réseau dans l'énoncé de mission doivent être révisés. Il serait peut-être plus approprié de les inclure dans les objectifs ou dans la description de la structure du Réseau.

- Étant donné la primauté historique des femmes des Premières Nations, nous consulterons nos soeurs autochtones sur l'usage d'une ou de plusieurs langues autochtones au Réseau.
- L'utilisation du mot "féministe" doit être étudiée plus attentivement. Certaines croient que le terme pourrait empêcher la participation de plusieurs femmes de couleur puisque la réputation du mouvement féministe canadien est celle d'un mouvement qui regroupe principalement des femmes de race blanche et de classe moyenne. D'autres croient que cela pourrait éloigner les femmes du milieu rural et des classes ouvrières qui sont d'accords avec les buts du Réseau mais que le terme rend mal à l'aise. Nombre de femmes ne veulent pas que le mot soit enlevé mais souhaitent que la question soit clarifiée par des consultations auprès d'une variété de groupes. Les membres du Comité de coordination qui auront la tâche de reformuler et de diffuser l'énoncé de mission travailleront de concert avec les regroupements de femmes de couleur, d'immigrantes et de réfugiées pour connaître leurs préoccupations entourant l'utilisation du terme. Le but de l'exercice consiste à utiliser une langue et des mots dont le sens est aussi englobant que possible. Cette façon de faire doit être conforme à ce que nous avons déjà inscrit dans l'énoncé de mission de manière à ce que le réseau soit résolument non raciste, englobant et représentatif. Une des premières façons d'y arriver repose sur la manière dont nous rédigerons l'énoncé de mission et les principes du Réseau.
- Clarifier la responsabilité mutuelle des personnes qui ont un rôle à jouer - par exemple, le Comité de coordination et les membres.
- Établir clairement les fonctions du Réseau. Pour ce qui est des pressions par exemple:
"Pour certaines questions, des membres solliciteraient l'aide d'autres membres du Réseau pour faire des pressions ou prendre la parole. Le Réseau ferait entendre une seule voix sur des questions qui préoccupent tous les membres comme les principes fondamentaux de l'universalité des soins de santé, du droit des femmes de choisir ou de créer leurs propres services de santé, de l'accessibilité et de la capacité d'adaptation des services; sur les obstacles que sont la pauvreté, le chômage et la violence pour la santé et le bien-être des femmes. Le Réseau ne se substituerait pas à d'autres coalitions qui travaillent sur des questions bien précises comme le chômage mais il aurait comme point de mire la santé des femmes."

LES PRINCIPES DE BASE DE L'ÉTABLISSEMENT D'UN RÉSEAU

Les femmes ont déterminé les principes et les caractéristiques de base qui doivent être présents dans toute stratégie à court ou à long terme visant l'établissement du Réseau. Quelle que soit la forme que prendra le mécanisme de coordination, sa composition devra également témoigner de ces principes.

Les principes suivants ont été présentés et approuvés par les participantes:

MANDAT DE L'ORGANISME COORDONNATEUR

L'organisme coordonnateur a les responsabilités et les tâches suivantes:

Ce mandat a été accepté en principe.

LE COMITÉ DE COORDINATION: COMMENT ATTEINDRE SES OBJECTIFS?

Dans le cadre de ces principes et de ce mandat, les femmes ont dégagé certaines options permettant l'établissement d'une structure pouvant exister au moins deux ans afin de donner une base solide au réseau. Les participantes considéraient qu'un "Comité de coordination" ou un comité de direction responsable envers les participantes s'avérait nécessaire si l'on voulait accomplir quelque chose. On a suggéré sept façons de composer un "Comité de coordination." Dans les six premières options, les représentantes pourraient être issues:

  1. de différentes régions du Canada et de divers secteurs;
  2. des régions seulement, à court terme tout au moins;
  3. du Comité organisateur de la présente consultation (note: ceci n'est pas une suggestion d'un membre du Comité organisateur et cette proposition a été rejetée, de fait, par ces membres);
  4. du Comité organisateur de la présente Consultation et des régions;
  5. des groupes déjà en place qui s'intéressent tout particulièrement au Réseau ou qui ont l'expertise nécessaire dans ce domaine, et qui seraient prêts à assumer certaines responsabilités;
  6. des régions et plus de groupes d'intérêts spéciaux disposés à assumer certaines responsabilités.

La septième option a été considérée comme celle qui était la plus fidèle aux principes et qui offrait le plus clairement une façon de réaliser le mandat. Elle tentait de regrouper:

Dans le cadre de cette option, le Comité de coordination serait composé de représentantes prêtes à assumer cette tâche dans les régions. Chaque province et territoire désignerait une représentante prête à assumer la responsabilité pour diverses tâches. Le caractère englobant et la diversité seraient soulignés en ajoutant des postes au sein du Comité, si nécessaire.

En plus du Comité de coordination, les groupes régionaux nommeraient des personnes et des organismes ressources qui serviraient d'agentes de liaison pour maintenir les communications entre le Comité de coordination et les régions. Ces agentes pourraient communiquer avec d'autres personnes oeuvrant dans leur secteur d'intérêt au sein du Réseau et ainsi faciliter les communications avec des organismes homologues lorsqu'il faut passer à l'action ou échanger de l'information.

Les femmes qui ont des compétences à partager en ce qui a trait aux questions touchant à l'adhésion, les communications et le financement, sont encouragées à se joindre à des groupes de travail. Ces groupes élaboreront sur des idées et des stratégies dans ces secteurs et maintiendront une liaison étroite avec le Comité de coordination pour faciliter le développement du réseau. Les groupes de travail établiraient des liens avec des femmes qui s'intéressent à ces questions partout au pays et bénéficieraient ainsi de l'énergie créatrice de femmes oeuvrant dans le domaine de la santé des femmes partout au Canada.

SOLIDARITÉ

Les groupes travaillant à la question de la solidarité au sein du Réseau ont mis l'accent sur deux principes:

  1. l'unité dans la diversité
  2. le soutien sans ingérence.

De nombreuses femmes ont parlé du sentiment d'engagement, de la collaboration et du soutien mutuel. Nous pourrions "honorer la diversité des membres, l'accueillir à bras ouverts." Les membres partageraient leur vision et leurs principes communs. Il pourrait aussi y avoir du soutien sans qu'il soit nécessaire de s'entendre sur tous les points. Même si nous ne sommes pas d'accord, nous n'entraverons pas les actions des autres.

"La solidarité au sein du Réseau" souligne notre façon de parler d'une seule voix, de relier les groupes régionaux et de trouver du soutien. Ce point serait clarifié dans l'énoncé de mission et dans les buts et objectifs du Réseau.

GROUPES DE TRAVAIL

Les participantes ont accepté de former trois groupes de travail pour traiter des questions et des stratégies suivantes: financement, communications et adhésion. Des femmes et des organismes pourraient se joindre aux groupes pour élaborer des idées créatrices relatives au Réseau. Ces personnes et organismes pourraient demeurer en contact avec les membres du Comité de coordination qui veillerait à ce que les idées et propositions soient communiquées aux participantes intéressées dans leur région à des fins de rétroaction et de discussion.

Groupe De Travail Sur Le Financement

Nombre des groupes qui se sont réunis le samedi et le dimanche ont désigné des stratégies de financement en particulier. Il s'agissait, entre autres, du lancement de notre propre entreprise, des investissements, d'une échelle variable pour les cotisations des membres et les dons. Certaines participantes ont suggéré que nous pourrions subvenir à nos propres besoins, sans aucune subvention gouvernementale, tout en recherchant des services et des ressources de tout genre. Le groupe de travail devra approfondir ces suggestions. (Voir les suggestions à la Section B)

Groupe De Travail Sur Les Communications

Le Groupe de travail sur les Communications évaluerait les besoins en communication des participantes du Réseau; il élaborerait des plans à long terme pour les divers types de communications parmi les membres du Réseau, selon leurs besoins (voir la Section B).

Les participantes ont décidé que les questions suivantes devaient être traitées immédiatement:

- Il nous faut une stratégie à court terme suffisamment simple pour nous permettre de demeurer en contact. Les groupes régionaux devraient reconnaître les modes de communications à leur disposition, par exemple, un télécopieur, le courrier électronique, ou un budget pour appels interurbains. Il est important de pouvoir rejoindre tous les groupes et de ne pas exclure de groupes intéressés (soit un groupe qui n'a pas accès à un télécopieur). Déterminer les options permettant de maintenir le contact et d'entamer les échanges.

- Lorsqu'il devient nécessaire de lancer un appel à l'action - pour rejoindre les groupes qui pourraient désirer exercer des pressions pour faire avancer une question - les personnes-ressources régionales ou provinciales ainsi que les organismes nationaux pourraient établir une chaîne ou une sorte d'arbre pour transmettre l'information. Nous devrions utiliser les modes de communication à notre disposition. Le rôle des personnes-ressources régionales est essentiel.
- Nous devons utiliser les médias écrits dont nous disposons déjà. Healthsharing est une importante ressource de langue anglaise et nous devons trouver le moyen de poursuivre sa publication. Nous devons veiller à avoir des options bilingues. Il n'est peut-être pas nécessaire de créer notre propre bulletin; cependant, nous devons nous servir des outils déjà disponibles. Nous pouvons échanger des articles et les reproduire. Divers bulletins pourraient servir à échanger de l'information provenant du Comité de coordination et chacun pourrait s'occuper, à tour de rôle, d'envoyer les bulletins aux personnes dont le nom figure sur la liste de diffusion du Réseau. Nous pourrions décider de travailler à la création d'un bulletin bilingue plus permanent à titre d'objectif à long terme; cependant, il est aussi important d'exploiter les outils existants.
- Le groupe de travail sur les communications pourrait trouver diverses façons d'accéder à d'autres médias et de les utiliser pour atteindre plus de femmes qui dépendent des médias tels que les cassettes, le braille et les gros caractères. Les appareils pour les malentendants, comme les ATS peuvent aussi être utiles. Divers regroupements féminins y ont déjà accès.
- La télévision, la radio et la presse communautaire peuvent aussi faciliter la transmission de notre message à la collectivité; de plus, ces services sont souvent gratuits.
- Le Groupe de travail étudierait des stratégies à long terme pour le réseau des communications grâce au courrier électronique, à l'accès aux bases de données informatiques, aux babillards, aux systèmes de téléconférence et d'information (soit Internet, etc.). Ses membres désigneraient les bases de données existantes les plus susceptibles d'être utiles au Réseau et la façon d'y accéder tout en évitant le double-emploi. Ses membres pourraient chercher des fonds pour l'informatisation et la formation.

Groupe De Travail Sur L'adhésion

"Pourquoi est-il important d'être membre du Réseau? Exception faite d'un tel honneur, naturellement!"

La discussion ayant trait à l'adhésion a été entamée durant la Consultation comme le démontrent les extraits de cette discussion. Plusieurs questions importantes en sont ressorties:

Lors des discussions du dimanche soir, les femmes ont suggéré que l'adhésion pourrait être différente de l'accès au Réseau. Des femmes pourraient accéder au Réseau. Les organismes seraient membres et pourraient prendre des décisions quant au fonctionnement et aux objectifs du Réseau.

Cette option a été proposée à des fins de discussion; la question des membres individuelles et organisationnelles a donné lieu à de vifs échanges. La discussion a démontré comment la structure du Réseau était étroitement liée aux fonctions de celui-ci. L'option propose ce qui suit: "Les organismes féminins et mixtes (ceux qui embauchent des hommes et des femmes ou qui leur dispensent des services) qui respectent notre énoncé de mission en tout point peuvent devenir membres du Réseau canadien pour la santé des femmes; cependant, ils doivent être représentés par une femme. Nous nous rendons compte que des femmes peuvent travailler activement dans divers secteurs de la santé des femmes dans des régions ou parties du Canada où il n'y a pas encore de groupe organisé; nous les encouragerions et les aiderions à former un groupe pour leur permettre de devenir membres. Les membres organisationnelles pourraient voter et participeraient au processus décisionnel quant aux orientations et à la politique du Réseau. Les femmes pourraient accéder aux ressources du réseau."

Il n'y a pas eu de consensus quant aux critères d'adhésion. Le groupe de travail sur l'adhésion devait étudier les questions soulevées plus en détail pour ensuite soumettre des propositions.

LES RÉGIONS S'ORGANISENT

A la suite de ces discussions, les groupes régionaux se sont réunis pour désigner leur représentante au sein du Comité de coordination et la personne-ressource représentant le Réseau dans leur région. On a aussi demandé aux femmes d'indiquer si leur organisme ou elles-mêmes désiraient participer aux efforts de l'un des trois groupes de travail ou s'il y avait d'autres tâches ou responsabilités que leur groupe pourrait assumer.

On a demandé aux représentantes régionales désignées pour faire partie du Comité de coordination de se placer au milieu de la salle. Selon la structure du Comité de coordination qui avait été déterminée antérieurement par toutes les participantes, et compte tenu des discussions importantes qui ont eu lieu durant le week-end sur le désir de tout englober, les participantes ont alors déterminé les secteurs qui étaient déjà représentés et ceux qui ne l'étaient pas.

Les représentantes régionales comprenaient des femmes handicapées, des immigrantes, des femmes noires et des jeunes. On a sollicié la collaboration d'une femme d'âge mûr pour représenter le point de vue de ces femmes. Toutes ont été ravies lorsque Mary Burlie leur a fait profiter de sa grande sagesse. Valerie Brooks est devenue membre du Comité de coordination, auquel elle apporte sa perspective de femme autochtone; Margo Fauchon, représentera la femme francophone minoritaire hors Québec; Carla Marcelis apportera le point de vue des lesbiennes.

On a convenu que le Comité de coordination se chargerait de nommer les représentantes du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest étant donné que les participantes de ces régions avaient déjà quitté. La composition du Comité de coordination intérimaire a été ratifiée par les participantes avec une bonne main d'applaudissements et des cris de joie!

MISE A JOUR DU RCSF

Sept. 1993 à déc. 1994

Au cours des mois qui ont suivi le Forum-Consultation, le Comité de Winnipeg a collaboré à la rédaction de l'ébauche du rapport anglais de la Consultation ainsi qu'aux activités locales de suivi. Plusieurs participantes à la Consultation sont rentrées chez elles et ont organisé des rencontres pour parler du Réseau et intéresser d'autres femmes dans leur région.

Malheureusement, Healthsharing, qui avait servi d'ancrage au RCSF, a cessé d'être publié à la fin de 1993. Cette décision, imposée par les coûts sans cesse croissants et la baisse des revenus, a été des plus tristes et difficiles. Ses rédactrices espéraient ne pas en arriver là; elles ont hésité à faire connaître leur décision avant d'en être certaines.

Étant donné que Healthsharing avait été responsable du projet du Réseau, il fallait s'occuper des autres engagements. Ceci comprenait deux numéros régionaux de la revue au Québec et dans le Nord. De plus, les responsables de Healthsharing avaient convenu de rechercher du financement pour la traduction et la publication du rapport sur le Forum-Consultation. Le Comité de Winnipeg n'avait pas les ressources pour couvrir toutes les dépenses associées au rapport final.

Au début de 1994, la Women's Health Clinic à Winnipeg, qui avait été l'un des hôtes du Forum-Consultation, a accepté d'assumer la responsabilité du reste du projet à la suite d'échanges avec Santé Canada et le conseil d'administration de Healthsharing. Le Regroupement des Centres de Santé des Femmes au Québec a assumé la tâche de coordonner le numéro du Québec et de trouver un distributeur. La revue Herizons, une publication féministe canadienne de langue anglaise dont le siège social est à Winnipeg a été retenue pour publier un numéro pour le Nord et une version anglaise du rapport québécois, et distribuer le tout. La Women's Health Clinic soumettra un rapport à Santé Canada et veillera à remplir les autres obligations inscrites au contrat de Healthsharing.

Le Comité de coordination du RCSF a organisé une téléconférence le 26 juin 1994 pour mettre tout le monde au courant, pour partager de l'information et pour diviser les tâches. Même si un certain élan s'est perdu au cours de l'année, il y a eu beaucoup d'enthousiasme et de soutien pour aller de l'avant. De plus, nombre de membres du Comité de coordination ont pu se rencontrer à Ottawa en septembre 1994 lors du Symposium sur la Santé des femmes organisé par le Conseil consultatif sur la situation de la femme.

Nous remercions la firme de communication Deshaies, scribes d'Ottawa, Gisèle Lamontagne, une traductrice de Cantley (Québec), et Manuela Dias, une designer de Winnipeg, qui ont fait don d'une partie de leur travail en vue de permettre la rédaction finale de ce rapport de la Consultation.

Depuis le Forum-Consultation à Winnipeg, des regroupements pour la santé des femmes ont organisé de nombreuses initiatives importantes. Un des haut-faits a été le Forum national pour le cancer du sein, tenu en octobre 1993 à Montréal. Grâce aux partages de survivantes du cancer qui ont demandé une participation égale aux discussions et aux décisions, les approches du traitement et de la recherche touchant le cancer du sein sont en voie d'être transformées. Le reséautage parmi les groupes s'intéressant au cancer du sein d'un bout à l'autre du pays a été renforcé. D'autres groupes coordonnent les réponses au Rapport de la Commission royale sur les nouvelles techniques de reproduction (NTR) qui a été publié le 30 novembre 1993. De plus, le DisAbled Women's Network/DAWN Canada a organisé une importante conférence à Vancouver sur les NTR. De nombreux regroupements pour la santé des femmes, ainsi que des individus, soumettent leurs commentaires aux gouvernements provinciaux sur les stratégies et les effets de la "réforme de la santé"; ils continuent d'offrir une vaste gamme de services malgré les budgets sans cesse réduits. La création d'une base de données sur la santé des femmes à la Vancouver Women's Health Collective va bon train.

La formation de ENSEMBLE a été une autre initiative de marque. Le Réseau pan-canadien des Centres de femmes a été créé lors d'une conférence tenue à Winnipeg en septembre 1994. Les organisatrices ont demandé aux membres du RCSF de travailler ensemble étant donné qu'elles étaient impliquées dans un projet visant à étudier et à rehausser les activités de promotion de la santé auprès des femmes partout au Canada. Lors d'un atelier de la Conférence tenue en 1994, les femmes ont établi certains buts communs et certaines façons de communiquer par courrier électronique.

A la suite de cette rencontre et des discussions des membres du Comité de coordination à Ottawa la semaine suivante le Symposium sur la santé des femmes, certaines idées concrètes sur lesquelles nous pourrions travailler ont fait surface. Des fonds ont été obtenus dans le cadre de l'Initiative nationale sur les femmes et le tabagisme de Santé Canada en vue d'effectuer une étude de trois mois auprès des groupes de santé pour les femmes et des centres féminins au sujet de leur travail actuel et de leurs intérêts futurs dans le domaine des femmes et du tabagisme. Grâce à ce projet, les regroupements pour la santé des femmes pourraient communiquer électroniquement. L'étude de faisabilité sera effectuée entre janvier et le 31 mars 1995.

Récemment, Santé Canada a annoncé un investissement de 12 millions de dollars dans plusieurs Centres d'excellence pour encourager la recherche et le développement d'une politique en matière de santé des femmes. Dans sa quête d'information, Abby Hoffman, Directrice générale du Bureau pour la santé des femmes à Santé Canada, a consulté certains des groupes de femmes impliquées dans le RCSF pour discuter des buts et des structures possibles.

Tout comme le suggèrent les "Stratégies d'action," il y a de nombreuses façons de faire partie d'un processus à la fois vaste et important visant à relier les groupes de femmes d'un bout à l'autre du pays, et d'appuyer ce processus. Les retards et les refontes de groupes font partie de l'evolution de ce processus.

STRATÉGIES: COMMENT S'IMPLIQUER

"Un énorme système de communications ne tombe pas des cieux; il faut le créer."

Nous espérons que vous désirer vraiment vous impliquer. Vous pouvez le faire de nombreuses façons.

COMMUNIQUEZ AVEC UNE PERSONNE DÉJA IMPLIQUÉE

Les groupes et les personnes qui désirent s'impliquer auprès du Réseau devraient trouver les membres ou les personnes-ressources du Comité de coordination dans leur région (voir l'Annexe) et entrer en communication avec elles pour obtenir plus de renseignements sur les activités dans leur secteur.

ORGANISEZ DES RENCONTRES LOCALES OU RÉGIONALES POUR PARLER DU RÉSEAUTAGE

Utilisez ce processus pour organiser les services de santé pour les femmes au niveau local.

Les liens régionaux sont à la base même du Réseau à l'échelle du pays. Discutez de certaines questions présentées dans ce rapport et d'autres sujets qui sont importants pour vous et votre groupe en ce qui concerne les services de santé pour les femmes. Communiquez avec certains des groupes présentés ici si vous désirez obtenir des ressources.

UTILISEZ LE PROCESSUS D'ÉTABLISSEMENT D'UN RÉSEAU DÉJA ENTAMÉ

Si vous lancez un appel à l'action et désirez que les autres soient au courant, communiquez avec des groupes inscrits sur la liste du Réseau. Si vous demandez de l'aide, exprimez vos besoins de façon précise.

EXAMINEZ LA POSSIBILITÉ DE DEVENIR MEMBRE D'UN GROUPE

Partagez vos idées et vos compétences. Nous avons hâte de recevoir des nouvelles des femmes intéressées à devenir membres des groupes de travail sur les communications, le financement ou l'adhésion; nous vous mettrons en contact avec des gens partout au pays. Si une personne de votre région est déjà impliquée, communiquez avec elle. Si non, communiquez avec les gens du Manitoba.

FAITES-NOUS PART DE VOTRE RÉTROACTION

Si vous avez des commentaires à formuler quant à notre énoncé de mission, les structures possibles de Réseau, les gens qui pourraient servir de personnes-ressources - des idées créatrices, notez-les ou enregistrez-les; puis, transmettez-les nous. L'expertise des femmes aux quatre coins du pays est énorme; le partage fait notre force.

RECHERCHEZ DU FINANCEMENT

"Personnellement, il me semble que nous n'avons pas de choix . . . nous sommes déjà lancées, nous avons décidé que nous désirions ce mouvement . . . nous décidons de participer; ainsi, les organismes offrent 200 dollars, 100 dollars, ce qu'ils peuvent. C'est là notre force; nous devons aller de l'avant avec les ressources à notre disposition."

"Combien de groupes avaient beaucoup d'argent lorsqu'ils ont été créés? Dois-je élaborer? Je sais que nous devons être réalistes et que l'argent est difficile à trouver; cependant, combien d'entre nous avaient de l'argent à profusion lorsque nous nous sommes lancées dans notre travail?"

Nombre de femmes présentes à la Consultation ont noté que si nous voulons brasser des affaires, nous sommes les seules responsables de notre financement. Les groupes devraient penser à économiser même les plus petites sommes d'argent pour contribuer aux coûts du courrier, du téléphone, du télécopieur, du courrier électronique, tout ce qu'ils ont et chercher à se procurer des ressources matérielles.

Il n'y a pas de rencontre nationale prévue dans un proche avenir; cependant, les appels conférences, les réunions informelles lorsque les femmes se déplacent pour d'autres raisons, ainsi que les conférences électroniques sont diverses façons de garder le contact. Faites preuve de créativité pour dénicher quelques sous ici et là pour poursuivre votre travail! Faites-nous parvenir vos nom, adresse et autres renseignements au sujet de votre groupe pour notre base de données! N'oubliez pas qu'il est primordial pour les femmes de se mobiliser dès maintenant afin d'assurer un avenir sain.


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