LES LIENS FONT LA FORCE: LA MISE SUR PIED DU RÉSEAU CANADIEN POUR LA SANTÉ DES FEMMES


Rapport sur le forum-consultation tenu à Winnipeg (Manitoba) du 21 au 24 Mai 1993 et mise à jour sur les activitiés du réseau pour 1994


SECTION B: LA CONSULTATION


Section B: La Consultation


SECTION B: LA CONSULTATION

"Avez-vous examiné d'autres modèles, comme un cercle par exemple? Lorsque nous pensons aux organismes nationaux, aux alliances ou aux réseaux, il n'est pas toujours nécessaire d'avoir un centre si nous avons un cercle. Il existe un autre modèle qui fonctionne ainsi. Au sein d'un réseau, le travail à faire peut être partagé entre divers groupes; il peut être effectué dans divers secteurs. Les déplacements d'un bout à l'autre du pays sont très coûteux; il n'est pas primordial pour nous d'être regroupées dans une salle pour prendre une décision; le travail peut être réalisé par divers groupes qui assument des tâches différentes et qui utilisent d'autres réseaux.

"Par exemple, si vous parlez d'action politique, nous avons divers organismes qui sont orientés vers l'action politique dans nos districts respectifs; nous pouvons y accéder par des voies différentes. Il n'est pas nécessaire pour un autre organisme de voir à tous nos besoins; nous devons savoir de façon précise quels besoins seront satisfaits par tel réseau ou telle alliance. Nous sommes toutes très occupées. Nous avons constaté ici que nous n'avons pas disposé de suffisamment de temps - aurons- nous plus de temps une fois rentrées à la maison? Nous devons donc partager le travail et éviter le dédoublement; de plus, nous devons attribuer certaines tâches à d'autres gens et nous regrouper au besoin ou lorsque nous désirons utiliser d'autres modes de communication ou d'autres systèmes de partage d'information."

--Participante à la Consultation

PLANIFICATION DE LA CONSULTATION

LE COMITÉ ORGANISATEUR LOCAL

Le Comité organisateur local était composé de dix femmes de Winnipeg. Certaines d'entre elles étaient membres du Women's Health Interaction Manitoba (WHIM), un réseau informel oeuvrant dans les domaines de l'éducation, de l'action et de la représentation des questions touchant la santé des femmes partout dans la province; d'autres se sont jointes au comité motivées par un désir plus précis de créer un réseau à l'échelle du pays. Certains membres du Comité représentaient des centres de santé communautaires ou d'autres organismes (Women's Health Clinic, Klinic, Inc., Women's Health Research Foundation, Pluri-Elles) à titre d'employées ou de bénévoles; d'autres désiraient partager leurs compétences et jouer un rôle actif à titre individuel.

Nous travaillons et avons travaillé comme infirmières, travailleuses sociales, éducatrices dans le domaine de la santé, représentantes des droits des personnes handicapées, artistes, coordonnatrices bénévoles, scientifiques, infirmières-auxilliaires, étudiantes et professeures. Nous sommes célibataires ou nous avons un(e) partenaire, hétérosexuelles ou lesbiennes. Certaines d'entre nous n'ont pas d'enfants, d'autres ont des fils, des filles et des petits-enfants. Nous sommes francophones, anglophones, catholiques, protestantes ou juives; nous représentons divers groupes ethniques et expériences d'immigration - Italiennes, Portugaises, Européennes de l'Est, Écossaises, Irlandaises et Françaises. Nous avons des compétences et des handicaps divers. Nos âges varient entre 27 et 59 ans. (Voir la liste du Comité présentée à l'Annexe).

Au tout début de l'historique du projet, WHIM et la Women's Health Clinic avaient offert d'organiser un Forum-Consultation à l'échelle du pays. A titre de centre géographique du pays et en tant qu'endroit où la collectivité féminine est forte et diversifiée, Winnipeg semblait le choix logique pour lancer un réseau. WHIM était un des premiers groupes impliqués dans le projet de réseau; de plus, il avait coordonné la rédaction de la demande de financement finale soumise à Santé et Bien-être social Canada. Au tout début, le groupe voulait organiser une tournée de la pièce Side Effects en province, en 1984-1985. Depuis, les femmes impliquées au sein de WHIM ont tenté de créer des liens partout dans la province parmi les femmes actives dans le domaine de la santé grâce à la commandite d'ateliers, de conférences et de publications intitulées "Health Information Updates," un bulletin traitant de questions de santé chez les femmes et d'initiatives entreprises dans la province. La décision d'organiser le Forum-Consultation a été prise par le groupe à la suite d'une année "tranquille" de soutien mutuel, de discussion et d'absence de tout projet d'importance. Nous avons accueilli avec joie le nouvel élan insufflé à notre travail et l'occasion de contribuer à un processus plus vaste qui nous permettrait aussi d'en apprendre beaucoup.

Les forces du comité ont été mises à l'épreuve au cours des dix mois de planification intense, surtout ceux qui ont précédé l'activité même, lorsque nous avons dû nous rencontrer souvent. Pendant tout ce temps, nous avons pu échanger des idées et des suggestions, maintenir une atmosphère de respect mutuel permettant d'écouter et d'être écoutées, travailler jusqu'à l'obtention d'un consensus, conserver notre sens de l'humour et en ressortir de bonnes amies. Après une pause, nous demeurons enthousiastes et déterminées à créer le Réseau. Nous en sommes même rendues à recruter de nouvaux membres.

"Pendant tout ce temps, nous avons pu échanger des idées et des suggestions, maintenir une atmosphère de respect mutuel permettant d'écouter et d'être écoutées, travailler jusqu'à l'obtention d'un consensus, conserver notre sens de l'humour et en ressortir de bonnes amies. Après une pause, nous demeurons enthousiastes et déterminées à créer le Réseau."

LES DÉBUTS

Le Comité organisateur, en consultation avec la revue Healthsharing, a élaboré la description des tâches de la coordonnatrice de la Consultation. Cette personne travaillerait en étroite collaboration avec le Comité organisateur, soumettrait des rapports à celui-ci et aux responsables de Healthsharing, veillerait à la coordination de tous les aspects de la logistique reliés à la conférence, rédigerait la correspondance et élaborerait le matériel de promotion, assurerait la liaison avec les regroupements communautaires, les ministères, les institutions de santé, etc., selon les besoins; enfin, elle rédigerait le rapport final. A la suite d'un processus d'embauche ouvert, Sari Tudiver a été retenue pour ce poste. Lorsque la tâche s'est accrue au fil des mois précédant la Consultation, Michelle Cenerini a été embauchée à temps partiel pour assumer les fonctions de coordonnatrice de liaison, chargée des contacts directs avec les participantes francophones et à d'autres tâches organisationnelles.

La Women's Health Clinic a servi de "Centre" pour la Consultation, offrant espace de bureau, téléphone, télécopieur, et un soutien administratif. Le budget de la Consultation était administré par le comité organisateur, la coordonnatrice et la Directrice des finances de la clinique; de plus, des rapports trimestriels ont été soumis à Santé et Bien-être social Canada par l'intermédiaire de Healthsharing. Le soutien organisationnel de la Women's Health Clinic s'est avéré essentiel au succès global de la Consultation. L'une des premières tâches consistait à décider de l'endroit où tenir la Consultation. Nous avons discuté avec divers groupes de personnes handicapées et avec des femmes qui avaient participé à d'autres conférences pour savoir quoi rechercher en matière d'installations. Nous voulions trouver un endroit accueillant et confortable qui comportait des installations permetant aux femmes de faire de l'exercice et de nager; de plus, nous voulions pouvoir satisfaire aux besoins de nos participantes végétariennes. Nous recherchions aussi un hôtel dont les employées étaient syndiquées. Le Delta de Winnipeg répondait à ces critères et offrait un prix acceptable. Une fois l'emplacement choisi, nous pouvions passer à la planification d'autres aspects.

LE SÉLECTION DES PARTICIPANTES

L'élaboration Des Critères, La Consultation, La Promotion

La Consultation devait être une rencontre de travail en vue de discuter de stratégies et non pas une conférence traitant des questions de santé touchant les femmes. Au cours des premières réunions avec des femmes partout au pays, on nous a suggéré d'inclure des femmes provenant d'environ 60 groupes, un nombre adéquat pour ce type de rencontre. Les groupes - plus que les personnes individuelles - seraient sollicités pour offrir du soutien à leurs représentantes au retour de la Consultation; ils auraient aussi la responsabilité de faire connaître le Réseau dans leur région. On a aussi suggéré que toutes les participantes soient entièrement subventionnées afin qu'elles puissent toutes participer également. Les plus petits groupes possédant des ressources restreintes seraient peut-être plus intéressés s'ils savaient pouvoir bénéficier d'une pleine subvention. Lorsque le comité a étudié le budget et a discuté de la diversité de femmes invitées, il a été décidé de prévoir une participation de 80 à 100 femmes.

Pour regrouper des femmes de toutes les provinces et des territoires, tout en incluant des femmes provenant de divers milieux, nous avons convenu d'établir un processus de sélection. Nous avons élaboré des listes de questions touchant la santé des femmes, de secteurs et d'antécédents que les groupes pourraient représenter, des types de groupes et d'organismes dans lesquels les femmes pourraient travailler, ainsi que des différences régionales, telles centre urbain, petite ville ou région rurale. Tout ceci a permis de prévoir les diversités possibles. L'élaboration d'un processus équitable et flexible a exigé beaucoup de discussions, de consultation et de pondération.

En tout premier lieu, le Comité organisateur a élaboré les critères stipulant les valeurs et les principes jugés importants pour l'établissement d'un réseau et qui avaient fait l'objet de discussions lors de réunions antérieures à Montréal et à Toronto. Puis, nous avons distribué une ébauche des critères à 25 regroupements anglophones et francophones dont la moitié ont formulé des sugggestions ou souligné certains points devant être clarifiés. De plus, les responsables de Healthsharing ont invité un groupe de femmes à Toronto pour réviser les critères; ces femmes ont offert une rétroaction des plus utiles, tout comme l'ont fait nombre de femmes de Winnipeg.

Nous avons ensuite incorporé les suggestions à la version finale (Voir l'Annexe). Les femmes nous ont demandé d'être précises quant aux rôles et aux responsabilités des organismes participants et des représentantes, tant avant qu'après la Consultation. Notre approche pour attirer les femmes provenant de toutes les régions et témoignant des perspectives de nombreux secteurs n'a pas été très contestée. Les répondantes appréciaient un processus de sélection selon lequel un comité étudierait les demandes et choisirait les groupes participants, selon ces critères. Elles ont aimé la proposition prévoyant que chaque groupe désigne ses représentantes. Plusieurs femmes ont souligné que les critères respectaient les femmes et leurs besoins.

Nous avons ensuite préparé des trousses d'information à envoyer aux divers regroupements partout au pays. Ces trousses présentaient les buts et l'historique du Projet, les objectifs de la Consultation, les critères d'admission et les formulaires de demande. Au début du mois de septembre 1992, nous avons élaboré des listes de diffusion qui nous permettraient d'atteindre le plus grand nombre possible de groupes, d'organismes et d'institutions oeuvrant dans le domaine de la santé des femmes au Canada. Nous devons certains adresses à des femmes qui avaient travaillé à l'échelle régionale pour Healthsharing en C.-B., en Alberta et dans les Maritimes. D'autres listes nous ont été fournies par la Fédération nationale des femmes canadiennes-françaises, la Native Women's Association of Canada, le YWCA ainsi que les conseils consultatifs provinciaux sur la situation de la femme. En tout, nous avons envoyé plus de 500 trousses en anglais et environ 225 trousses en français. Les responsables de Healthsharing ont publié une annonce et des articles sur la Consultation dans ses divers numéros de l'année. Nous avons organisé des rencontres avec des femmes des collectivités de personnes handicapées et immigrantes à Winnipeg; de plus, nous avons encouragé les autres partout au pays à passer le mot.

Tout ceci a pris beaucoup plus de temps que nous ne l'avions cru. Nous avons commencé à envoyer les trousses d'information et les formulaires de demande en janvier 1993. Cependant, les femmes communiquaient déjà avec nous des quatre coins du pays pour obtenir de l'information au sujet de la Consultation. Nous avons entamé la compilation d'une base de données informatique des ressources pouvant servir au développement du Réseau.

PRINCIPES DE BASE, SÉLECTION DES PARTICIPANTES

A. Le processus de sélection pour la représentation au forum repectera la diversité des expériences et bagages personnels des femmes tout en accordant une importance aux questions d'accès, tout particulièrement pour les femmes handicapées. Tout sera mis en oeuvre pour:

Accueillir des représentantes d'âge, de race, d'origines ethniques et socio-économiques variées, quelles que soient leurs habiletés, orientation sexuelle et expériences.

Répondre aux besoins des femmes qui seront présentes en matière de langue de communication. Le forum compte offrir des services de traduction en anglais, en français et en langage par signes pour malentendants. Nous encourageons les femmes à nous faire connaître tout autre besoin en matière de langue. Encourager la participation, grâce à une campagne d'information importante, des femmes et des groupes/organismes, travaillant dans le domaine de la santé des femmes, qui ont pu être oubliés lors d'autres activités.

B. Le forum accueillera des femmes de partout au Canada. On mettra tout en oeuvre pour que:

Des groupes/organismes de femmes des territoires et des provinces du Canada soient représentés au forum.

Dans chaque province, on puisse présenter des perspectives de toutes les régions: nord, zones rurales, petites villages et villes.

Des groupes, oeuvrant dans le domaine de la santé des femmes, souvent oubliés en raison de leur situation géographique puissent avoir accès au processus; pour ce faire, il faut que nous en rejoignons le plus possible.

C. Les représentantes au forum seront des femmes qui travaillent pour que des changements soient adoptés dans toute une gamme de questions de santé au sein de leur travail communautaire. Les représentantes au forum seront des femmes travaillent ou touchant à différents aspects de la santé des femmes, sur les plans physique, émotif et mental.

D. Le processus de sélection pour la représentation au forum respectera les différents types d'organismes ou groupes ainsi que l'éventail d'expériences et de compétences des femmes qui travaillent pour que des changements soient adoptés dans le système des soins médicaux. Les participantes représenteront différent types de groupes ou d'organismes et seront des employées rémunérées, des bénévoles, des bénéficiaires de services, des organisatrices et des activistes, toutes concernées par la santé des femmes.

E. Les représentantes devraient se montrer déterminées à vouloir un système de soins médicaux accessible, équitable, juste et qui réponde de façon sensible aux besoins des femmes, et avoir déjà travaillé en ce sens. Ces objectifs sont compatibles avec une perception féministe de la santé.

F. Le groupe de représentantes au forum ne devrait pas comprendre de femmes ou d'organismes dont la philosophie va à l'encontre des droits et de l'égalité des femmes ou qui, d'une façon ou d'une autre, ignore ou encourage le racisme ou d'autres formes de discrimination.

G. Les représentantes doivent être prêtes à appuyer la gestion de réseau et à en poursuivre le processus.

Le Choix Des Participantes

Nous avons reçu cent trente demandes d'un bout à l'autre du Canada. Au fur et à mesure que les demandes nous parvenaient, nous avons surveillé d'où elles provenaient et la diversité des groupes. Lorsque nous avons noté des lacunes, nous avons tout fait pour communiquer avec des organismes de la région touchée pour les encourager à envoyer une demande. Nous avons été flexibles quant aux dates limites et nous avons accepté des demandes jusqu'au début du processus final de sélection.

Tous les membres du Comité organisateur et trois représentantes de Healthsharing ont lu toutes les demandes de langue anglaise. Trois membres bilingues du comité ont lu toutes les demandes de langue française. Chaque membre du Comité était responsable de l'étude approfondie d'un certain nombre de demandes et de la présentation de celles-ci aux autres membres. Nous avions un formulaire pour résumer l'information au sujet de l'organisme et l'évaluer selon des critères établis.

Nous avons fixé des limites flexibles quant au nombre de participantes de chaque province ou territoire, en nous fondant vaguement sur les statistiques concernant la population. Nous avons aussi étudié les statistiques récentes relatives à la composition ethnique de la population canadienne. Cependant, nous n'avons pas utilisé ces chiffres de façon rigoureuse étant donné que nous voulions inclure le plus grand nombre possible d'organismes et de femmes ayant des antécédents, des compétences et des expériences diversifiés.

Comme toutes les demandes étaient faites par des participantes ne manquant pas de mérite, il n'a pas été facile d'équilibrer la représentation selon les régions et les secteurs. Nous avons tenté d'évaluer la capacité des groupes de s'impliquer dans l'établissement du réseau après la Consultation. Nous avons privilégié les groupes qui avaient cette capacité, mais n'avaient peut-être pas eu l'occasion d'assister à une telle rencontre, tels les groupes de femmes en région rurale, de femmes immigrantes ou autochtones. Nous avons mis plusieurs jours à effectuer la sélection, à préparer des tableaux et des cartes; nous avons aussi bu beaucoup de thé et avons extrait encore plus d'argent du budget pour inclure quelques groupes supplémentaires. Toutes les décisions ont été prises à la suite d'un consensus.

Une fois la sélection faite, nous avons envoyé des lettres aux personnes qui n'avaient pas été choisies pour leur expliquer le processus et les encourger à poursuivre leurs efforts. Nous avons souligné que la Consultation n'était que la première étape vers la création d'un réseau. Nous leur avons demandé de nous communiquer leur rétroaction et leurs idées en répondant aux questions que le Comité devait distribuer aux participantes. (Voir l'Annexe). Elles recevront une copie de ce rapport ainsi que l'information sur la façon de s'impliquer. Certains groupes ont communiqué avec nous pour discuter de ce refus; nous leur avons alors expliqué le processus.

Pour évaluer le processus de sélection, le Comité a accepté les services bénévoles de Angie Balan, une étudiante de deuxième cycle en Service social à l'Université du Manitoba et une bonne statisticienne. Elle a examiné nos critères et nos décisions à l'aide des formulaires que les membres du comité avaient remplis sur chaque organisme. Somme toute, elle a trouvé le processus juste et conforme aux objectifs fixés quant au caractère englobant. La première semaine d'avril 1993, nous avons pu envoyer des lettres aux participantes. Nous accusions un retard et avons dû rapidement passer à l'élaboration de l'ordre du jour final pour la Consultation.

Élaboration D'un Ordre Du Jour

Nous avions discuté longuement l'ordre du jour et de "l'ambiance" de la Consultation avec Hazelle Palmer et Amy Gottlieb, de Healthsharing, et d'autres femmes tout au long de l'année précédente. Nous voulions toutes que la Consultation soit accessible et mette les participantes à l'aise tout en étant une rencontre de travail. Des services linguistiques seraient offerts en français, en anglais et en langage gestuel (LSA). Il nous faudrait pour cela trouver des fonds. Nous tenterions d'offrir des services dans d'autres langues de façon informelle.

L'objectif global de la rencontre était la formulation d'un plan d'action pour les prochaines années en vue de renforcer la création du Réseau. De plus, nous désirions développer un sentiment de confiance, de respect et de solidarité entre les femmes présentes et ainsi jeter les bases du Réseau. Nous considérions toutes les participantes comme des expertes, ayant des connaissances sur l'établissement d'un réseau dans leur région et sur des sujets en particulier. Une formule alliant des séances plénières et des réunions informelles de groupes de travail et permettant aux femmes de participer activement convenait à cette approche. Nous voulions que les femmes partagent leurs expériences et leur expertise pendant ce week-end. Nous avons tenté d'allouer du temps pour socialiser et échanger de l'information et des ressources.

En élaborant l'ordre du jour, nous avons tenté de fusionner l'aspect personnel et la politique: les femmes mettraient en commun leurs antécédents personnels et leurs expériences de travail dans le domaine de la santé des femmes, discuteraient du mandat, des objectifs et des façons d'organiser un réseau tout en élaborant un plan d'action pour les prochaines années. Tout en nous concentrant sur le plan national, nous avons tenté d'allouer du temps pour les stratégies régionales. Nous n'avions pas de modèle spécial à mettre de l'avant en vue de créer un réseau et nous croyions que le groupe en déciderait. Toutes croyaient qu'il était important d'avoir des animatrices durant cette rencontre pour veiller à ce que les participantes ne partent pas sur des tangeantes et qu'elles progressent constamment vers le but consistant à élaborer un plan d'action.

Au fur et à mesure que le moment approchait, nous nous sommes senties ensevelies sous les détails et restreintes quant au personnel. Nous avons profité au maximum du temps des bénévoles. Nous avons décidé de retenir les service du Popular Theatre Alliance of Manitoba (PTAM) pour nous aider à apporter la touche finale à l'ordre du jour et pour offrir les services d'animation. PTAM utilise l'approche du théâtre populaire pour favoriser le développement communautaire, animer des conférences et des réunions; de plus, cet organisme a travaillé avec des collectivités ethniques et du centre-ville de Winnipeg. Deux membres de notre comité de planification comptaient parmi les six animatrices embauchées par PTAM. De plus, nous avons assigné des "animatrices de soutien" à chaque groupe. Nous avons veillé à ce qu'au moins trois des six groupes de travail aient des animatrices ou des animatrices de soutien bilingues.

Nous avons élaboré l'ordre du jour de la réunion, conscientes de la nécessité de demeurer flexibles et sensibles à ce qui se passerait durant le week-end pour apporter des changements au besoin. Nous avons envoyé l'ordre du jour, la liste des participantes et de l'information aux participantes environ deux semaines avant la Consultation. Puis, nous avons vu aux derniers aspects de la logistique de la réunion - horaires de lignes aériennes, affectation des salles, diètes spéciales, fournitures, entrevues médiatiques pré-Consultation et plusieurs autres détails. La Women's Health Clinic a organisé une discussion d'expertes, pour le grand public la soirée avant la Consultation; quelques participantes ont pris la parole à titre de conférencières. L'enthousiasme montait tandis que nous nous préparions à l'arrivée des participantes.

HAUT-FAITS DU GROUPE D'EXPERTES, LE VENDREDI 21 MAI 1993 L'ANGOISSE ET L'EXTASE DU TRAVAIL DANS LE DOMAINE DE LA SANTÉ DES FEMMES

Nous avons demandé aux membres de ce groupe de parler brièvement de leurs difficultés personnelles et de leur engagement dans le domaine de la santé des femmes ainsi que de ce qui les inspire dans leur travail. Justine Kiwanuka (Disabled Peoples International), Sunera Thobani (Comité national d'action sur le statut de la femme), Lucie Thibodeau (Centre des femmes, Inter-femmes), et Carla Marcelis (Women's Health Interaction), ont été les catalyseurs des échanges qui ont eu lieu en petits groupes après la rencontre principale. Madeline Boscoe de la Women's Health Clinic de Winnipeg, présidait l'assemblée.

"Je crois qu'il est important pour nous d'entamer notre travail ici durant ce week-end parce que le mouvement pour la santé des femmes a été fondé sur notre capacité d'utiliser nos expériences personnelles et de les transformer en action politique. Ainsi, notre expérience à titre de consommatrices, de patientes, de victimes, de travailleuses rémunérées ou bénévoles ainsi qu'à titre de coordonnatrices des soins de santé pour nos familles et amis a stimulé notre passion, notre critique, notre sagesse et notre vision. J'espère qu'en écoutant Justine, Sunera, Lucie et Carla aujourd'hui, nous nous rappellerons nos histoires personnelles et nous réexaminerons notre vision lorsque nous irons de l'avant dans ce processus."
--Madeline Boscoe, Winnipeg

SUNERA THOBANI

. . . Depuis notre plus tendre enfance, nous apprenons si peu au sujet de notre corps, de notre santé. On nous enseigne à respecter l'autorité, à accorder un respect indiscutable aux médecins, à croire en eux, ils sont meilleurs juges de notre bien. Nous apprenons très jeunes que les personnes travaillant dans les domaines des sciences et de la technologie sont des autorités; ainsi, nous doutons de notre connaissance de notre propre corps, de nous-mêmes et de nos sentiments. La connaissance de notre corps et de notre santé est étroitement liée à notre façon de les percevoir; je crois qu'en l'absence de cette connaissance, les femmes ne sont pas en contact avec leur corps et ne sont pas conscientes de leur état de santé. Voilà comment j'ai grandi; c'est ainsi que bien des femmes ont aussi grandi autour de moi.

Lorsque je me suis impliquée dans le domaine de la santé des femmes, non seulement j'ai appris à organiser des activités et à accéder à des ressources, mais j'ai aussi développé une nouvelle relation avec mon corps, mes émotions, avec moi-même. Quand je pense à tous les obstacles qu'affrontent les femmes, je crois que ceci représente un des plus gros.

Pour les femmes de couleur et les immigrantes, il y a un autre obstacle, le problème de langue qui nous empêche d'exprimer nos émotions et de comprendre ce qui se passe dans notre corps, et ce que lui est fait; nous ne pouvons pas, en raison de la langue, partager tout ceci avec d'autres femmes. Je crois que je suis devenue encore plus consciente de ceci lorsque je travaillais dans le domaine des techniques de reproduction. Ces techniques sont entourées d'un tel jargon scientifique qu'il est difficile de connaître leur utilité et leurs conséquences. En outre, il est impossible d'obtenir de l'information dans les langues parlées dans nos collectivités. Nous n'avons pas accès à l'information sur ces techniques. Je crois qu'ils s'agit là d'un autre obstacle énorme auquel les femmes font face.

L'attitude des professionnels de la santé est aussi un obstacle à la santé et au bien-être des femmes . . . Une de mes amies a découvert qu'elle était enceinte; elle était étudiante à ce moment-là, n'avait pas d'emploi et n'avait pas vraiment d'autre choix que l'avortement. Elle a pris cette décision à la suite d'un long et pénible processus de réflexion. Lorsqu'elle s'est rendue à la clinique pour l'avortement, on lui a dit qu'elle avait pris la meilleure décision étant donné qu'il y avait trop d'enfant antillais de toute façon; voilà la réalité des femmes! Lorsque je pense à la politique et à la culture qui sous-tendent la médecine occidentale, je crois que cette médecine est fondée sur le retrait de tout pouvoir aux femmes. Elle vise à dominer les femmes et ces dernières ont peu d'avantage à en retirer. Je crois que nous devons rechercher des solutions de rechange, nous devons démanteler ce qui nous est présenté comme étant des soins médicaux "rationnels, peu-coûteux et scientifiques."

. . . Pleins pouvoirs. Qu'est-ce qui donne du pouvoir? Je crois que nous nous donnons du pouvoir lorsque nous prenons connaissance des expériences des autres femmes, lorsque nous découvrons ce que nous pouvons changer et comment nous pouvons effectuer ces changements, lorsque nous apprenons à travailler ensemble; à mon avis, c'est ainsi que nous nous donnons véritablement du pouvoir.


CARLA MARCELIS

J'étais ravie lorsqu'on m'a demandé de vous parler ici, à titre de lesbienne, des questions de santé des femmes et des obstacles aux soins de santé étant donné que les lesbiennes se sont souvent senties à peu près invisibles dans les rencontres de femmes. Je crois qu'en ce moment, l'extase réside surtout dans le fait que nous devenons de plus en plus visibles et que le mot "lesbienne" figure dans des documents et est prononcé dans des conférences.

Je suis aussi inquiète de me déclarer lesbienne, comme je le suis toujours; cependant, je le fais davantage maintenant parce que j'ai une fille. Je dois d'abord vous expliquer que je n'ai pas de mari, de partenaire masculin, et que ma fille a deux mères, sa deuxième mère joue un rôle important - celui d'une mère - non pas d'un co-parent. Habituellement, je reçois de la rétroaction positive; cependant, il y a toujours la possibilité d'entendre des commentaires négatifs; ça peut se passer au niveau affectif si je suis perçue comme étant differente, si je suis mise de côte parce que je suis lesbienne et que les gens cessent d'écouter ce que j'ai à leur dire. Cela peut aller encore beaucoup plus loin et devenir très grave parce que les lesbiennes ont perdu la garde de leurs enfants lors de batailles en cour, les lesbiennes ont perdu contact avec leur partenaire lorsqu'elles sont devenues malades, et que la famille de leur partenaire les a empêchées de voir cette partenaire.

Toutes ces questions imposent un stress énorme aux lesbiennes. Ainsi, il n'est pas surprenant qu'il y ait de deux à quatre fois plus de lesbiennes en counseling que de femmes hétérosexuelles. Le taux de suicide est environ deux ou trois fois plus élevé chez les jeunes lesbiennes que chez les autres jeunes femmes du même âge.

Dans mon cas, je suis aussi en counseling à cause de l'inceste que j'ai vécu. Je voulais parler de cela aussi. On ne sait pas s'il y a plus de lesbiennes que de femmes hétérosexuelles parmi les survivantes de l'inceste parce que dans les recherches, l'orientation sexuelle n'est jamais étudiée. Ceci s'applique aussi aux questions de santé; je crois qu'une telle question devrait être inscrite dans les recherches. Nous ne savons pas si les lesbiennes sont plus souvent atteintes du cancer du sein que les femmes hétérosexuelles. Nous connaissons les statistiques pour les femmes qui n'ont jamais eu d'enfants; il serait bon d'en savoir davantage sur les lesbiennes. Nous pourrions aussi avoir d'heureuses surprises. Il se pourrait que les lesbiennes soient moins susceptibles d'être atteintes du SIDA; elles sont peut-être moins à risque pour le cancer du col - nous croyons que tel est le cas, mais nous ne pouvons le savoir étant donné qu'aucune recherche n'a été faite.

Le groupe de lesbiennes n'est pas homogène. Je me présente ici comme une lesbienne immigrante de race blanche; cependant, il y a des lesbiennes de couleur, de jeunes lesbiennes, des lesbiennes plus âgées, des lesbiennes handicapées.

En ce moment, l'extase consiste à travailler avec toutes les femmes ici présentes et de pouvoir parler honnêtement du fait que je suis lesbienne, même si je suis toujours un peu nerveuse par rapport à cela.


JUSTINE KIWANUKA

Etre une femme, c'est une chose; être une femme handicapée et de couleur c'en est une autre. Cela me donne deux ou trois rôles à jouer, ce qui n'a rien de facile!

. . . Parfois je me demande comment une femme noire handicapée peut survivre; nous le faisons pourtant. Je trouve en effet qu'il est difficile pour les autres femmes noires handicapées comme pour moi de s'intégrer dans la société, au point où nous sommes exclues des mouvements féminins. Ma force personnelle à titre de personne dont le handicap n'est pas de naissance a été d'accepter ce qui m'est arrivé; de comprendre que mon handicap fait partie de moi. La société ne m'a pas facilité la tâche.

. . . Il y a de la discrimination envers les handicaps et les personnes handicapées; cependant, lorsqu'il s'agit d'une femme handicapée, la chose est encore pire. Vous cherchez à vous tailler une place, à vous forger une identité, à titre de personne handicapée et vous devez lutter pour trouver cette identité. Il est très difficile de vivre sans identité . . . même les autres femmes n'ont pas voulu nous inclure au sein de leur propre mouvement. Nous devons toujours aller frapper aux portes. Nous existons, nous sommes ici, nous pouvons apporter beaucoup en tant que personnes handicapées.

Mon plus grand espoir est de vous faire comprendre, à vous les personnes non handicapées, que le fait d'être une femme handicapée, le fait d'être "différente," ne signifie pas que je contribue moins que vous; cela signifie seulement que, dans une certaine mesure, j'ai une capacité limitée, comparativement à vous. Cependant, lorsqu'on m'en donne l'occasion, lorsque vous pouvez ralentir et me rattraper, je peux avoir, selon mes limites, une vie très complète.

Lorsqu'il s'agit de la santé et des handicaps, les femmes handicapées n'ont aucun droit décisionnel sur leur vie. On nous refuse souvent le droit de décider de notre sort. Nous avons été confrontées à la stérilisation sans consentement; nous avons dû nous informer sur les nouvelles techniques et y faire face dans nos vies. Que va-t-il nous arriver? Nous servons de cobayes pour les nouvelles techniques.

Je crois que nous devons avoir notre propre voix, tout simplement parce que nous sommes handicapées. Nous devons contribuer au développement. Je travaille au sein de "Disabled Peoples International" (DPI), qui a commencé par se faire le porte-parole de toutes les personnes handicapées du monde entier. Je crois que cet organisme représente une "renaissance" pour les personnes handicapées. DPI tente d'atteindre les personnes handicapées pour leur faire comprendre que malgré leur handicap, elles peuvent mener une vie autonome, si on leur en donne l'occasion. Mon rôle au sein de DPI consiste à me pencher sur les questions relatives à la situation des femmes handicapées. C'est tout un défi que de sensibiliser le grand public, d'enseigner et de donner du pouvoir aux femmes handicapées. Parfois, les personnes non handicapées pensent qu'elles savent tout ce qui nous concerne. Je pense parfois que ce schéma de pensée représente un comportement handicapé envers les personnes handicapées. Nous devons enfin nous rendre compte que vous n'avez pas toutes les réponses et nous non plus. Nous devons encore apprendre; les deux partis doivent aller de l'avant, l'apprentissage ne cesse jamais.

Je vous encourage, toutes et chacune, à rentrer chez vous en prenant conscience du fait que la femme handicapée que vous avez laissée derrière a aussi un rôle à jouer, une contribution à apporter sur le plan de la vie, du développement et de l'organisation de la collectivité et de la société. Si vous ne vous joignez pas à nous, nous devrons toujours lutter seules.


LUCIE THIBODEAU

Je travaille à Inter-femmes, un centre pour les femmes situé à Repentigny, en banlieue de Montréal. J'aimerais vous parler de notre initiative en vue de former un comité pour la santé des femmes dans la région de Lanaudière où se trouve Repentigny.

Inter-femmes offre divers types de ressources et de soutien aux femmes; l'approche est holistique et féministe. Le centre offre des services sans rendez-vous, de l'information, de l'aiguillage, de l'éducation populaire et de la formation. De plus, il est engagé dans l'action collective. Nous tentons de répondre aux besoins et aux demandes des femmes; nous traitons de questions telles que la pauvreté, la santé au travail, la réalité monoparentale, l'isolement et la violence. Le centre a pour objectifs d'aider les femmes à se regrouper et à prendre leur vie en main, à établir des liens d'amitié et des réseaux de soutien, à s'engager en vue de faire avancer les dossiers qui leur tiennent à coeur.

Une loi a récemment été adoptée au Québec en vue d'entamer la régionalisation des services sociaux et de santé. Lanaudière est devenue une région administrative indépendante à la suite de ce processus de réforme. Je suis membre du Conseil d'administration de cet organisme gouvernemental régional dont les tâches consistent à gérer, à planifier et à organiser les services sociaux et de santé.

Des quatre personnes qui représentent les organismes communautaires au Conseil d'administration, je suis la seule à travailler dans un organisme féminin. Cependant, pour vraiment représenter de tels groupes, tous les quatre nous avions besoin d'une structure qui nous permettrait de savoir ce que les regroupements désiraient que nous demandions. Nous aurions facilement pu laisser les autres membres du Conseil nous dire, "Vous êtes seulement quatre personnes ayant l'expertise, il y a bien d'autres groupes qui diffèrent du vôtre." Ainsi, nous avons créé une association d'organismes communautaires - chose jamais vue. Puis, je me suis demandée, "Comment pourrais-je vraiment représenter les femmes? Comment pourrais-je aller de l'avant et défendre les questions touchant la santé des femmes s'il n'y a pas de structure en place pour élaborer et soutenir notre programme?" Il me fallait une base solide pour bien représenter les questions féminines.

Nous avons décidé de créer un comité de la santé des femmes et solliciter des candidatures auprès des femmes intéressées par l'intermédiaire de notre bulletin. Le mandat du comité serait déterminé par ses membres. Je voulais à tout prix inclure des consommatrices et pas seulement des femmes travaillant dans le domaine des soins de santé telles des infirmières et des travailleuses sociales. Nous avons recherché des femmes de divers âges, occupations et antécédents.

Treize femmes se sont présentées à la première rencontre; puis six autres se sont dites intéressées à assister aux futures rencontres. Nous avons établi quatre principes de base pour notre comité:

  1. la santé mentale et la santé physique sont reliées et influent l'une sur l'autre;
  2. la santé est liée à l'environnement, aux conditions socio-économiques dans lesquelles vit une personne, aux réseaux sociaux et affectifs d'une personne, à la nature des relations femmes-hommes, au travail, à la nutrition et à l'activité physique;
  3. la santé des femmes est un aspect précis de la santé;
  4. en plus d'être des individus, les femmes sont souvent des mères et ainsi méritent une attention qui va au-delà de l'individu pour s'étendre à la famille et à la société.

Nous avons reconnu que les femmes sont différentes les unes des autres et qu'elles n'ont pas toutes les mêmes inquiétudes. Le mandat du comité consisterait à partager de l'information et à éduquer les membres, à faire de la recherche sur les questions féminines, à travailler en vue de créer des services qui ne sont pas encore offerts dans la région de Lanaudière. A l'heure actuelle, il y a deux refuges pour les femmes victimes de violence et un centre pour femmes; cependant, il n'y a pas de centre de santé pour les femmes, pas de services d'avortement, pas de ressources pour les femmes victimes d'agression sexuelle.

Les femmes veulent influer sur le processus décisionnel en élaborant des politiques et en soumettant des recommandations en matière de services au comité de santé du gouvernement de leur région. Les principaux champs c'action qui ont été ciblés en vue de démarches collectives sont la ménopause, les services aux femmes âgées, les femmes et la toxicomanie, entre autres. D'autres réunions doivent avoir lieu.

Le comité régional des femmes est très enthousiaste face à l'idée d'échanger avec un réseau pour la santé des femmes partout au Canada. Les femmes appuient ma participation à ce Forum-Consultation et attendent beaucoup de moi à mon retour. Nous sommes fermement résolues à tenter d'influencer le processus décisionnel dans notre région, pour veiller à ce que les besoins spécifiques des femmes soient pris en considération.


IDÉES, FRUSTRATIONS, VISIONS ET STRATÉGIES RESSORTIES DES DISCUSSIONS EN PETITS GROUPES ET DES SÉANCES PLÉNIERES TENUES LE SAMEDI 22 MAI ET LE DIMANCHE 23 MAI 1993

Les discussions en petits groupes tenues le samedi ont été très diversifiées et ont donné lieu à d'excellentes idées créatrices - inscrites sur plus de 100 pages! Parmi de nombreux sujets, les femmes ont exploré:

Vers la fin de l'après-midi du samedi, il était évident qu'il y avait trois principaux secteurs qui exigeaient du travail supplémentaire:
  1. les modèles d'information et d'échange
  2. la solidarité et l'action
  3. les opérations - les valeurs du réseau, la sélection des membres, la responsabilité, le processus et le financement

Le dimanche, nous avons traité de ces points plus en profondeur. Nous avons encouragé les participantes à soulever toutes les questions qui leur semblaient importantes. Nous avons constaté que certaines personnes se penchaient sur ces points depuis longtemps, d'autres les pondéraient pour la première fois; cependant, toutes pouvaient avoir leur mot à dire dans le processus d'établissement du réseau.

Nous avons formé des groupes de travail et tout le monde s'est réuni plus tard en après-midi pour présenter un compte rendu de leur travail pendant la plénière. Un résumé des rapports et un échantillon de certains énoncés des participantes sont inclus dans le présent document. C'est sur ce travail et sur les discussions que sont fondées les décisions prises à la séance finale du lundi matin au sujet de la structure du Réseau.

Au fur et à mesure que les rapports étaient présentés, les participantes ont posé des questions, ont soulevé des préoccupations ou ont ajouté des points nouveaux. Les présentatrices voulaient savoir si elles étaient sur la bonne voie ou non. "Approuvez-vous cette orientation?" Il y avait un consensus quant à l'orientation; cependant, dans la plupart des cas, des questions et des points ont été relevés comme nécessitant plus de discussion et de clarification.

"Aucun réseau n'existe à l'heure actuelle. Nous le créons de toute pièce aujourd'hui. Il n'y a pas de comité qui fera tout le travail et assumera toutes les responsabilités dans le but de vous remettre ce réseau à la fin du week-end. Ce comité, il faudrait que ce soit vous. Il y a beaucoup de questions. Ce ne sera pas facile, nous devrons nous y attaquer. Nous irons aussi loin que nous pourrons."

GROUPE SUR LA SOLIDARITÉ ET L'ACTION

Comment Trouver Un Terrain D'entente

Les groupes ont dégagé certains points communs - des questions dont ils croyaient que le réseau pour la santé des femmes devrait traiter si nous voulons vraiment faire entendre les inquiétudes des femmes quant aux soins de santé de qualité. Il s'agit des points suivants:
- soutien à l'égard de l'universalité des soins de santé; ceci comprend: l'accessibilité aux services, le respect des choix des femmes relatifs aux services, la compréhension des besoins des femmes en matière de santé;
- l'impact négatif de la pauvreté sur la santé des femmes, de nos familles et des générations futures;
- l'oppression des femmes, comme en font foi la violence familiale, le harcèlement au travail, les emplois stressants et mal rémunérés, etc., tout ceci ayant un effet direct sur la santé physique, émotive et mentale des femmes.

Elles croyaient que les membres du Réseau devraient: - mettre l'accent sur la prévention, en traitant des causes fondamentales des problèmes de santé et en appliquant nos connaissances en matière de prévention des maladies et de promotion de la santé;
- être proactives et à l'avant-garde des questions de l'heure pour informer les instances décisionnelles et les agents gouvernementaux et les sensibiliser à nos inquiétudes et à nos problèmes;
- sensibiliser les membres du réseau aux différences et aux similitudes qui existent entre elles en utilisant les ressources communautaires par rapport à l'anti-racisme, l'orientation sexuelle, la perspective des personnes handicapées, etc., pour mieux connaître les problèmes et les forces des autres, mieux se comprendre, recueillir de l'information et obtenir du soutien;
- utiliser les connaissances, les ressources et les compétences disponibles au sein du Réseau et au-delà de celui-ci, aux paliers local, national et international. Déterminer où se trouvent l'expertise et le soutien grâce aux banques de données et aux catalogues. Servir de ressources les unes pour les autres;
- se soutenir et se donner du pouvoir mutuellement au moyen d'actions conjointes. Assurer un roulement de personnes à la direction dans le but d'utiliser l'expertise de tous les membres.

Le sens de la solidarité

"Lorsque nous avons rassemblé nos idées, nous avons découvert que nous parlions de: `l'unité dans la diversité; le soutien sans ingérence' comme étant les points clés ressortant des discussions."

"Il y a eu des moments où le réseau, comme organisme national, va peut-être rechercher une seule voix représentant toutes les membres; par exemple, si l'universalité des soins de la santé est menacée, ou si le droit des femmes de choisir les soins de santé qu'elles désirent obtenir est compromis, ou si l'accessibilité aux services est limitée pour les femmes."

"Nous avons reconnu la nécessité de parler de la façon dont la pauvreté et la violence nuisent à la santé des femmes; nous devons avant tout traiter des causes mêmes des problèmes de santé et de la prévention des maladies, pas seulement des soins lorsque des symptômes sont décelés. Ainsi, un réseau canadien parlera peut-être d'une seule voix pour représenter ces points."

"Pour défendre des questions précises touchant les soins de santé, il faudrait chercher parmi les membres les personnes qui désirent collaborer à ce projet. Si vous n'êtes pas d'accord, n'entravez pas le processus. C'est ce que nous entendons par `soutien sans ingérence.' "

Financement

Le groupe sur la solidarité et l'action a aussi discuté du financement et a déterminé certaines sources possibles ainsi que des façons de recueillir des fonds:
- le gouvernement - fédéral, provincial et municipal. Des exemples de ministères en particulier: Santé Canada, le Secrétariat d'État, Multiculturalisme et Citoyenneté Canada;
- nos propres organismes. Quelles ressources pouvons-nous partager ou utiliser en vue d'en faire profiter les autres membres du réseau? Ceci exige de la part des membres une volonté de partager notre expertise et nos ressources, telles les installations d'imprimerie et les bulletins. Les publications actuelles pourraient être inscrites dans un catalogue où seraient présentés les organismes membres et ce qu'ils font. Les groupes pourraient être jumelés pour être plus forts et profiter ensemble de certaines ressources;
- les cotisations des membres (il pourrait s'agir de frais d'initiation suivis de cotisations annuelles inférieures; elles seraient axées sur la capacité de payer étant donné que plusieurs regroupements ne peuvent se permettre de verser de cotisations);
- les sources privées de financement: trouver les corporations qui sont sensibles aux questions féminines;
- les organismes qui vendent des produits aux femmes; solliciter du financement pour des projets spéciaux, des affiches, du matériel, etc.;
- l'échange de services;
- le regroupement de femmes pour former une entreprise et pour déterminer des façons créatrices d'obtenir de l'argent; par exemple, la majorité des femmes portent des bas-culottes! Vendez les unes aux autres, des produits de bonne qualité à des taux inférieurs et versez les profits au Réseau. - les ventes de garage; les encans; les tirages au sein de nos organismes respectifs ou au siège social du Réseau s'il y a lieu;
- l'obtention d'un numéro d'enregistrement d'organisme de charité permettant d'accepter des dons, ou la collaboration avec un autre organisme qui a déjà un tel numéro;
- la création d'un fonds d'investissement dans le domaine de la santé des femmes (comme des REER).

"Je suis disposée à vendre des bas-culottes, peut-être pas de porte à porte, mais j'apprécie vraiment l'idée fondamentale. Nous avons un certain pouvoir en tant que femmes et nous devons découvrir comment l'utiliser. Nous pouvons faire beaucoup plus que vendre des petits gâteaux."

"En ce qui a trait aux cotisations, la plupart de nos membres qui sont des immigrantes ne pourraient se le permettre. Elles ont à peine de quoi manger, elles n'ont pas d'emploi. Ne l'oubliez pas."

"C'est moi qui ai suggéré la vente de bas-culottes. Il s'agit avant tout de se lancer en affaires plutôt que de toujours tenter de lever des fonds et attendre d'obtenir des subventions; nous pourrions prendre la situation en main et faire preuve de créativité. Alors, qui porte des bas-culottes ici? Etre en affaires et travailler avec des femmes peut mener à l'autonomie financière, une des choses fondamentales qui peut aider les femmes. Si vous pouvez acheter des bas-culottes et aider une femme à faire de l'argent, vous pouvez aider votre groupe et un réseau national à survivre de façon continue - c'est une façon nouvelle, créatrice."

GROUPE SUR LA STRUCTURE ET L'ADHÉSION

Les Valeurs Et Les Besoins

Ensemble, les participantes de ce groupe ont déterminé et se sont mises d'accord sur les valeurs qu'elles considéraient comme fondamentales à la structure du Réseau canadien pour la santé des femmes. Il s'agit entre autres de:

Puis le groupe a effectué une séance de remue-méninges sur les approches organisationnelles qui pourraient être conformes à ces principes. Les participantes ont beaucoup parlé d'un réseau:

Le groupe a posé les questions suivantes: Comment devraient se prendre les décisions? Comment pourrions-nous assurer une représentation juste et égale des régions?

Un deuxième groupe a traité de ce qui pourrait arriver immédiatement après le Forum-Consultation. On a suggéré d'ajouter une représentation régionale ou nationale au Comité organisateur actuel. On a demandé que le rôle du Comité organisateur et de la revue Healthsharing durant la période suivant la Consultation soit clarifié. On a dégagé certains besoins immédiats en matière d'information:

Adhésion

On s'est aussi demandé qui pourrait être membre du Réseau et si les membres seraient constitués de regroupements ou de personnes. Comme l'a souligné une participante, nous visons la représentativité, "mais, il pourrait y avoir une femme qui soit anglophone, francophone, ou d'une culture minoritaire quelconque et qui ne travaille pas obligatoirement en vue de donner du pouvoir à ses soeurs."

Les femmes ont étudié l'idée de diverses catégories de membres pour les personnes individuelles et pour les organismes communautaires ou les institutions. Elles se sont demandées si la capacité de prendre des décisions devrait être fondée sur l'acceptation de certains principes fondamentaux. Elles ont soulevé des questions quant aux types de contribution que les groupes pourraient apporter, et comment elles se regrouperaient, sans obligatoirement s'entendre sur tous les points. Elles n'ont pas eu assez de temps pour parler du vote et de la prise de décision de façon approfondie.

On a décidé qu'un groupe de travail devrait se pencher sur diverses options et consulter d'autres organismes pour savoir comment ils traitent de l'adhésion. On a souligné que le cadre de l'adhésion au Réseau canadien pour la santé des femmes doit être suffisamment large pour témoigner du caractère englobant et de la diversité, deux principes qui nous tiennent à coeur.

Commentaires

"J'aimerais recevoir une assurance . . . une garantie que les femmes suivantes seront représentées: 1) les femmes handicapées, 2) les femmes autochtones, 3) les immigrantes et les femmes de couleur. Dans nombre d'organismes nationaux, ces personnes ne sont pas représentées.' "Dans ce comité, j'espère qu'il n'y aura pas seulement des universitaires et des féministes, mais aussi des femmes qui travaillent tous les jours de façon féminine, pas seulement celles qui intellectualisent sur les besoins des femmes."

"J'aimerais répondre à la suggestion consistant à élargir le comité de planification pour former un autre comité qui poursuivra le travail. Je crois que je serais très inquiète de la chose. Un comité de planification a habituellement un rôle très défini qui prend fin dès la clôture de l'activité et, à partir de ce groupe, un autre type de comité doit être formé pour poursuivre le travail. J'espère que d'autres suggestions seront formulées pour nous permettre de regarder vers l'avenir. Il n'y a aucun doute que le comité de planification a fait un excellent travail puisqu'il nous a mené où nous en sommes rendues maintenant. Vous n'avez pas besoin d'applaudir, tout va bien!" (rires)

"J'aime l'idée des catégories de membres. Chaque organisme individuel, selon le nombre de leurs membres, pourrait peut-être élaborer certaines catégories de cotisations pour les membres. Étant donné tout le travail qui doit encore se faire compte tenu des ressources limitées dont disposera le comité de planification une fois le Forum-Consultation terminé, il serait peut être bon pour nos membres de financer le travail d'une coordonnatrice à temps-partiel."

"Je m'inquiète lorsque vous dites que seulement les organismes pourraient être membres. Il y a des femmes qui ne sont membres d'aucun organisme et qui aimeraient être membres individuelles. Est-ce que nous les exclurions?" "Je m'inquiète du fait que les femmes ne peuvent pas être des membres individuelles. Parce que nous excluons des femmes. Si elles versent des cotisations, pourquoi ne pourraient-elles pas avoir leur mot à dire quant aux personnes qui siègent au sein du Comité de coordination ou qui ont le droit de vote. Cette pratique donne lieu à l'exclusion de certaines femmes et je ne crois pas que c'est la voie à suivre."

"Parfois, une femme seule peut être exclue d'organismes de sa région pour quelque raison que ce soit, les autres ne lui parlent pas, ou ne l'invitent pas, cependant le Réseau et ses idées pourraient l'attirer."

"Assurément, vous n'empêcheriez aucune femme d'utiliser le Réseau. Cependant, ce que la proposition prévoit actuellement c'est que les organismes seraient les membres votants et que les femmes qui ne font pas partie d'un organisme pourraient obtenir de l'aide d'autres femmes pour en former un, ou seraient invitées à se joindre à un groupe régional. Somme toute, nous tentons d'obtenir une certaine mesure de responsabilité et d'uniformité dans tout cela."

"Je veux tout simplement signaler que nous créons un organisme, non pas un réseau, dont la structure et l'objectif sont politiques. Voilà ce que j'entends. Et nous avons déjà un organisme politique national. Nous avons déjà beaucoup de choses en tant que femmes. Ce que nous n'avons pas c'est un réseau qui permettrait à toutes les femmes d'accéder aux ressources qui sont autrement organisées en vue de certains usages en particulier. Je ne recherche pas un organisme. Je veux un réseau."

"Juste pour clarifier le tout, nous ne disons pas que les femmes individuelles ne pourraient pas accéder au réseau. Ce n'est pas ce qui a été dit du tout. Toutes les femmes pourraient utiliser le réseau et ses ressources. Ce que nous disons c'est que lorsqu'il faut définir et clarifier le rôle du Réseau et sa façon de fonctionner, nous devons savoir que les gens responsables de ces tâches sont déterminés à respecter notre énconcé de mission. Il faut trouver un moyen d'y veiller. C'est pourquoi le concept des membres votants pourrait être lié aux organismes, car nous pourrions vérifier leur énoncé de mission. Respectent-ils notre identité? C'est tout simplement une façon de veiller à ce que la structure et la mission du Réseau ne soient pas compromis par nos membres. Cela n'a rien à voir avec l'accès aux services du Réseau."

"Je crois qu'il serait utile de connaître quels sont les avantages associés à l'adhésion d'organismes et ceux associés à l'adhésion individuelle pour mieux orienter le groupe de travail et le Comité de coordination sur ce point. Certaines ont indiqué que l'adhésion individuelle favoriserait le caractère englobant du Réseau . . .

"Hier soir j'ai pensé pour la première fois que le Réseau pourrait être fondé sur l'adhésion organisationnelle. La raison pour laquelle j'ai aimé cette idée est que l'adhésion organisationnelle signifie qu'il existe un groupe de gens oeuvrant ensemble dans un but commun et faisant quelque chose sur le plan local, provincial, régional ou territorial. Ce travail peut alors être fusionné au travail effectué ailleurs. Je sais bien que les gens travaillent aussi seuls; cependant, il me semble qu'en formant un réseau nous voulons avant tout organiser nos efforts et trouver une façon différente de communiquer entre nous. Je pense donc que l'idée de fonder l'adhésion sur des organismes permettrait une plus grande responsabilité sur le plan local que ne le ferait une adhésion - individuelle."

"Certaines croient comprendre qu'il est plus honorable d'être un organisme composé de 15 ou 20 ou 5 000 membres adhérant à un énoncé de mission que d'être une seule femme qui pourrait accomplir un travail énorme dans sa collectivité, mais qui ne constitue pas à elle seule un organisme et qui, pour une raison ou une autre, n'est pas devenue membre d'un organisme. Je crois qu'il existe une profonde distinction entre les deux et je ne crois pas que cela devrait exister. J'aimerais que l'on accorde plus d'importance à l'adhésion individuelle. Je crois que vos arguments au sujet de l'adhésion de groupe ne m'ont pas convaincue encore."

"J'aimerais souligner que nous avons un énorme bagage historique et qu'il existe beaucoup de réseaux. La BC Coalition for Abortion Clinics a débattu ce point lors de son assemblée inaugurale et a convenu d'avoir à la fois des membres individuels et de représentantes de groupes, la majorité étant des groupes. La leçon que nous devons en tirer est que l'imputabilité est primordiale, que nous avons besoin de ce comité directeur et de décideurs au sein du réseau qui sont responsables non seulement envers l'une l'autre mais envers les collectivités où elles vivent et celles qu'elles représentent."

"Cette question n'est nullement résolue et ne devait pas l'être ce matin. Nous ne sommes pas toutes convaincues de la validité d'une option ou d'une autre. Nous désirons créer un groupe d'intérêt qui pourrait travailler avec le Comité de coordination pour solliciter la participation des organismes féminins, ou de certaines femmes à titre bénévole dès maintenant, dans le but d'étudier à fond les diverses options. Voilà où nous en sommes arrivées hier soir. La discussion servira de point de départ." (applaudissements)

Fonctions Du Réseau

On a posé la question suivante: Que désirons-nous que le Réseau offre? Ceci touche la structure. On a décidé de quelques fonctions:

Commentaires

"Nous avons mentionné que le Réseau ne doit pas éclipser un autre organisme ou entreprendre un travail déjà effectué au Canada - les gens font tellement de choses dans diverses régions du pays - mais doit plutôt relier chacun des éléments de ce travail; il s'agirait d'une fonction qui n'existe pas à l'heure actuelle."

"Je crois que c'est là une des fonctions; cependant, je ne crois pas qu'il s'agisse de la seule. Je crois que certaines questions très importantes pour le Réseau canadien pour la santé des femmes seront soulevées et qu'il faudra traiter de celles-ci, c'est pourquoi nous devrons décider de la meilleure façon de le faire. Il s'agira cependant de nouvelles questions, pas obligatoirement des questions sur lesquelles nous aurons pris position; parfois même certaines des positions que nous aurons prises devront être repensées comme nous l'avons remarqué pendant ce week-end. Ainsi, je crois que deux choses doivent être retenues: l'importance d'établir des liens entre les organismes déjà existants par rapport aux ressources et à l'information (au-delà des groupes qui sont ici présents); puis, la néecessité d'entreprendre une démarche et de défendre les droits des femmes en matière de sante, ce qui se traduit par du travail novateur au niveau régional et au sein de l'organisme coordonnateur central."

"Dans le premier exposé nous avons parlé de deux choses que le Réseau pourrait faire: en tout premier lieu, le Réseau pourrait servir d'outil de communications qui permettrait aux gens de développer des contacts et d'échanger. Puis, le Réseau pourrait parler au nom des groupes membres. Il me semble que le premier exposé incorpore les deux idées. J'ai une certaine difficulté avec la structure étant donné que ce que nous décidons influe sur ce que nous entendons par structure. Est-ce qu'il y a d'autres femmes qui sont confuses?"

"Je suis d'accord avec les liens, une des fonctions. L'autre fonction que nous semblons développer est la solidarité. Ainsi, selon moi, la question de qui devient porte-parole dépend de qui travaille avec qui; et si j'ai une question en matière de santé, mon groupe ou mes gens ou ma collectivité devrait lancer l'appel à l'action et obtenir le soutien du Réseau selon les moyens actuels des gens; ainsi, la direction quant à un point viendrait des gens concernés."

GROUPE SUR L'INFORMATION ET SUR LES COMMUNICATIONS

Ce groupe a étudié plusieurs secteurs: les besoins globaux en matière de communication au sein du réseau, y compris la nécessité de procéder à une mobilisation rapide et de se procurer des données de recherche; l'utilisation de la documentation écrite; les communications faisant appel à l'informatique et à de nouvelles techniques. Les membres ont aussi analysé les avantages et les inconvénients des systèmes déjà en place et ce qu'il faudrait faire pour améliorer les communications et les échanges.

Besoins En Matière De Communications

En évaluant les besoins des usagers du Réseau pour la santé des femmes, les femmes ont stipulé qu'il était essentiel de prendre en considération les besoins des régions rurales, urbaines, du Nord, du Sud, du pays, de la région, des provinces, des localités. De plus, les personnes et les groupes ont des besoins en particulier tels les considérations de la langue maternelle, l'accessibilité du langage (pas de jargon!), le braille, le langage gestuel, les gros caractères. Il faut aussi tenir compte de la classe, du niveau de scolarité, de la race, de l'âge, de l'ethnie, de l'orientation sexuelle, de la capacité physique si nous désirons que le Réseau soit approprié, sensible et accessible.

Le groupe a signalé certains coûts, tels l'accès à des ordinateurs et à des télécopieurs au sein de nos organismes (plusieurs regroupements en possèdent déjà); l'espace de bureau, le personnel, le temps et l'énergie, les déplacements pour les rencontres, un bulletin, le coût des communications à partir de nos organismes individuels. Les groupes doivent être prêts à assumer ces coûts ou à chercher d'autres fonds.

Les femmes ont établi les "lignes directrices pour les communications au sein du réseau":

Activités exigeant une action immédiate:

Ressources Écrites

Le groupe a suggéré que la revue Healthsharing devienne le principal medium écrit de langue anglaise pour le Réseau. Par exemple, au lieu de lancer un bulletin distinct pour le Réseau, une section de la revue pourrait y être consacrée. Les bulletins d'autres organismes pourraient transmettre des nouvelles du Réseau; par exemple, des extraits de rapport aux trois mois. Ces médias écrits pourraient représenter une façon de promouvoir le réseau et de transmettre l'information de façon régulière.

En ce qui a trait au matériel de langue française, le groupe a suggéré de prendre contact avec les responsables de Femmes D'Action, une revue nationale pour femmes. On pourrait peut-être aussi y publier des mises à jour sur le Réseau. Nous pourrions également promouvoir des abonnements à Healthsharing et à Femmes D'Action.

Nous devons étudier le marché de la presse écrite en d'autres langues.

On a aussi suggéré que le Réseau ait un logo.

L'informatique Et Les Nouvelles Techniques De Communications

Ce groupe a bénéficié de l'expérience et de l'expertise de femmes impliquées dans le développement de Nativenet, un babillard utilisé dans la collectivité autochtone, et de la "Vancouver Women's Health Collective" qui met sur pied une base de données et un babillard sur la santé pour la Colombie-Britannique. Cette séance a aidé à expliquer le potentiel des systèmes de communication informatique et a préparé le terrain pour le travail qui sera effectué à la suite du Forum-Consultation au sein du groupe de travail sur les communications. Il a aussi contribué à la discussion relative à la structure du Réseau.

Les femmes ont commencé en précisant les avantages et les inconvénients des communications informatiques.

Le groupe a établi certaines "lignes directrices pour la mise sur pied d'un système de communication informatique et d'une base de données." Celles-ci prévoient:

Les aspects positifs des communications informatiques:

Problèmes:

Bases De Données Et Babillards

La majorité de l'information est entrée et emmagasinée dans la base de données où on peut y accéder facilement. Le babillard permet aux gens de communiquer par ordinateur et d'échanger de l'information. Comme le groupe l'a souligné "c'est moins coûteux à long-terme d'avoir une base de données parce que le babillard n'est qu'une fenêtre sur les bases de données."

Les données provenant des quatre coins du pays seraient entrées régulièrement dans la base de données. Il nous faudrait veiller à ce que l'information transmise par une région soit diffusée aux autres régions pour que tous les membres aient accès aux mêmes renseignements.

Le groupe a proposé un plan régional. Les bases de données régionales - cinq ont été suggérées - communiqueraient entre elles et l'information serait maintenue à jour. Certains groupes désignés dans une région ou province obtiendraient leur information directement de l'une des cinq bases de données pour s'assurer que l'information est à jour. Puis, les groupes communautaires locaux pourraient accéder à l'information de ces groupes désignés. Étant donné qu'il faut payer pour transmettre de l'information par les lignes téléphoniques interurbaines, nous pourrions économiser en le faisant localement. Les modems coûtent beaucoup moins à la minute que le téléphone ou le télécopieur.

Le babillard serait conçu en vue d'échanger de l'information. Il pourrait comporter diverses catégories, par exemple, les messages urgents. Une personne pourrait entrer dans le système, indiquer les sections d'où elle désire tirer de l'information; le système s'ouvrirait alors sur une plus grande base de données ou permettrait un échange d'information plus petit.

Par l'intermédiaire du babillard, les groupes pourraient placer des annonces, partager de l'information, obtenir un répertoire de ressources. Il serait possible d'organiser des conférences informatiques, dont certaines auxquelles seules les membres auraient accès. La base de données même pourrait contenir de l'information sur divers sujets touchant la santé, des bassins de ressources plus larges, des bibliographies, des descriptions de symptômes, une variété d'information.

En réponse à une question relative à la disponibilité de l'information informatisée pour les mal-voyants, on a noté que des lecteurs sont maintenant disponibles pour lire des documents et les transmettre vocalement. Même si cette technologie est très coûteuse à l'heure actuelle, elle change tellement rapidement qu'en peu de temps elle sera facilement accessible. Il s'agit cependant d'un point important à noter.

"Si vous le faites région par région, et que chacune de ces régions facilite la mise à jour des autres, cela ne limite pas un groupe qui appelle de l'I.-P.-É. pour obtenir de l'information directement d'eux; cependant, c'est moins coûteux s'ils peuvent l'utiliser chaque semaine depuis un système à Victoria qui a toute l'information des quatre coins du pays." "Par exemple, la Vancouver Women's Health Collective dresse une `liste de symptômes' pour les médecins. Lorsque les femmes se présentent avec des symptômes difficiles à diagnostiquer, les médecins peuvent consulter la base de données et obtenir de l'information supplémentaire qu'ils n'auraient peut-être pas pris en considération auparavant. C'est un outil éducatif pour les médecins. C'est une source de revenus pour l'organisme."

Plan D'action

Le groupe a ensuite jeté les bases d'un Plan d'action. Le groupe de travail sur les Communications devra ensuite développer ce plan.

Le groupe a estimé que ce processus exigerait au moins un an et qu'il faudrait 20 000 dollars pour mettre sur pied la base de données. Le Groupe de travail sur les communications devra élaborer des budgets détaillés.

D'autres membres du Groupe sur les communications ont présenté des commentaires relatifs aux communications et à la mobilisation en vue d'agir.

"Ce principe fondamental de la mobilisation d'un système de communication est le `contact.' Nous tentons d'établir des contacts. Que vous utilisiez le système de façon régulière ou pas, votre contribution est ce qui importe. Chaque petite contribution compte, comme chaque morceau d'un casse-tête. Nous espérons obtenir une base riche et diversifiée; grâce à elle, nous pourrons mobiliser des forces, le cas échéant; cependant, il n'est pas nécessaire de contribuer en tout temps. Vous en aurez peut-être besoin une fois par mois ou une fois l'an; cependant, elle sera là, accessible."

"Nous pensions qu'il était important de déterminer certains des points clés que le Réseau devrait étudier et d'élaborer une certaine approche normalisée. Par exemple, si vous décidez de défendre le contrôle des naissances, vous pourriez alors obtenir une lettre normalisée que toutes pourraient utiliser comme fondement pour faire des pressions . . . c'est une forme d'action, d'envergure nationale. Nous pouvons en parler au fur et à mesure que nous allons de l'avant." "Nous voulons dégager l'expertise. Nous avons beaucoup d'expertise dans ce groupe en particulier et nous devons la faire ressortir, la développer et trouver le moyen de l'utiliser. Ceci comprend les aspects multilingues étant donné que nous travaillons avec des femmes issues de diverses cultures et parlant diverses langues."

"Nous devons faire le bilan des ressources des organismes qui ne sont pas représentés ici aujourd'hui mais qui désirent contribuer et faire partie du Réseau."

"En ce qui concerne les ressources existantes, plusieurs groupes possèdent déjà un ordinateur, un télécopieur et le courrier électronique. Cependant, d'autres n'ont pas ces outils et nous devons en tenir compte."

"Un numéro 1-800 a été suggéré; mais, il faudra un certain temps pour décider de la meilleure façon de le mettre en oeuvre sans trop de frais."

LE GROUPE "DE L'APPROCHE GLOBALE"

Ce groupe a été formé après le lunch le dimanche. Il était composé d'environ vingt membres des autres groupes. Elles voulaient tenter d'élaborer un aperçu de la structure intérimaire du Réseau. Elles ont travaillé pendant une heure à rassembler diverses idées qui avaient été présentées.

Elles ont entamé le processus en précisant certaines valeurs communes; puis, elles ont dressé l'ébauche d'un énoncé de mission. Elles ont suggéré:

  1. de rechercher des fonds;
  2. de refondre et de développer l'énoncé de mission préparé ici;
  3. d'élaborer un plan d'action;
  4. d'assumer un rôle de coordination ou de chef de file;
  5. de se doter d'une structure provinciale et territoriale pour assurer une représentation nationale;
  6. d'assurer une représentation sectorielle pour satisfaire à la norme concernant le caractère englobant.

EN FAIRE UN TOUT

Une fois les rapports des groupes présentés, les femmes ont reconnu la nécessité de rassembler les idées et les propositions en un plan d'action sur lequel elles pourraient, du moins elles l'espéraient, toutes s'entendre le lendemain matin. Cependant, les femmes étaient fatiguées. En particulier, plusieurs francophones étaient épuisées à force de suivre des discussions en anglais pendant les séances plénières, malgré les services d'interprétation.

On a suggéré à celles qui avaient encore de l'énergie, ainsi qu'aux membres du Comité organisateur, de se rencontrer pour élaborer des modèles, fondés sur les points présentés jusque là. Ceux-ci seraient présentés le lendemain avec les échéanciers. Les autres femmes pourraient se rendre à des rencontres informelles ou tout simplement se reposer. Environ vingt-quatre femmes, dont quelques animatrices, se sont portées volontaires pour la soirée. Les résultats de ce processus sont présentés à la Section A de ce rapport.

LE CERCLE DE CLOTURE: PASSION ET ESPOIR

Le travail de la matinée était terminé. Les femmes se sont réunies en cercle. Les traductrices et interprètes ont été invités à se joindre aux participantes et on les a remerciés pour leur dur travail. On a demandé aux femmes de penser à un engagement que chacune d'entre elles pourrait prendre pour faire progresser le Réseau dès leur retour à la maison ainsi qu'à une chose qu'elles pourraient donner au Réseau. Elles se sont retournées, se sont orientées vers leur domicile et ont crié leur projet et leur pensée à l'unisson.

Les femmes métis et autochtones ont passé du foin d'odeur, l'offrant avant de rentrer à la maison "à titre de nettoyant, de remerciement, d'outil d'unification de soi et avec les autres, pendant ces derniers mots, ce moment de clôture . . . Dans le cercle, vous dites ce que vous avez besoin de dire avant de rentrer. Le moment est venu."

Voici les commentaires de certaines des femmes:

"Je veux remercier les organisatrices; tout s'est très bien déroulé. Cela a été toute une tâche que de nous regrouper ainsi des quatre coins du pays. Cela a été un long week-end et une bonne expérience pour moi; j'ai bien apprécié la rencontre et votre présence."

"Merci au Comité organisateur d'avoir exclus les membres de la presse."

"J'ai participé à nombre de conférences et d'ateliers, non seulement au Canada mais partout au monde. Ici tout particulièrement, j'ai senti l'aura de chacune d'entre vous et votre acceptation des immigrantes comme moi. C'est merveilleux. Ceci est la bannière que je porterai jusque chez moi et partout au Canada. Oui, au sein du Réseau pour la santé, nous sommes acceptées."

"Voilà, c'est terminé. Mais pour moi ce ne sera jamais terminé. Je penserai à vous chaque jour, à chacune d'entre vous. Nous avons vraiment toute une tâche à accomplir; cependant, je n'ai aucun doute lorsque je vous regarde dans les yeux, lorsque j'entends vos coeurs et lorsque je touche chacune d'entre vous, que nous pouvons atteindre nos objectifs quelles que soient les difficultés à surmonter."

"Je désire remercier tout particulièrement les femmes avec qui j'ai `communié' pendant ce week-end. Je me sens pleine de pouvoir à la suite de ma participation. J'apprécie aussi l'engagement ferme que vous avez toutes pris en vue de résoudre les problèmes difficiles que nous affrontons; je crois que nous avons surmonté beaucoup de craintes personnelles, nous avons aussi surmonté bien des obstacles et je pense que nous sommes sur la bonne voie."

"J'apprécie beaucoup tous les efforts déployés en vue d'assurer le succès de cette rencontre. J'aimerais remercier tout particulièrement les femmes qui ont travaillé pendant tout ce week-end dans une langue autre que leur langue maternelle."

"Certaines femmes ont surmonté bien des difficultés pour venir et pour persévérer, et nous devons le reconnaître. Certaines avaient vécu des traumatismes avant de venir; elles sont venues malgré tout. Elles ont vécu des pertes ici - une femme a fait une fausse couche et nous en sommes très attristées. Certaines étaient très fatiguées, mais ont persévéré malgré tout. Voilà une chose que nous connaissons bien: nous ne lâchons jamais."

"Je désire remercier toutes les femmes qui n'étaient pas ici aujourd'hui mais qui pensent à nous et qui nous transmettent leur énergie pour nous permettre de travailler ensemble."


TABLE DES MATIÈRES - SECTION B
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