Incontinence urinaire - renseignements professionnels : Choix thérapeutiques

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Choix thérapeutiques

Adapté et reproduit avec la permission de The Foundation for Medical Practice Education, www.fmpe.org .

Considérations générales

Même s'ils doivent référer les patientes souffrant d'incontinence urinaire à des spécialistes lorsque leur historique de cas est lourd, les omnipraticiens peuvent tout de même élaborer un programme de traitements efficace basé sur l'historique, l'examen physique, les épreuves diagnostiques préliminaires et même un test de résidu post-mictionnel.

À la base de toute thérapie qui pallie avec succès les différents problèmes reliés à l'incontinence urinaire, il faut une approche multifactorielle et par étapes qui incorpore d'abord des changements au style de vie et au niveau d'activité physique avant même de déterminer de manière définitive le type d'incontinence urinaire.

Les patientes présentant d'importants cystocèles ou rectocèles (deuxième ou troisième degré) devront probablement subir une chirurgie ou bien se faire installer un pessaire, même si certaines ont pu améliorer leur condition par des exercices du plancher pelvien et de la pharmacothérapie.

En résumé

  • À cause du tabou entourant l'incontinence urinaire, les omnipraticiens doivent prendre une approche pro-active pour discuter de ce problème et l'identifier
  • Une approche multifactorielle – incluant des changements au style de vie, des exercices de Kegel, la rééducation de la vessie et (dans certains cas) de la médication et une chirurgie, est la clé du succès du traitement de l'incontinence urinaire

 

Changements au style de vie

Une consommation quotidienne adéquate de liquides (1,5 à 2 litres ) peut aider à soulager les symptômes de l'incontinence urinaire, alors que la réduction ou l'élimination de boissons caféinées peut améliorer les symptômes affectant le tractus urinaire inférieur (niveau d'évidence III).

Faire de l'activité physique de façon modérée peut aider à prévenir ou à réduire les symptômes affectant le système urinaire inférieur. Les femmes présentant une surcharge pondérale qui perdent du poids notent une amélioration de la capacité de rétention (niveau d'évidence I).

Si le tabagisme s'accompagne de toux, cela peut créer ou même augmenter la pression sur le plancher pelvien, ce qui augmente le risque de fuites d'urine; c'est pourquoi les fumeurs souffrant d'incontinence urinaire devraient cesser de fumer.

Les patients qui prennent des médicaments agissant sur la fonction vésicale pourraient voir leur condition s'améliorer lorsque la dose est réduite ou si on leur prescrit un autre type de médicament.

Exercices du plancher pelvien (Kegel)

Les exercices du plancher pelvien (aussi appelés exercices de Kegel) sont une option de traitement de première ligne efficace pour les patientes souffrant d'incontinence à l'effort ou mixte (niveau d'évidence I).

En 2006, une revue systématique de la base de données Cochrane a suggéré que ces exercices sont les plus efficaces lorsque les patientes sont suivies dans un groupe d'exercices supervisé pendant au moins 3 mois.

Les exercices du plancher pelvien renforcent les muscles du plancher pelvien.

  1. un toucher vaginal permet de vérifier si la patiente contracte les bons muscles. Il est également possible d'observer la contraction de ces muscles de l'examen physique en demandant à la patiente de contracter les muscles de son vagin.
  2. certaines études démontrent que les patientes peuvent réussir à bien faire les exercices de Kegel en leur donnant de simples instructions verbales alors que certains experts (dont le Dr Kegel lui-même) affirment qu'un toucher vaginal est requis pour confirmer que la patiente contracte bien les bons muscles.

Comme de nombreuses patientes arrêtent de faire les exercices après un certain temps, il est primordial de garder les instructions claires et simples et le nombre de répétitions à un niveau réaliste.

Le biofeedback peut également aider les femmes à faire les exercices de Kegel de la bonne manière (niveau d'évidence II-3).

Les patientes éprouvant des difficultés à faire les exercices de Kegel devraient être référées à un physiothérapeute.

Rééducation de la vessie

La rééducation de la vessie est recommandée pour les cas d'incontinence urinaire d'urgence ou mixte (niveau d'évidence I). En augmentant graduellement les intervalles entre chaque miction jusqu'à ce que la patiente n'urine qu'aux 3-4 heures pendant la journée, cette stratégie doit être appliquée un certain temps avant de donner des résultats.

Pharmacothérapie

Un certain nombre de médicaments peuvent être prescrits pour traiter l'incontinence urinaire, bien que tous n'aient pas le même taux de succès. Il peut être approprié d'utiliser la pharmacothérapie lorsque les changements au style de vie et les exercices n'ont pas donné de résultats satisfaisants.

Les agents anticholinergiques sont les médicaments de première ligne pour les patientes atteintes d'incontinence d'urgence; l'oxybutynin par voie orale est le médicament de choix (évidence de niveau I). Tolterodine, Solifenacin et Trospium chloride sont à privilégier lorsque des problèmes de bouche sèche empêchent les patientes de prendre l'oxybutynin.

Les données pour l'utilisation de l'œstrogène pour traiter l'incontinence à l'effort chez la femme postménopausée sont contradictoires et de plus en plus faibles; certaines études récentes démontrent même un manque d'avantages.

Malheureusement, nous n'avions pas de traduction du tableau des agents anticholinergiques. Cliquez içi pour la version anglaise :  Treatment Options

Chirurgie

La chirurgie est principalement utilisée pour les cas d'incontinence à l'effort et peut être considérée comme un traitement de première ligne dans certains cas bien précis lorsque l'efficacité des traitements non chirurgicaux est faible. Parmi les chirurgies, on retrouve l'amélioration des mécanismes de support de la vessie et de l'urètre et le changement d'angle du point de rencontre entre l'urètre et la vessie, la colposuspension du col de la vessie, la colposuspension par laparoscopie, et l'installation de bandelettes TVT. Bien que le taux de succès à court terme soit de près de 90 %, l'efficacité à long terme est plutôt limitée (plus de 5 à 10 ans). Il est possible de retirer par voie chirurgicale les obstructions qui causent ou aggravent l'incontinence urinaire.

Autres mesures

On recommande l'installation d'un pessaire chez les femmes qui ont un prolapsus symptomatique de la vessie (évidence de niveau III). Lorsqu'il y a des changements atrophiques, l'utilisation d'une thérapie locale à l'œstrogène avant l'installation du pessaire pourrait prévenir les infections vaginales ou les ulcérations.

Il est aussi possible d'utiliser des obturateurs urétraux, si aucun autre moyen ne fonctionne, comme des pinces intravaginales, des barrières urétrales (timbres de mousses ou par succion).

L'utilisation de protections urinaires peut être appliquée concurremment à d'autres thérapies ou pour des patientes en soins prolongés ou aux prises avec une incontinence urinaire chronique ou résistante au traitement.

 

Nous avons le plaisir d’héberger cette série de FAQ à l’intention des professionnels de la santé, préparée sous la direction de Cara Tannenbaum, du Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal.

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La production de ce contenu a été rendue possible grâce à une subvention de partenariat Des connaissances à la pratique entre le RCSF et les Instituts de recherche en santé du Canada, sous la supervision de la Dre Cara Tannenbaum du Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie ce Montréal.